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Sortie frauduleuse des produits agricoles du territoire national: L’entêtement des exploitants et commerçants

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Malgré les points de collecte ouverts par la Sipi dans les départements pour les achats groupés, et les facilités accordées à ceux qui détiennent de gros tonnages pour les acheminer à Glo-Djigbé, des exploitants agricoles et autres commerçants continuent de garder d’importants stocks de soja dans leurs magasins ou greniers. 

Par   Maurille GNASSOUNOU A/R Borgou-Alibori, le 12 mai 2023 à 07h57 Durée 3 min.

L’opération d’achats groupés des stocks de soja par la Société d’investissement et de promotion de l’industrie (Sipi-Bénin Sa) engagée depuis quelques jours par le gouvernement, sur toute l’étendue du territoire, est loin d’avoir l’adhésion de tous les exploitants agricoles. Certains, malgré tous les appels et les sensibilisations à leur endroit, et la lutte engagée contre la sortie frauduleuse des produits agricoles du territoire national, préfèrent prendre le risque d’aller vendre leurs produits au Togo ou au Nigeria.
Dans le septentrion où elle était en fin de semaine dernière, une délégation de la douane béninoise conduite par son chef bureau à la surveillance du territoire, Marcellin Laourou, a rencontré les acheteurs de produits tropicaux. Elle les a entretenus sur les risques auxquels les contrevenants à la mesure gouvernementale d’interdiction de sortie frauduleuse des produits agricoles s’exposent. « La lutte contre la sortie frauduleuse des produits agricoles est une lutte acharnée. Mais, beaucoup ne comprennent pas et se demandent comment ils auront leurs produits et en voulant les sortir, la douane va les en empêcher. Nous sommes venus sensibiliser les principaux acteurs aux risques que courent ceux qui tentent de violer les prescriptions en ce qui concerne cette interdiction », a confié Marcellin Laourou.
« Nous sommes venus leur dire les sanctions encourues, surtout les sanctions privatives de liberté ou les peines d’emprisonnement, les sanctions pécuniaires qui sont relatives au paiement de fortes amendes. Nous les avons informés que la loi permet de confisquer leurs moyens de transport, même s’il s’agit d’une bicyclette », précise-t-il. Les contrevenants, informe-t-il, s’exposent à des peines d’emprisonnement ou privative de liberté allant de 2 à 5 ans. « S’agissant de la peine pécuniaire, vous payez à l’Etat quatre fois la valeur de votre marchandise qui sera encore saisie, sans oublier la confiscation du moyen qui a servi à la transporter », a-t-il également prévenu.

Des sanctions

Ainsi, le chargement doit être couvert par une fiche de convoyage approuvée par l’unité douanière proche du lieu où il est parti. De même, d’autres prescriptions doivent également être respectées. Il s’agit des heures de circulation qui vont de 7 à 18 heures. Dans ces conditions, le chargement peut aller d’un lieu à un autre, mais ne peut traverser les frontières, vers les pays voisins.
« Il y a eu, au niveau de notre pays, des décisions fortes qui réglementent désormais la sortie ou la commercialisation du soja hors du territoire national », informe, par ailleurs, le directeur général de l’Agence territoriale de développement de l’agriculture pôle 4 (Atda 4),
Kassimou Issaka. «L’exportation du soja n’est pas interdite au Bénin. Mais il y a désormais une règlementation qui est entrée en vigueur. Vous pouvez exporter ce produit, à condition de pouvoir remplir les conditions liées à cette activité. Sa sortie par voie maritime est autorisée. Celle par voie terrestre l’est également. Mais à condition de payer les taxes prévues », poursuit-il.

Initiative encourageante

Toutefois, comme c’est déjà le cas avec les noix d’anacarde, le Bénin a décidé, en ce qui concerne le soja, qu’une bonne partie et bientôt la totalité de ce qui est produit, soit transformée sur le territoire national. Avant de procéder à son écoulement sur le marché, l’objectif sera de lui ajouter de la valeur. Il en va du développement industriel du pays.
La politique du gouvernement, a insisté le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, Gaston Cossi Dossouhoui, au cours d’une tournée explicative les 13 et 14 avril derniers dans le Borgou et l’Alibori, c’est de produire désormais beaucoup, tout en mettant l’accent sur la transformation locale, à travers l’installation des unités dans la zone économique spéciale de Glo-Djigbé. Ce qui, se réjouit-il, sera également source d’opportunités d’emplois et de richesse pour les populations, comme c’est le cas avec le coton. « Au niveau du cajou par exemple, une petite usine de 2 500 tonnes impacte au moins 150 à 200 ménages », fait-il observer.
«Il faudra ensuite veiller à ce que ces unités de transformation ne soient pas confrontées à des problèmes d’approvisionnement», avertit le ministre. La priorité leur sera accordée, en fonction de leurs capacités. Dans le cas d’espèce, il est entendu que la Sipi-Bénin Sa puisse acheter le stock résiduel de soja graine estimé entre 150 000 et 180 000 tonnes sur toute l’étendue du territoire national.