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l'éditorial de Paul Amoussou: Les Puretés dangereuses

Chroniques
Editorial de Paul Amoussou Editorial de Paul Amoussou

Lorsque l’opposition parlementaire envisage d’enquiquiner le pouvoir en place, elle fait feu de la plus facile des armes dont elle dispose : les questions d’actualité au gouvernement. C’est le cas, hier encore, au Bénin où l’option faite par le gouvernement Talon de confier la gestion de l’Anip à un non Béninois, est mis en débat.

Sans qu’il n’y ait aucun lien établi entre les deux, observons tout de même que le Parlement béninois fait ce débat alors qu’en France le débat à propos d’une loi sur l’immigration fait rage. Le point d’achoppement entre les partis français reste les conditions de travail pour une catégorie d’immigrés. On en vient vite ainsi à trouver un lien, par extrapolation, entre les deux sujets brûlants d’actualité de part et d’autre de la Méditerranée, quand bien même un Rwandais, c’est la nationalité de l’actuel directeur général de l’Anip, n’a pas besoin de visa pour travailler au Bénin et donc n’y est pas considéré comme un ‘’immigré’’.

Trêve d’euphémisme, sont tout à fait inacceptables, de vouloir rendre limitatif l’accès aux soins à des travailleurs sous prétexte qu’ils sont des immigrés, pourtant au pays de l’assurance universelle, tout comme de débattre de la nationalité d’un directeur général sous prétexte qu’il traite de « l’état civil » national.

Déjà cela ne fait pas trop sens, par ces temps d’affirmation bruyante de panafricanisme! Ensuite, on réalise fatalement avec de telles réflexions que l’Union africaine, restée bien théorique à bien des égards, a encore du chemin devant elle dans la quête de l’intégration africaine. Enfoncer le clou, par des questions qui renvoient à cette réalité chimérique, est bien ballot.

Les enjeux que porte  l’Anip sont d’importance en tous leurs aspects, et même clivants politiquement s’entend à bien des égards. Ce qui implique, pour les acteurs politiques, qu’un Béninois dirige cette structure ou non est idem !

La polémique, à relent ‘’nationaliste’’ qui souligne la sensibilité des données de l’état civil en relation avec le directeur de l’Anip qui n’est pas de nationalité béninoise, devrait enfler tôt ou tard. Du moins en ce qui concerne ses aspects électoralistes, qui ne tarderont de toute façon pas à monter en puissance. Et bien plus vite qu’on ne le croie. Aussi, l’aspect de la nationalité du directeur de l’Anip, qui parait être un bon bout que tiennent ses pourfendeurs, à tort, est à proprement parler foireux. Fausse idée à laisser tomber au plus vite, car il n’est pas sans rappeler les Puretés dangereuses relevées par le philosophe Bernard Henri-Levy.

Par   Paul Amoussou, le 10 nov. 2023 à 13h34 Durée 3 min.
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