La Nation Bénin...
Une éjaculation nocturne
suffit parfois à faire courir l’imagination plus vite que la science. Pour le
Dr Oscar Gbeke, médecin généraliste, derrière le fameux « mari de nuit » ou la
« femme de nuit » se cache souvent un phénomène biologique parfaitement normal
: la pollution nocturne.
Au réveil, les draps peuvent parfois raconter une histoire que leur propriétaire ne se rappelle même pas avoir vécue. Dans certaines communautés, l’explication est pourtant déjà trouvée : « mari de nuit », « femme de nuit », génie de l’eau ou encore attaque mystique. Le pauvre dormeur n’a plus qu’à se demander quelle créature invisible a donc décidé de lui rendre visite.
Pourtant, selon le Dr Oscar
Gbeke, il n’y a pas forcément besoin d’appeler les esprits à la rescousse.
L’éjaculation nocturne, aussi appelée « rêve mouillé » ou pollution nocturne,
correspond à une expulsion involontaire de sperme pendant le sommeil. Elle peut
survenir avec un rêve érotique, même si celui-ci disparaît complètement de la
mémoire au réveil.
Le phénomène est particulièrement fréquent à la puberté et chez les jeunes adultes. Avec les changements hormonaux, notamment l’augmentation de la testostérone, l’appareil reproducteur masculin produit davantage de sperme. Le système nerveux autonome peut alors déclencher une éjaculation pendant le sommeil, sans que l’intéressé n’ait donné son accord. Même le cerveau peut donc organiser sa petite programmation nocturne sans aucune autorisation.
Pas de maladie, pas de sortilège et, surtout pas de médicament miracle à avaler pour « chasser » le phénomène. La pollution nocturne fait partie du fonctionnement normal du corps masculin et peut se produire à tout âge.
Le problème se trouve surtout dans l’interprétation. La peur d’un envoûtement, d’un futur mariage compromis ou d’une prétendue perte de virilité peut provoquer une véritable détresse chez certains jeunes. Une réaction bien plus lourde que le phénomène lui-même.
Le Dr Gbeke invite ainsi à privilégier l’information médicale face aux explications qui entretiennent la peur et la culpabilité. Uriner avant de dormir ou éviter la position sur le ventre peuvent parfois réduire la fréquence des épisodes, mais aucune méthode ne permet de les empêcher à coup sûr.
En clair, si le corps décide de faire sa petite vidange pendant que son propriétaire dort, inutile de convoquer les ancêtres pour une réunion de crise. Une bonne connaissance de la physiologie suffit parfois à faire disparaître beaucoup de frayeurs.
La pollution nocturne n’est
donc ni une honte ni, en elle-même, le signe d’un problème de santé. C’est
surtout un rappel que, même pendant notre sommeil, la biologie continue de
faire son travail.