La Nation Bénin...

Première session ordinaire du Sénat: Talon édifie sur une institution d'apaisement de la scène politique

Actualités
Patrice Talon, président du Sénat Patrice Talon, président du Sénat

La chambre haute du Parlement béninois est un instrument « d’apaisement de la scène politique ». Patrice Talon, premier président du Sénat, l’a rappelé, ce mercredi 28 octobre à Cotonou, à l’ouverture des travaux de la première session ordinaire de l’institution.

Par   Ariel GBAGUIDI, le 29 oct. 2026 à 07h27 Durée 3 min.
#senat #Patrice Talon

Le Sénat est en quelque sorte garant de la stabilité des institutions, de la gestion des conflits entre acteurs de la scène politique nationale, pour la continuité de l’action publique visant à soutenir le développement du Bénin.

Ce mercredi 28 octobre, Patrice Talon, premier président du Sénat, a justifié la création de l’institution par, entre autres, la nécessité de prévenir les rivalités politiques stériles et leurs conséquences sur la conduite des politiques publiques. « Si le Bénin progresse mieux et plus vite depuis un certain temps, ce n’est pas parce que les personnes en charge du pays aujourd’hui ont plus de talents que celles d’hier », a-t-il affirmé, avant d’attribuer cette évolution aux réformes politiques et administratives effectuées.

Le président du Sénat estime que les compétences nécessaires au développement existent dans toutes les sociétés, mais leur mobilisation dépend largement des conditions d’exercice du pouvoir. « Ce qui permet donc le développement communautaire de nos jours, c’est la sérénité dont bénéficient les décideurs et la stabilité de l’environnement dans lequel ils sont appelés à exercer leur mission », explique Patrice Talon.

La création du Sénat a donc une portée qui dépasse le fonctionnement ordinaire des institutions.

« Si le Sénat n'avait pas été créé, il devra l'être, un jour ou l'autre, parce qu'il matérialise notre volonté commune, lointaine, de bâtir ensemble, avec nos diversités, mais dans la concorde et la convivialité de notre nation », a souligné Patrice Talon.

La nouvelle chambre est appelée à contribuer à un environnement politique dans lequel les responsables publics peuvent exercer leurs mandats sans que les rivalités ne compromettent durablement la conduite des affaires de l’État. Pour Patrice Talon, les conflits politiques deviennent particulièrement préjudiciables lorsqu’ils entravent l’application des politiques publiques et retardent les réponses aux besoins des populations.

« …Chez nous, au Bénin, le Sénat est une institution d'apaisement de la scène politique. Rien de plus. », a-t-il déclaré, après avoir rappelé brièvement quelques pans de la diversité des dispositions politiques d'organisation de la démocratie dans certains pays que l’on cite en exemple à travers le monde. Ainsi, pour Patrice Talon, les modèles démocratiques varient selon les réalités nationales.

Quatre missions clés

Les 25 sénateurs conviés à la session sont ainsi placés devant une responsabilité que Patrice Talon juge déterminante pour l’avenir institutionnel du pays. Appréciant leurs parcours et les fonctions qu’ils ont précédemment exercées au service de la nation, il les a invités à mettre leur expérience au service de la régulation politique. « Nous qui avons l'honneur d'être les premiers membres de cette dernière institution de la réforme politique de notre pays, avons, à nos âges défendants, la haute responsabilité d'être les pionniers garants de sa stabilité politique en vue de son développement continu et irréversible », a-t-il déclaré. Le président du Sénat n’a pas manqué de détailler les principales missions de l’institution.

« Le Sénat veille à ce que les lois, y compris la Constitution, ne portent pas atteinte aux libertés fondamentales à la démocratie, à la cohésion sociale et à la stabilité politique du pays. A cette fin, les lois modificatives de la Constitution, les lois à caractère politique, les lois organisant la vie des partis politiques et les lois électorales votées par l'Assemblée nationale sont obligatoirement soumises à la non-objection du Sénat avant leur promulgation. Deuxième mission, en cas de divergence persistante entre le président de la République et l'Assemblée nationale sur le contenu d'une loi, le Sénat est saisi pour arbitrage», a indiqué Patrice Talon.

« Troisième mission, poursuit-il, le Sénat fait à l'Assemblée nationale, en cas de besoin, par une demande de deuxième lecture, des observations sur le contenu des lois, excepté les lois de finances, les lois de règlements et les lois programmes. Enfin, le Sénat veille aux mœurs et aux valeurs politiques. Il relève les dérapages et les déviances de nature politique faits aux auteurs des rappels à l'ordre et sanctionne en cas de besoin ».

Le Sénat se place ainsi devant une double exigence qui est de contribuer à la stabilité politique et préserver les conditions d'une action publique bénéfique et durable. La portée de cette nouvelle institution se mesurera désormais à sa capacité à exercer ses missions, à prévenir les tensions et à participer au fonctionnement régulier des institutions républicaines.