La Nation Bénin...
Dans l’arrondissement
d’Alédjo, commune de Bassila, département de la Donga, des curiosités restent
peu connues du grand public. Entre les collines étagées de Kélina et la Grotte
aux chauves- souris, Akaradè possède un patrimoine qui ne demande qu'à être
révélé, séduire les amateurs de tourisme de découverte et d’écotourisme.
A Akaradè, la nature semble
avoir façonné elle-même les œuvres d'art. Sur les hauteurs, les collines
étagères de Kélina offrent un spectacle singulier. Leur configuration
particulière en fait l’un des sites naturels les plus remarquables de la
localité. Selon les croyances rapportées par des habitants, ces collines
seraient associées à des pratiques traditionnelles visant à provoquer la pluie
en période de sécheresse.
Autre curiosité, la Grotte aux
chauves-souris. D’après les acteurs locaux, elle aurait naguère servi de refuge
aux ancêtres pendant les périodes de conquêtes esclavagistes. Jules De Souza,
fils et cadre de la localité, évoque même l’existence d’un vaste réseau
souterrain reliant plusieurs localités. « C’est un tunnel de plus de 20 km qui
part d’Akaradè pour aller à Sèmèrè, avec un carrefour qui va à Soudou au Togo
», affirme-t-il.
Un patrimoine encore peu valorisé
Le potentiel touristique
d’Akaradè n’est pourtant pas nouveau. Un inventaire réalisé avec la mairie en
2014 avait déjà identifié plusieurs sites et manifestations, notamment les
Collines de Kélina, la Grotte aux chauves-souris, Soudou Alou et la fête de Diila.
Mais depuis, les aménagements
restent limités. Absence de signalisation, difficultés d’accès, manque de
promotion et insuffisance de moyens freinent la fréquentation des sites.
Souradji Abaou, élu communal
et fils de la localité, déplore cette situation. « Quelques visites sur ces
sites ont été effectuées par la mairie, mais presque rien de concret »,
regrette-t-il. Il dénonce également « le manque de protection de ces joyaux par
la population elle-même ».
Pour sortir Akaradè de
l’ombre, les habitants plaident pour une meilleure documentation, la promotion
et surtout l’aménagement des sites. Le défi c’est révéler ces trésors sans les
dénaturer afin d’en faire de véritables portes d’entrée du tourisme dans la
Donga.
Sur les traces d’un patrimoine naturel et culturel dans l'ombre