La Nation Bénin...
Les violences facilitées par les technologies disposent désormais de 27 indicateurs destinés à intégrer le système statistique national. Cette avancée doit permettre de mieux documenter un phénomène dont les formes et les conséquences restent encore difficiles à mesurer.
Une menace sur WhatsApp, une photo intime diffusée sans consentement, un compte piraté ou des insultes répétées sur les réseaux sociaux ne relèvent pas d’un simple conflit virtuel. Ces actes peuvent avoir des conséquences sur la vie familiale, sociale, professionnelle et économique des victimes. Pourtant, leur ampleur reste difficile à établir avec précision au Bénin.
La stabilisation de 27 indicateurs sur les violences basées sur le genre facilitées par la technologie constitue une nouvelle étape dans la connaissance du phénomène. Ces indicateurs doivent intégrer le SIDoFFE-NG, le système national de production et de diffusion des statistiques de l’action sociale. Plusieurs structures contribueront à la collecte des données, dont la Police républicaine, le Centre national d’investigations numériques, les Guichets uniques de protection sociale et l’Institut national de la Femme.
Une réalité encore difficile à mesurer
L’intérêt de cette démarche dépasse la production de statistiques. Des données plus précises peuvent aider à déterminer les formes de violences les plus fréquentes, les personnes les plus exposées et les besoins des victimes.
Une étude de l’OFAS réalisée en 2025 fournit déjà quelques indications. Le chantage représente 62 % des formes recensées dans l’étude. Les menaces et insultes en ligne atteignent 58 %. Le harcèlement et le piratage représentent chacun 51 %. Ces résultats correspondent toutefois aux données de cette étude et ne permettent pas de mesurer la fréquence de ces violences dans l’ensemble de la population béninoise.
Cette distinction reste importante pour interpréter les chiffres. Une campagne de prévention ne répond pas aux mêmes besoins qu’un dispositif destiné aux victimes de chantage à caractère sexuel. Une personne dont le compte a été piraté peut aussi avoir besoin d’une réponse différente de celle d’une victime de menaces répétées.
Les 27 indicateurs devront donc permettre de mieux comprendre les situations rencontrées sur le terrain. Leur utilité dépendra de la régularité de la collecte, de la qualité des informations recueillies et de leur exploitation par les structures concernées.
Pour les victimes, l’enjeu est concret. Une meilleure connaissance du phénomène peut faciliter la prévention, améliorer l’orientation et renforcer les mécanismes de protection. La violence numérique se produit sur un écran, mais ses conséquences dépassent largement l’espace virtuel.