La Nation Bénin...
Se scolariser, se déplacer, travailler ou encore entreprendre. Pour les personnes en situation de handicap, ces actes du quotidien restent souvent confrontés à de nombreux obstacles qui freinent leur émancipation. Pour y répondre, le gouvernement a décidé de renforcer les mesures en faveur de leur inclusion sociale et économique.
Réuni mercredi 2 septembre 2026, le Conseil des ministres a adopté plusieurs mesures destinées à améliorer les conditions de vie des personnes handicapées. La première concerne l’éducation. 5 000 élèves handicapés présentant un taux d’incapacité important seront exonérés des frais de scolarité dans les établissements publics de l’enseignement secondaire ordinaire, ainsi que dans certains centres publics spécialisés.
Pour les familles concernées, éduquer, instruire ou entretenir un enfant en situation de handicap n’est pas chose facile. Cette mesure pourrait donc contribuer à maintenir davantage d’enfants handicapés sur les bancs.
« Quand les dépenses s’accumulent, certaines familles finissent par avoir du mal à maintenir leur enfant à l’école. Je sais de quoi je parle. C’est pourquoi je salue cette décision du gouvernement », témoigne Victorin Adanlé, infirmier et père de Brunelle, une élève malentendante en classe de CM2.
Faciliter la mobilité
Le gouvernement prévoit également de mettre à la disposition des personnes handicapées démunies des aides techniques telles que des fauteuils roulants, tricycles, cannes blanches, cannes anglaises ou déambulateurs. Environ 1 000 bénéficiaires devraient être pris en charge chaque année
Au-delà de l’assistance matérielle, l’enjeu est celui de l’autonomie et de la participation à la vie sociale.
« Une personne handicapée ne doit pas être perçue uniquement comme quelqu’un à aider. Elle peut travailler ou entreprendre et contribuer au développement si les obstacles sont levés. Nous ne pouvons que dire merci au President», estime Josiane Fangbédji, personne en situation de handicap moteur et coach en développement personnel.
400 millions FCFA pour l’entrepreneuriat
Autre décision majeure : l’enveloppe annuelle consacrée au financement des initiatives entrepreneuriales des personnes handicapées passe de 200 à 400 millions de FCFA. Cette augmentation doit permettre d’accompagner davantage de bénéficiaires dans la formation, l’acquisition d’intrants et l’accès aux technologies nécessaires à leurs activités.
Pour les associations, cette mesure constitue une avancée à saluer.
« Le gouvernement a vu juste en décidant de corriger le tir. C’est un effort très louable et très encourageant », souligne Marcel Hinvi, spécialiste des questions du handicap et des droits humains.
Pour le secrétaire général du Réseau des Associations de Personnes Handicapées du Littoral (RAPH Littoral), cette décision constitue également un motif de satisfaction. « C’est une décision qui vient apporter un ouf de soulagement aux personnes qui sont dans ce cas. Nous sommes très contents et convaincus que l’applicabilité de ces mesures sera chose effective », conclut-il.
À travers ces mesures, le gouvernement entend renforcer l’inclusion et l’autonomisation des personnes handicapées. Un défi demeure toutefois : faire en sorte que les décisions adoptées se traduisent concrètement dans les écoles, les familles, les lieux de travail et les communautés.