La Nation Bénin...
A la place Maro, sont exposés des tableaux sur les Egungun, pendant qu’ils sont en train de danser dans le cadre de l’organisation des Vodun Days 2026 à Ouidah. C’est une initiative de la Direction artistique des Vodun Days.
Cette année, la Direction artistique des Vodun Days n’a pas voulu faire voir au public que le spectacle de danse des Egungun et leurs démonstrations de force, à la place Maro de Ouidah. Elle a aussi décidé d’apporter une touche particulière à l’évènement. C’est à travers une exposition, sur les lieux, de tableaux présentant les Egungun.
L’objectif, explique Olufèmi Bankolé, est d’amener le public à mieux apprécier l’importance des Egungun dans une famille ou la société. « Il s’agit de permettre au public de comprendre et d’apprécier leur danse. L’occasion lui est également offerte d’avoir désormais une meilleure idée sur leurs accoutrements. Pourquoi sont-ils vêtus ainsi ?», détaille-t-il. «Enfin, le public est davantage fixé sur les noms que portent les Egungun, le rôle qu’ils jouent et leur statut, en fonction de leurs noms », soutient-il. La population ne pourra plus les confondre, selon Olufèmi Bankolé, chaque fois qu’elle sera en présence de l’un d’eux. « A travers cette exposition, nous avons pu catégoriser chaque entité au sein de la société secrète des Egungun, avec une explication sur leur rôle et mission dans la société », a indiqué Olufèmi Bankolé.
Mais, face à certaines questions qui lui ont été posées, l’homme avouera qu’il n’est pas un initié. « Je ne saurai répondre davantage à ceux qui sont des profanes ou non-initiés comme moi. Nous avons été sollicités par la Direction artistique des Vodun Days, afin de produire ce que vous avez devant vous. Ce qui nous a également permis de comprendre comment chacune des entités au niveau du culte des Egungun se présente», a-t-il finalement confié.
« Le gardien des profondeurs et des savoirs occultes », peut-on lire comme explication sur l’un des tableaux, s’agissant du revenant appelé Koto. Le Egungun Ajan Ran, apprendra-t-on, est assimilé à l’ancêtre qui envoie le souffle qui purifie ou guérit. Quant au Gbègbo, il est l’oreille sacrée tendue vers le ciel et la terre. Il est le canal vivant par lequel les voix humaines parviennent aux ancêtres, puis le monde invisible répond par des signes, en silence et en présence.
Le Buluku incarne la densité du sacré, l’invisible qui pèse et protège. Là où d’autres Egungun dansent, enseignent ou relient, lui veille, protège et écarte les dangers. Vient le Abèbè, le Egungun consolateur des lignées, le gardien silencieux de l’équilibre intergénérationnel. Son nom emprunté à l’éventail sacré qu’il manie avec grâce, évoque la douceur active, la médiation sans conflit, le souffle qui calme sans contraindre. Ce revenant ne parle pas fort, mais fait taire les colères. Il ne faudrait pas occulter Adé qui est l’incarnation même de la légitimité morale, du pouvoir sacré et de l’autorité ancestrale.
Des tableaux artistiques sur les Egungun, pendant qu’ils sont en train de danser...