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A partir de l’exemple d’Abomey: Espéra Donouvossi propose de réinventer les politiques culturelles africaines

Culture
Quand Abomey devient un laboratoire des politiques  culturelles africaines Quand Abomey devient un laboratoire des politiques culturelles africaines

Le spécialiste béninois des politiques culturelles et du management de programmes internationaux, Espéra Donouvossi, a soutenu mercredi 12 août, une thèse de doctorat consacrée à la formulation participative des politiques culturelles dans la ville historique d’Abomey. Une recherche qui ouvre des pistes pour repenser la gouvernance culturelle en Afrique.

Par   Josué F. MEHOUENOU, le 13 août 2026 à 08h51 Durée 3 min.
#politiques culturelles #Espéra Donouvossi

À Abomey, le patrimoine ne constitue pas seulement un témoignage du passé. Il peut également servir de laboratoire pour penser autrement les politiques culturelles. C’est l’un des principaux enseignements de la thèse qu’Espéra Donouvossi a soutenue, mercredi 12 août. Intitulée « Exploring Participatory Cultural Policy Formulation for Abomey, a Historic City with World Heritage Property », la thèse de cet acteur culturel bien connu au Bénin et un peu partout en Afrique prend pour terrain d’étude la ville historique d’Abomey et ses Palais royaux, inscrits sur la liste du patrimoine mondial. Elle analyse les conditions dans lesquelles les acteurs publics, les professionnels de la culture, les communautés et les détenteurs de savoirs peuvent participer davantage à la conception et à la mise en œuvre des politiques culturelles. La recherche s’intéresse particulièrement à la gouvernance culturelle, aux relations entre patrimoine, arts et culture, à la participation des communautés ainsi qu’au renforcement des capacités institutionnelles au niveau local. À partir du cas d’Abomey, le chercheur propose notamment le modèle « Sharp », fondé sur cinq dimensions visant à favoriser des politiques culturelles plus durables, intégrées, adaptables, lisibles et participatives. L’ambition est de contribuer à une approche de la politique culturelle qui ne soit plus uniquement pensée au niveau institutionnel, mais qui associe davantage les acteurs directement concernés par la préservation, la transmission et la valorisation du patrimoine.

Pour Espéra Donouvossi, cette soutenance représente bien plus que l’aboutissement d’un parcours académique. Elle est, soutient-il, l’aboutissement d’un long travail de recherche, mais surtout le prolongement de plus de quinze années de pratique professionnelle. « Mon ambition est de rapprocher davantage la recherche, les politiques publiques et la gestion concrète des programmes culturels », explique-t-il. Cette recherche porte pour l’impétrant, une dimension particulière. Espéra Donouvossi a choisi de dédier sa thèse à l’écrivain et intellectuel béninois Camille Amouro, qui l’avait encouragé à entreprendre son parcours doctoral. Pour Camille Amouro, explique le chercheur, être capable de rendre sa problématique compréhensible à la fois dans la langue internationale de la recherche et dans celle des communautés concernées constituait déjà une étape essentielle. « Cette thèse lui est donc dédiée », confie Espéra Donouvossi.

À travers son étude consacrée à Abomey, Espéra Donouvossi entend apporter une contribution à cette réflexion. Une contribution qui, au-delà du contexte béninois, pourrait alimenter le débat sur la manière de construire des politiques culturelles africaines plus inclusives, adaptées aux réalités locales et capables de mieux associer les communautés à la gestion de leur patrimoine.

Un parcours au croisement de la culture et de la coopération internationale

Espéra Donouvossi est un expert béninois en politiques publiques, partenariats stratégiques et management de programmes internationaux. Spécialisé dans les domaines de la culture, du patrimoine et de la coopération internationale, il cumule plus de quinze années d’expérience dans la conception, la coordination et le pilotage de programmes entre l’Afrique et l’Europe. Son parcours professionnel l’a conduit à collaborer avec plusieurs organisations et institutions internationales de référence. Il a notamment travaillé avec Arterial Network en Afrique du Sud, le Goethe-Institut au Nigeria, la Banque mondiale ainsi que l’Iccrom, l’organisation internationale. Cette expérience lui a permis de développer une expertise à l’intersection des politiques publiques, de la coopération culturelle, de la gestion de programmes et de la valorisation du patrimoine. Il exerce aujourd’hui les fonctions de chef de projet de coopération muséale Afrique-Europe à Expertise France, en Éthiopie, où il travaille sur des projets mettant en relation les institutions muséales africaines et européennes. Son parcours professionnel nourrit directement sa réflexion académique sur comment faire en sorte que les politiques culturelles soient davantage connectées aux réalités des territoires et aux attentes des communautés.