La Nation Bénin...
Le Bénin ambitionne de s’imposer comme une économie moderne, productive et compétitive à l’horizon 2060. Portée par la Vision Bénin 2060 Alafia, la transformation structurelle de l’économie vise à rompre avec les fragilités historiques du modèle économique pour engager le pays sur une trajectoire durable de création de valeur, d’emplois et de bien-être partagé.
Quand en 2060, le Bénin indépendant aura 100 ans, quel pays sera-t-il devenu ? La réponse à cette interrogation se trouve dans la Vision Bénin 2060 Alafia, qui projette une économie profondément transformée, mieux intégrée aux chaînes de valeur régionales et mondiales, et capable de répondre aux aspirations d’une population plus nombreuse, plus jeune et plus exigeante. L’enjeu est de passer d’une économie à faible productivité, dominée par l’informel, à un système productif structuré, innovant et compétitif. La transformation structurelle de l’économie béninoise repose sur un objectif fondamental qui est l’accroissement durable de la productivité nationale et le renforcement de la compétitivité globale du pays. Cette orientation stratégique implique une modernisation en profondeur des fondements économiques, à commencer par les infrastructures productives. Énergie, transports, numérique, agriculture et logistique constituent les piliers sur lesquels repose la capacité du pays à produire davantage, mieux et à moindre coût. Dans cette perspective, l’aménagement équilibré du territoire occupe une place centrale. La Vision Bénin 2060 Alafia entend rompre avec les déséquilibres spatiaux en valorisant les potentialités propres à chaque région. Il s’agit de promouvoir un développement territorial intégré et différencié, capable de transformer les avantages comparatifs locaux en avantages compétitifs à l’échelle nationale et internationale.
La transformation économique envisagée ne saurait être l’apanage d’un seul acteur. Elle repose sur une mobilisation cohérente et coordonnée de l’ensemble des parties prenantes à savoir : l’État, les entreprises formelles, les institutions financières, les partenaires techniques et financiers, les collectivités territoriales, l’administration publique et les familles, en tant qu’agents économiques et sociaux essentiels. L’État joue un rôle d’impulsion et de régulation, en définissant les orientations stratégiques, en investissant dans les infrastructures structurantes et en créant un environnement favorable à l’investissement privé. De leur côté, les entreprises sont appelées à innover, à se formaliser et à s’inscrire dans des dynamiques de montée en gamme. Les institutions financières, quant à elles, doivent accompagner cette mutation par des mécanismes de financement adaptés aux besoins des secteurs productifs.
Les secteurs productifs
Au cœur de la Vision Bénin 2060 Alafia figure un autre objectif stratégique majeur qui est de moderniser les secteurs productifs de l’économie. Cette modernisation constitue un levier fondamental de la transformation structurelle, tant par l’amélioration de l’organisation du secteur agricole que par le développement d’un tissu industriel capable de créer de la valeur ajoutée. L’agriculture, pilier historique de l’économie béninoise, est appelée à évoluer vers des modèles plus productifs et résilients. La mécanisation, l’irrigation, l’accès à des intrants de qualité et la transformation locale des produits agricoles doivent permettre d’accroître les rendements, de réduire la vulnérabilité climatique et de renforcer les revenus des producteurs. L’enjeu est également de mieux connecter l’agriculture aux industries de transformation afin de capter davantage de valeur sur le territoire national.
Le développement industriel constitue un autre axe structurant de la Vision. La mise en place de zones économiques spéciales à l’image de la Zone industrielle de Glo-Djigbé (Gdiz), de pôles de compétitivité et de politiques d’incitation ciblées vise à stimuler l’investissement productif et l’industrialisation. Ces dispositifs doivent favoriser l’émergence de filières stratégiques, notamment dans l’agro-industrie et les industries manufacturières, capables de répondre aux besoins du marché intérieur et de conquérir des débouchés à l’exportation. Cette dynamique industrielle est indissociable de la question énergétique. La promotion d’énergies durables à coût compétitif apparaît comme une condition essentielle pour soutenir les activités industrielles et agricoles, tout en intégrant les impératifs de soutenabilité environnementale et de maîtrise des coûts de production.
Vision à long terme
La transformation structurelle de l’économie béninoise accorde une attention particulière au capital humain. Le renforcement de l’employabilité des jeunes, à travers la formation professionnelle, l’apprentissage et l’adéquation entre compétences et besoins du marché du travail, est identifié comme un levier déterminant. Une main-d’œuvre qualifiée et adaptable constitue un facteur clé de compétitivité dans un contexte de mutations technologiques rapides. Dans cette logique, l’intégration des technologies de l’information, du numérique et de l’intelligence artificielle occupe une place importante. Ces outils doivent permettre d’optimiser les processus de production, d’améliorer la traçabilité, de stimuler l’innovation et d’accroître la productivité. La transition numérique est ainsi envisagée comme un accélérateur de transformation, capable de repositionner le pays dans l’économie du savoir.
La Vision Bénin 2060 Alafia s’inscrit résolument dans une perspective de long terme. Elle intègre les défis liés aux changements climatiques, à la résilience des systèmes de production et à la préservation des ressources naturelles. L’objectif est de bâtir une économie capable de croître sans compromettre les équilibres environnementaux et sociaux. À l’horizon du centenaire de l’indépendance, l’ambition est de voir le Bénin reconnu comme une économie émergente, compétitive et inclusive. Une économie où la transformation structurelle aura permis de créer des emplois décents, de réduire la pauvreté et d’offrir aux générations futures les bases d’un développement durable et partagé.
L’industrialisation des chaînes de valeur agricoles illustre l’ambition du Bénin de renforcer sa compétitivité économique