Pétrole : le Bénin prépare sa première exportation de brut vers les Pays-Bas
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Après trois décennies d’interruption, le Bénin renoue officiellement avec son histoire de pays exportateur de pétrole. Annoncée en septembre dernier, la commercialisation d’une cargaison de brut béninois vient de franchir une étape décisive. Initialement estimé à 250 000 barils, le volume final a été revu à la hausse pour atteindre 330 000 barils. Le navire transportant cette cargaison historique devrait prendre le large au début du mois de novembre depuis les eaux territoriales béninoises, marquant ainsi un tournant stratégique pour l’économie nationale.
Par
Fortuné SOSSA (Coll.), le 01 nov. 2026
à
04h55
Durée 4 min.
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Selon des sources concordantes, les opérations de chargement se dérouleront les 1er et 2 novembre. Les 330 000 barils de pétrole brut seront transférés des cuves de stockage du champ pétrolier vers le Kriti Jade, un tanker exploité par l’armateur grec Avin International. Le navire mettra ensuite le cap sur les Pays-Bas pour livrer sa cargaison aux raffineries du groupe Shell Trading.
La major anglo-néerlandaise a remporté l’appel à manifestation d’intérêt international lancé par Akrake Petroleum Benin, l’opérateur du champ. Cet accord lui garantit l’enlèvement exclusif du brut béninois pour les trois prochaines années.
Cette première expédition ouvre la voie à des discussions cruciales. Akrake Petroleum Benin, filiale du groupe singapourien Rex International Holding, opérait jusqu’ici sous le régime d’une autorisation spéciale, validée en Conseil des ministres par un avenant contractuel. L’entreprise doit désormais négocier un contrat d’exploitation définitif avec l’État béninois.
Selon les mêmes sources, les prochaines négociations porteront notamment sur la structure des coûts liés aux principales infrastructures déployées en mer, dont l’unité mobile de production offshore Mopu Stella Energy et l’unité flottante de stockage et de transfert FSO Kristina. L’issue de ces discussions financières déterminera la viabilité du projet et ses perspectives de développement à long terme.
Des retombées fiscales et macroéconomiques attendues
Le gouvernement béninois, par la voix de son porte-parole, s’est félicité des termes de l’accord initial. Les discussions avec Akrake Petroleum ont permis au Bénin de sécuriser la part gouvernementale maximale autorisée par le cadre réglementaire national, établissant ainsi un niveau inédit pour le pays. L’État s’apprête donc à percevoir ses premières recettes pétrolières directes sous forme de redevances et de partage de la production (« profit oil »).
Au-delà des recettes budgétaires, cette opération revêt une importance macroéconomique majeure pour le pays. La vente du brut en dollars américains devrait générer des entrées de devises susceptibles de contribuer au renforcement des réserves de change et au soutien de la stabilité monétaire.
Par ailleurs, la reprise de la commercialisation du pétrole brut réintroduit le Bénin sur l’échiquier pétrolier mondial, même si la production actuelle reste modeste, avec environ 3 000 barils par jour. Elle offre une possibilité de diversification de l’économie nationale, encore fortement dépendante de la filière cotonnière.
Cette activité pourrait également dynamiser le tissu économique local. La logistique maritime et l’exploitation des infrastructures de Sèmè-Kpodji sont susceptibles de générer de la valeur ajoutée au niveau national. Des perspectives d’emploi se dessinent pour les ingénieurs et techniciens béninois, tandis que les PME locales spécialisées dans le transport, la logistique et la maintenance maritime pourraient bénéficier de nouvelles opportunités d’affaires.
En combinant désormais sa propre production et son rôle de corridor de transit pour le pétrole brut nigérien, via le pipeline d’exportation, la plateforme côtière de Sèmè-Kpodji entend ainsi consolider sa position de pôle logistique et énergétique dans le golfe de Guinée.