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Dédicace littéraire: L'Agenda 2030 interrogé entre espoir et inquiétudes

Culture
L’auteur de l’ouvrage lors de la cérémonie de dédicace L’auteur de l’ouvrage lors de la cérémonie de dédicace

A mi-parcours des Objectifs de développement durable, un ouvrage vient bousculer les certitudes et réveiller les consciences. Entre diagnostic lucide et appel à l’action, Houéfa Vanessa Davito propose une lecture engagée des défis contemporains, invitant citoyens, décideurs et jeunesse à devenir acteurs d’un avenir durable.

Par   Joël C. TOKPONOU, le 27 avr. 2026 à 06h35 Durée 2 min.
#développement durable

La réflexion sur le développement durable a trouvé un nouvel écho à travers la dédicace de l’ouvrage « Agenda 2030, dix ans déjà ? Entre espoir et inquiétudes », signé par Houéfa Vanessa Davito, jeudi 23 avril à Cotonou. A mi-parcours des Objectifs de développement durable (Odd), l’auteure propose une lecture critique mais constructive de l’agenda des Nations unies, tout en appelant à une mobilisation collective pour améliorer les conditions de vie des populations. Plus qu’un simple essai, le livre se présente comme une contribution intellectuelle et stratégique à un débat mondial devenu urgent, dans un contexte où les défis économiques, sociaux et environnementaux s’intensifient.

Dans son intervention, Huguette Bokpè Gnacadja, présidente de l’Institut national de la femme, a salué « une initiative pertinente qui arrive à un moment charnière». Pour elle, l’ouvrage met en lumière le rôle central du continent africain, à la fois confronté à des défis majeurs et porteur de solutions innovantes. « L’Afrique est au cœur des challenges mais aussi au cœur des solutions », a-t-elle insisté, soulignant également l’importance de l’expertise féminine dans la conduite des transformations sociales. « L’expertise féminine est nécessaire pour dompter les défis de notre temps », a-t-elle ajouté, mettant en avant la dimension inclusive du développement durable. Dans la même dynamique, Aminatou Sar, coordonnatrice du système des Nations unies au Bénin, a relevé que « le titre de l’ouvrage résume l’état d’esprit de la communauté internationale ». Elle a particulièrement salué la capacité de l’auteure à faire dialoguer deux cadres stratégiques majeurs :

« la particularité de l’ouvrage, c’est d’avoir fait converger l’agenda 2030 de l’Onu avec l’agenda 2060 de l’Union africaine ».

Au cœur de la présentation, Gilles Odilon Yacoubou a insisté sur la portée pratique de l’ouvrage. « Ce livre ne se veut pas seulement un bilan. Il se veut un outil d’action », a-t-il affirmé, précisant que l’œuvre dépasse l’analyse pour inviter à l’engagement. Il a notamment souligné que « le livre se referme à la page 236 sur un engagement que le lecteur est appelé à signer», traduisant ainsi la volonté de transformer la lecture en acte citoyen.

Pour Anicet Camille Sèvoh, directeur du suivi des Odd et représentant de Abdoulaye Bio Tchané, préfacier de l’ouvrage, le message est clair : « Le développement ne saurait se réduire aux acteurs gouvernementaux». Il a mis en avant l’une des idées-forces du livre, à savoir « la modernité enracinée », présentée comme une clé de lecture fondamentale pour penser un développement adapté aux réalités africaines. « Le Bénin n’a pas attendu 2026 pour territorialiser les Odd », a-t-il rappelé, illustrant les efforts déjà engagés dans ce sens.

Construction collective

Prenant la parole, l’auteure Houéfa Vanessa Davito a expliqué les motivations profondes de son travail. « L’une des motivations de l’ouvrage, c’est de préparer la relève », a-t-elle confié, mettant en garde contre le désengagement de la jeunesse face aux enjeux de développement. « La jeunesse pense que les enjeux de développement sont seulement les affaires des vieux et qu’elle s’en préoccupera quand elle sera aux affaires », a-t-elle regretté. À travers cet ouvrage, elle entend inverser cette perception et susciter une prise de conscience collective. « Le livre appartient désormais à ceux qui feront 2030, 2060 et plus », a-t-elle déclaré, appelant chacun à s’approprier les défis du développement durable.

« Il faut œuvrer pour que chacun dise que le développement durable commence par lui », a-t-elle insisté.

La cérémonie a également été marquée par le lancement du projet « Ambassadeurs pour la modernité enracinée », une initiative visant à promouvoir une approche contextualisée du développement, ancrée dans les réalités culturelles africaines. Par ailleurs, un panel de haut niveau a réuni experts et décideurs autour du thème : « Du diagnostic à l’impact : territorialiser les Odd pour une économie africaine plus résiliente ». Les échanges ont mis en évidence la nécessité de passer de la réflexion à l’action, en renforçant l’ancrage local des politiques publiques.

A travers cette dédicace, « Agenda 2030, dix ans déjà ? Entre espoir et inquiétudes » s’impose comme une œuvre engagée, à la croisée de l’analyse critique et de la proposition. En invitant à une responsabilité partagée, Houéfa Vanessa Davito rappelle que le développement durable n’est pas une abstraction institutionnelle, mais une construction collective, où chaque acteur, État, société civile, jeunesse, a un rôle déterminant à jouer.