La Nation Bénin...
Les membres de la Haute direction politique du parti Union progressiste le renouveau (Upr) ont procédé, ce jeudi 22 octobre à Cotonou, à l’installation officielle des présidents des 15 commissions techniques permanentes et au lancement de leurs activités. Ces structures sont appelées à produire dans les semaines à venir, des analyses, des expertises et des propositions pour éclairer les décisions du parti et contribuer aux réflexions sur les politiques de développement du Bénin.
L’Union progressiste le renouveau (Upr) entend mieux organiser sa réflexion sur les grands enjeux nationaux. Le parti a franchi un autre palier dans sa structuration interne avec l’installation officielle des présidents de ses 15 commissions techniques permanentes, hier jeudi. La cérémonie conduite par Prof. Joseph Djogbénou, président du parti, a également marqué le lancement des activités de ces organes, dont la mission est de mettre les compétences de leurs membres au service de l’orientation politique et de l’action du parti.
Pour Joseph Djogbénou, ces commissions constituent des espaces de mobilisation de l’expertise nécessaire à la construction des positions de l’Upr. Prévues par les textes du parti, elles couvrent plusieurs domaines de la vie nationale, dont notamment la santé, l’éducation, la communication et le numérique, la défense, la sécurité, le cadre de vie et l’agriculture.
« Les commissions techniques permanentes sont des organes de provision des ressources techniques dont le parti a besoin pour forger ses opinions, pour forger ses positions sur le plan politique », a expliqué le président de l’Upr. Il a invité les présidents et les membres des commissions à mettre leurs expériences et compétences à la disposition de la formation politique. Le rôle des présidents consistera notamment à coordonner les travaux de leurs équipes et à fournir des éléments d’appréciation aux instances dirigeantes. La direction exécutive nationale, dans son rôle opérationnel, et le bureau politique, sur le plan politique, pourront ainsi s’appuyer sur les analyses et recommandations produites par ces commissions.
Joseph Djogbénou a également insisté sur la disponibilité et l’engagement attendus des responsables installés. Selon lui, leur contribution doit permettre au parti, dans le cadre de son attelage politique avec le gouvernement, de participer positivement à l’action publique.
Renforcer la réflexion politique
La mise en place de ces commissions s’accompagne d’un dispositif de travail formalisé. Gérard Gbénonchi, secrétaire général de l’Upr, a donné lecture de la lettre de mission-cadre adressée aux quinze présidents. Le document précise les obligations communes à l’ensemble des responsables, tandis qu’une lettre spécifique définit, pour chaque commission, son domaine d’intervention, ses priorités, ses activités et les résultats attendus.
Les présidents sont notamment chargés d’organiser les réunions, de répartir les tâches entre les membres, de favoriser leur participation et d’assurer le suivi des décisions. Chaque commission devra élaborer un programme de travail indiquant les activités prioritaires, les échéances, les livrables attendus et les indicateurs de suivi.
Les réflexions devront déboucher, selon les besoins, sur des notes d’analyse, des études, des rapports, des avis techniques ou des recommandations. Ces productions devront être documentées et argumentées. Lorsque cela est pertinent, elles devront également comporter une analyse de faisabilité, des incidences financières et des modalités de mise en œuvre.
Le dispositif prévoit aussi des obligations de redevabilité. Dans les 30 jours suivant leur installation officielle, les présidents devront transmettre au secrétariat général un premier plan de travail. Des rapports périodiques rendront compte des activités réalisées, des résultats obtenus et des difficultés rencontrées. Un rapport annuel de synthèse permettra de dresser le bilan des travaux et de présenter les perspectives.
Contributions attendues sur les préoccupations nationales
À l’issue de la cérémonie, les responsables désignés ont exprimé leur adhésion à cette démarche, tout en soulignant les attentes liées à leurs nouvelles responsabilités. Christine Ouinsavi, enseignante-chercheure et présidente de la commission technique permanente chargée de l’Education, de la Recherche scientifique et de l’Alphabétisation, a salué le choix de présidents de commission disposant d’une expérience dans leurs domaines respectifs. Pour elle, l’installation officielle donne un cadre plus structuré à un travail qui existait déjà sous différentes formes.
« Je ne dirais pas que ça commence parce que le travail se poursuit », a-t-elle indiqué. L’ancienne ministre estime que les contributions des membres pourront être davantage coordonnées et mises au service du parti, mais aussi du bien-être des populations béninoises.
À la tête de la commission agriculture, Gaston Dossouhoui, ancien ministre de l’Agriculture, voit dans cette organisation un moyen de mieux préparer les réponses du parti aux enjeux du secteur. Il rappelle qu’une formation politique doit connaître les réalités du pays, identifier les besoins des communautés et proposer des solutions aux difficultés rencontrées par les populations.
Les commissions devront ainsi, selon lui, préparer des outils d’aide à la décision, permettre au parti de réagir aux préoccupations existantes et anticiper les évolutions dans les différents domaines de compétence. Il a appelé les personnes disposant d’informations, d’analyses ou de suggestions sur l’agriculture à contribuer à cette réflexion.
Pour Yvette Onigbon Doubogan, présidente de la commission des Affaires sociales, des Sports et de la Culture, la qualité des propositions dépendra également de la capacité des équipes à écouter les citoyens et à recueillir des données sur leurs besoins. Elle considère que les questions sociales et culturelles occupent une place transversale dans les politiques de développement.
« On ne peut pas faire le développement du pays si la société n’est pas à l’aise », a-t-elle soutenu. Sa commission entend identifier les personnes ressources, échanger avec différentes catégories d’acteurs et exploiter les données disponibles, ainsi que celles qui seront collectées, pour formuler des propositions stratégiques.