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Programme d'alimentation scolaire: Le succès d’une initiative qui améliore les résultats

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La mise en œuvre du programme d’alimentation scolaire dans le département de l’Atacora-Donga, comme dans plusieurs écoles du Bénin, apporte une plus-value au système éducatif. L’impact des cantines scolaires, une initiative gouvernementale, se traduit, selon différents acteurs, notamment par l’amélioration du taux de fréquentation des écoles et une meilleure performance scolaire des bénéficiaires, qui ont accès à un repas chaud pour mieux suivre les enseignements. La mobilisation communautaire, l’amélioration des conditions de travail des cuisinières et la promotion des jardins dans les établissements sont souhaitées pour pérenniser le programme d’alimentation scolaire.

 

Par   Alexis METON A/R Atacora-Donga, le 10 sept. 2026 à 07h24 Durée 3 min.
#cantines scolaires

Les apprenants des écoles maternelles et primaires des communes du Bénin ont désormais moins de préoccupations liées à leur alimentation. La cantine scolaire leur garantit notamment un repas à la mi-journée, pendant les jours de classe. Le témoignage des acteurs du système éducatif sur le Programme national d’alimentation scolaire, sept ans environ après sa mise en œuvre, montre l’intérêt de cet appui du gouvernement pour l’ensemble de la communauté éducative. « La cantine scolaire nous a beaucoup aidés. C’est une bonne chose que le gouvernement a initiée. En tant qu’acteur de la communauté, je puis vous dire qu’en saison sèche comme celle-ci, il y a des parents qui ne restent pas à la maison. Il arrive même qu’on se demande ce que les enfants vont manger une fois de retour de l’école. Mais grâce à la cantine, tout se passe bien. Si tu donnes l’argent de la cantine à ton enfant, dans l’après-midi, il va manger et suivre les cours. Même si tu vas au champ, tu n’as pas de soucis. C’est une chose très capitale que le gouvernement nous a faite et on lui dit merci», témoigne Soumaïla Worou, président de la cantine à l’École primaire publique (Epp) Déwa, dans la commune de Djougou. Il se réjouit, en tant que parent, de voir l’alimentation de son enfant prise en compte grâce au financement du gouvernement. Pour Arsène Akpo, directeur de l’École primaire publique de Boudé, à Tobré, dans la commune de Ouassa-Péhunco, la cantine maintient effectivement les enfants à l’école. Surtout dans les villages où les parents vont au champ et où il est difficile d’assurer le repas de midi, l’avènement de la cantine a permis de résoudre cette difficulté et les enfants sont réguliers à l’école. « Ils sont tellement réguliers que parfois, à midi, quand on les libère, ils ne veulent pas partir et sont toujours avec nous », renseigne le directeur. La cantine scolaire est un programme si salutaire qu’il félicite le gouvernement pour l’effort consenti dans son élargissement aux écoles des centres-villes. Il précise que les 120 apprenants de son école sont nourris. Il est exigé de chaque apprenant, une contribution de 25 francs Cfa quotidiennement, que le comité de gestion de la cantine collecte pour la cuisson de la sauce. Face à la réticence de certains parents à donner cet argent à leurs enfants, le principe du « payeur-mangeur » a été instauré. C’est l’enfant qui paie qui mange, fait-il constater. Cette pratique a toutefois eu des effets pervers : progressivement, certains enfants qui n’avaient pas accès au repas faute de contribution ont commencé à rester à la maison, de peur d’être écartés de la cantine. Une situation désormais réglée grâce à la sensibilisation des parents.

L’Atacora au top avec plus de 132 000 bénéficiaires

La spécificité de la cantine scolaire nouvelle version est que les élèves sont nourris en fonction des productions locales. Pour le département de l’Atacora, le stock de vivres mis à la disposition des écoles est composé de riz, de maïs, de haricot, de poivre jaune, d’huile et de sel pour la sauce. Dans ce département, 132 326 enfants sont inscrits à la cantine et se nourrissent chaque midi. La commune de Natitingou compte, parmi ces bénéficiaires, 10 342 garçons et 10 371 filles, soit au total 20 713 enfants, répartis dans 92 écoles actives, tandis qu’une école est fermée du fait de l’insécurité dans la région. « Les enfants mangent très bien, ils suivent maintenant les cours sans problème. Ceux qui avaient abandonné ont repris les classes grâce à la cantine scolaire. Depuis que le gouvernement a pensé à cette initiative, cela a été un atout. Les parents d’élèves sont intéressés. Il y a une amélioration dans les inscriptions et la fréquentation des enfants dans les écoles. Il y a eu beaucoup d’amélioration aussi dans le rendement scolaire. Ce que le gouvernement a fait, nous ne pouvons qu’applaudir», affirme Sébastien Yankoua, directeur de l’École primaire publique Perma A.

Safoudou Tchétoho est un médiateur de la cantine scolaire dans la commune de Natitingou, chargé des écoles de Perma et Tchoumi-Tchoumi. Ils sont huit médiateurs et deux superviseurs déployés sur le terrain pour suivre le fonctionnement des cantines. Selon lui, l’effectif des écoliers s’est multiplié par deux, mais tout se passe très bien avec une disponibilité quotidienne des vivres. « La cantine scolaire a apporté un grand changement dans la scolarisation des enfants et surtout, nous avons enregistré un fort taux d’inscription des enfants à l’école. Au CI, près de 150 enfants sont en classe contre à peine 50 auparavant et c’est grâce à la cantine », affirme-t-il. Sur les résultats scolaires, il constate une nette amélioration chaque année. Cette équipe de médiation assure la gestion et le suivi de la cantine scolaire dans les écoles et également la médiation avec les communautés. De Natitingou à Kouandé, en passant par Ouassa-Péhunco, Ouaké et Bassila, la contribution des élèves ne varie pas : 25 francs Cfa par jour, 125 francs par semaine et 500 francs par mois. Cette contribution est collectée chaque lundi, et l’enfant bénéficie des repas durant toute la semaine. Perma étant une zone rurale, selon Sébastien Yankoua, l’engagement des parents reste encore limité. Certains parents, en difficulté, ne parviennent pas à débourser cette somme. « Nous sommes dans un milieu rural, il y a certain qui n’arrivent pas à trouver. Il existe une liste des indigents c’est-à-dire les orphelins que nous prenons en compte. On ne fait que sensibiliser les parents pour contribuer, car le repas des enfants ici est complet, et il y a aussi la propreté. Les cuisinières sont régulièrement en visite médicale pour corriger les dérapages », informe le directeur. Worou Soumaïla, président de la cantine à l’École primaire publique (Epp) Déwa informe pour sa part, qu’à Dewa, les parents sont motivés à donner l’argent, mais, sur le chemin de l’école, les enfants le dépensent et se retrouvent en classe les mains vides. «C’est là où nous avons un souci. L’école compte près de 550 élèves, mais tous n’amènent pas leur argent de cantine. Ce n’est pas que les parents ne leur donnent pas. Les enfants ne veulent pas amener l’argent à l’école. Jusqu’à maintenant, on réfléchit à comment faire pour trouver une solution face au problème. On remarque que c’est à peine la moitié qui amène l’argent à l’école, alors que cela ne peut pas suffire à faire la cuisine », se désole-t-il.

L’arrivée de la cantine fait que les enfants restent dans l’école quand ils finissent de manger, selon les constats. Ils ne rentrent que le soir. Parfois, ils vont jouer à l’ombre et reprennent les cours à 15 heures. Même les enfants qui sont à cent mètres des écoles, ou à un kilomètre, préfèrent rester dans l’école, a affirmé Safoudou Tchétoho.

 


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Mobilisation communautaire, une réponse aux difficultés

 

Grâce à des séances de sensibilisation, les parents d’élèves mesurent l’importance de ce programme. Leur contribution est déterminante, selon les gestionnaires de cantine scolaire. « Si les parents ne donnent rien, on ne peut pas assurer un repas de qualité aux enfants. On les sensibilise par rapport à cela, il y en a qui donnent de la tomate, du maïs, du soja. Et après, on évalue tous ces apports et ensemble, on décide comment gérer ces éléments collectés », informe le médiateur. Il revient alors aux parents de veiller à ce que leurs enfants disposent de la contribution nécessaire pour accéder au repas chaud. Les enseignants, eux aussi, ont du mal à voir des enfants se priver de cette nourriture de midi. L’objectif de cette relance des cantines scolaires au Bénin est d’offrir un repas chaud aux écoliers de la maternelle et du primaire, selon Adam Bani Abdoulaye, superviseur des cantines scolaires à Natitingou. Ce repas contribue à l’amélioration des résultats des apprenants. Les enfants n’ont plus à se préoccuper de leur repas de midi, ni à rentrer chez eux pour se restaurer. Le repas, dit-il, est désormais garanti à l’école. Les apprenants peuvent ainsi se restaurer et, au besoin, se reposer avant de reprendre les cours, ce qui contribue à l’amélioration des résultats scolaires. Pour la qualité des repas et des services en général dans les cantines scolaires, l’équipe de superviseurs et de médiateurs essaie, au-delà de ce que le gouvernement apporte, de mobiliser la contribution des parents, notamment à travers les activités de pérennisation telles que les jardins scolaires, les champs scolaires et les unités d’élevage. Selon Adam Bani Abdoulaye, cette année, la commune de Natitingou est passée de 0 à 16 unités d’élevage. « Nous sommes à 47 jardins scolaires. Il y a aussi une contribution significative des parents. Nous voyons des écoles comme Kouaterna (pays de l’or) où les parents ont donné 148 000 francs Cfa pour soutenir la cantine scolaire. Il y a Tchoumi-Tchoumi où on a eu 45 000 francs. Ces actions témoignent d’une bonne volonté des parents et d’une bonne organisation de l’équipe pour solliciter l’accompagnement de la communauté au profit de la cantine scolaire. Donc, en termes d’organisation, ça marche et les résultats sont là pour en témoigner», rassure le superviseur Adam bani Abdoulaye. Au nombre des difficultés qu’il évoque figure la régularité des cuisinières. Le maintien des dames pour aider à préparer le repas aux enfants dans la zone de Perma est un véritable problème. « Perma est une zone d’or et la femme sait que si elle prend une journée pour aller travailler sur ces sites, elle peut revenir avec 5000 francs», informe-t-il. Il faut dire que, pour leur contribution à la cuisson des repas, les cuisinières bénéficient d’un forfait de 5 000 francs Cfa par mois pour s’acheter du savon. La supervision maintient le dialogue avec elles et les exhorte à voir au-delà de l’argent. Adam Abdoulaye invite les autorités locales à penser à l’amélioration des conditions de vie et de travail des cuisinières.

La sécurité des vivres, une priorité

Les écoles s’emploient désormais à se doter d’un jardin scolaire, pour avoir des légumes et à construire un magasin où stocker les vivres. Ce serait, selon les directeurs des écoles, le seul moyen de sécuriser les vivres. Une fois ces magasins réalisés, les bureaux des directeurs ne seront plus utilisés pour stocker les vivres destinés aux écoliers. Cela limiterait la manipulation des stocks et mettrait fin aux cas de vols récurrents de vivres destinés aux apprenants. L’idéal aurait été qu’il y ait un magasin dans les écoles et que les bureaux des directeurs ne servent plus de lieux de stockage, estiment-ils. À cela s’ajoute la dotation en ustensiles de cuisine. Ces différentes préoccupations sont portées à la connaissance des conseils communaux et sont en attente de satisfaction. À Ouassa-Péhunco, par exemple, un magasin de grande capacité est identifié sur le site du marché à bétail pour le stockage des vivres. Il faut dire que chaque école est dotée d’un comité de gestion de la cantine. Celui-ci comprend un président, un trésorier, chargé d’encaisser les fonds mobilisés, un secrétaire et des cuisinières, dont le nombre dépend de la taille de l’école.

Chaque vendredi soir, le président et le responsable de la cantine assurent la sortie des vivres mis à disposition des écoles par l’Agence nationale de l’alimentation et de la nutrition (Anan). La quantité dépend du nombre d’enfants inscrits. Le lundi matin, un décompte est effectué par classe pour s’assurer de l’effectif des élèves présents. Chaque enseignant transmet le nombre d’élèves présents au responsable de la cantine. Avec le directeur, le comité procède ensuite au prélèvement de la quantité de vivres nécessaire, qui est remise aux cuisinières pour la préparation des repas. Pour le choix du menu, un enfant est responsabilisé. Il recueille l’avis de ses camarades sur ce qu’ils souhaitent manger. Leur préférence est portée à la connaissance du comité, qui en tient compte dans la préparation des repas par les cuisinières<

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