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Berthold Hinkati, directeur de l’Espace culturel Le Centre : « Le cinéma africain doit raconter nos réalités

Culture
Berthold Hinkati, directeur de l’Espace culturel Le Centre Berthold Hinkati, directeur de l’Espace culturel Le Centre

L’Espace culturel Le Centre d’Abomey Calavi a projeté, vendredi 8 mai, le long métrage togolais "Le Champ des oubliés". Entre émotion et réflexion, le film a surtout remis au cœur des débats la question de l’immigration et le mythe de l’eldorado occidental.

Par   Josué F. MEHOUENOU, le 10 mai 2026 à 09h45 Durée 3 min.
#Berthold Hinkati, directeur de l’Espace culturel Le Centre

Attentif et conquis par la force du récit, le public a suivi le parcours de Mawunyo, jeune Africain confronté aux réalités souvent douloureuses du départ vers l’Europe. À travers cette fiction le réalisateur Roger Komlan Gbekou livre une œuvre qui questionne les rêves d’ailleurs tout en valorisant les possibilités qu’offre le continent africain. Mais au-delà de la qualité cinématographique du film, c’est surtout le sens de cette projection qui a marqué les esprits. Pour Berthold Hinkati, directeur de l’Espace culturel Le Centre, cette initiative s’inscrit pleinement dans la vision portée depuis plusieurs années par le programme « Wa cinéma », littéralement « Venez au cinéma » en langue fongbé. « Quand j’ai vu la qualité du film, je me suis dit qu’il faudrait que nos cinéphiles visionnent cette production », explique-t-il. Pour lui, le cinéma africain doit aujourd’hui jouer un rôle majeur dans la narration des réalités du continent. « L’ambition de “Wa cinéma”, c’est de montrer les réalités africaines, même si elles passent par la fiction », insiste-t-il.

Dans un univers audiovisuel largement dominé par les productions étrangères, l’initiative portée par l’Espace culturel Le Centre entend proposer un autre regard sur l’Afrique, loin des clichés habituels. Et les réactions du public semblent lui donner raison. « C’est un thème qui touche beaucoup de pays africains. Il est important de mettre beaucoup plus le curseur là-dessus », estime-t-il.

« C’est en parlant de ça à foison que finalement tout le monde intégrera que l’herbe n’est pas verte ailleurs. Elle peut l’être aussi en Afrique, et elle l’est réellement », martèle-t-il.

Pour Berthold Hinkati, le réalisateur a intelligemment utilisé le thème de l’immigration comme point d’accroche afin de conduire progressivement le spectateur vers une autre lecture de l’Afrique. « Inutile de penser à l’Eldorado, de penser aux autres continents. Je pense qu’en Afrique, on a tout. La qualité est ici », défend-t-il.