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Gaani 2023 à Nikki: La sortie des tambours sacrés, le signe de ralliement

Culture
La sortie de ces tambours annonce l’effectivité de la fête de la Gaani La sortie de ces tambours annonce l’effectivité de la fête de la Gaani

Avant ce jeudi 28 septembre, dans la cité impériale de Nikki, la sortie des tambours sacrés devant une foule de festivaliers enthousiastes, mercredi 27 septembre, a annoncé le démarrage effectif de la célébration

Par   Maurille GNASSOUNOU A/R Borgou-Alibori, le 29 sept. 2023 à 04h46 Durée 3 min.
#Gaani 2023 à Nikki #La sortie des tambours sacrés

Le mystère autour des tambours sacrés reste entier à chaque célébration de la Gaani, dans la cité impériale de Nikki. L’édition 2023 n’a pas dérogé au cérémonial organisé, à la sortie des tambours de leur emplacement secret, ce mercredi 27 septembre. C’est sous l’autorité du Sinaboko, Son Altesse impériale Sero Torou Touko Sari et des dignitaires de sa cour.

En effet, les tambours sacrés ont été sortis, mercredi, pour annoncer que l’édition 2023 du festival culturel et cultuel de la Gaani aura bel et bien lieu ce jeudi 28 septembre à Nikki. C’est un cérémonial vécu dans une ambiance solennelle, caractérisée par un symbolisme autour des tambours sacrés.

« La veille de la célébration de la Gaani, il est procédé à la sortie des tambours sacrés accompagnés des trompettes. C’est l’acte qui confirme que l’évènement aura lieu. Il symbolise aussi bien son effectivité que la voix de ralliement de tout le Barutem », explique le sociologue et consultant culturel baatonu, Koto Séro Simin. « Ce n’est pas dans une case que ces tambours se jouent, mais publiquement en un lieu consacré et conçu pour cela», poursuit-il.

C’est aux environs de 17h 37 min que la foule massée dans l’arène de la cour de la Gaani a été témoin de la sortie des tambours sacrés et des trompettes de leur emplacement secret. Mais avant, un initié a reçu l’ordre d’étaler une large peau d’animal à l’emplacement habituellement réservé pour accueillir les tambours sacrés. Quelques instants après, c’est un enfant qui apparaitra du palais, en compagnie d’un homme plus âgé. Dans leurs mains, ils tenaient chacun un petit tambour femelle communément appelé Barapiibu. Suivront enfin les deux grands tambours, tambours mâles ou Barabakaru portés par d’autres personnes initiées. Ils seront rejoints par les trompettes.

Les tambours sont disposés de façon significative. Trois solides pieux en fourche fixés depuis des années permettent de soutenir les deux plus grands. Le tout, sous le regard avisé des membres de la cour qui avaient déjà pris place devant la case ronde (sinko). Ils veillaient au respect des pratiques recommandées pour la circonstance. Ils ont été rejoints plus tard par l’Empereur Sero Toru Tuko Sari qui a pris place à l’intérieur de la case, aux côtés de la Gnon Kogui. Après lui avoir fait allégeance, le premier ministre a fait transmettre des colas aux joueurs de tambours et de trompettes. Le temps de se les partager entre eux et que les oracles soient consultés, ils se mettent à faire résonner les tambours et trompettes, à un rythme cadencé.

Le public n’a pas eu le temps de s’ennuyer avec les cavaliers qui se sont livrés à quelques cavalcades et autres tableaux.

Tout le temps que ces tambours seront exposés, une petite lampe traditionnelle dont la mèche est trempée dans du beurre de karité restera allumée sur les lieux toutes les nuits. C’est pour veiller sur les tambours.

Seul, confie le premier ministre ou Sina Dounwirou, le

Sinaboko a leur garde. « Dans l’aire culturelle Baatombou et Boo, c’est à Nikki seulement que ces tambours sont détenus. Ils sont dotés d’un pouvoir mystique », prévient-il. N’importe qui, avertit-il, ne peut se présenter devant eux, au risque de récolter des malédictions. Il n’y a que les membres relevant de la lignée impériale qui peuvent s’offrir ce privilège. En dehors de la Gaani, leur sortie annonce également un malheur qui vient de frapper l’empire. Par rapport aux matières ayant servi à les fabriquer, le mystère reste entier