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Vandalisme visant les installations électriques: La SBEE appelle les populations à signaler tout acte suspect

Société

Les actes de sabotage visant les installations électriques affectent non seulement la Société béninoise d'Énergie électrique (SBEE), mais également des milliers de citoyens qui subissent quotidiennement leurs conséquences. Face à l'ampleur grandissante du phénomène, la société tire la sonnette d'alarme et invite les populations à devenir les premiers défenseurs de ce patrimoine collectif.

Par   Kokouvi EKLOU, le 07 juil. 2026 à 08h18 Durée 3 min.
#SBEE

Les infrastructures électriques sont omniprésentes sans pour autant attirer l'attention, dans les villes comme dans les campagnes. Constituant le socle invisible sur lequel repose une grande partie de la vie quotidienne, ces ouvrages alimentent les foyers, permettent aux commerces de fonctionner, assurent l'activité des ateliers de production, garantissent les prestations des administrations publiques et rendent possibles les soins dans les centres de santé. Lorsque l'un de ces équipements est détruit, c'est toute une chaîne qui se retrouve fragilisée. Pour Paterne Affo, Directeur technique adjoint Réseau Intérieur de la SBEE Zone Nord, il est indispensable de qualifier correctement ces actes. « Le vandalisme, c'est du vol », affirme-t-il sans détour.

Le phénomène, selon lui, consiste à détruire, démonter ou emporter des équipements appartenant au réseau électrique national. Derrière ces dégradations se cache bien souvent l’objectif de récupérer des matériaux de valeur, notamment le cuivre, pour les revendre sur des circuits parallèles. Mais ce qui est dérobé dépasse largement la valeur marchande des pièces emportées. « Ce sont des infrastructures mises en place pour servir toute la population qui sont attaquées », rappelle le responsable technique.

Parmi les ouvrages les plus fréquemment visés figurent les transformateurs électriques. Peu connus du grand public, ces équipements jouent pourtant un rôle fondamental dans la distribution de l'électricité. Ils permettent d'abaisser la tension de l'énergie transportée sur les lignes haute tension afin de la rendre utilisable par les ménages, les entreprises et les services publics.

Sans ces équipements, l'électricité ne peut pas parvenir aux consommateurs. Leur richesse en cuivre attire malheureusement les convoitises.

Les individus mal intentionnés n'hésitent en effet pas à forcer les installations, démonter les composants internes ou détruire entièrement les transformateurs pour en extraire quelques kilogrammes de métal. Les câbles électriques subissent le même sort.

Dans plusieurs localités, des portions entières de lignes sont sectionnées afin d'en récupérer le cuivre contenu dans les conducteurs. Les coffrets de distribution, les dispositifs de protection ainsi que certaines pièces métalliques des poteaux électriques sont également régulièrement dérobés. À chaque acte de vandalisme, c'est un maillon essentiel du réseau qui disparaît.

Et lorsque ces attaques se répètent, elles compliquent considérablement les efforts entrepris par la SBEE pour moderniser et étendre ses infrastructures.

Des quartiers entiers plongés dans le noir

Les conséquences des actes de vandalisme apparaissent immédiatement. Contrairement à une panne classique qui peut parfois être résolue rapidement, la destruction d'un équipement nécessite souvent le remplacement complet des installations. Les délais d'intervention deviennent alors beaucoup plus longs. Selon l'importance des dégâts, certains quartiers peuvent rester privés d'électricité pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Cette situation perturbe profondément la vie des populations.

Les petits commerces ferment leurs portes plus tôt. Les salons de coiffure, les ateliers de soudure, les moulins, les boutiques de froid ou les cybercafés suspendent leurs activités. Les artisans voient leur production interrompue. Les établissements scolaires rencontrent des difficultés d'organisation. Les administrations fonctionnent au ralenti.

Dans les foyers, la conservation des aliments devient problématique, tandis que les familles se retrouvent privées d'éclairage, de ventilation ou de moyens de communication.

Autant de désagréments qui trouvent parfois leur origine dans un simple acte de sabotage commis en quelques minutes.

Certaines infrastructures restent particulièrement vulnérables aux coupures d'électricité. Les hôpitaux, les centres de santé et les maternités figurent parmi les sites dont l'alimentation électrique est la plus sensible. Dans ces établissements, l'énergie ne sert pas uniquement à éclairer les bâtiments. Elle permet de faire fonctionner les appareils de réanimation, les équipements de laboratoire, les salles d'opération, les systèmes de conservation des vaccins ou encore les dispositifs de surveillance médicale.

« Les hôpitaux et les centres de santé sont parmi les sites dont la coupure nous affecte le plus», souligne Paterne Affo.

Même lorsque des groupes électrogènes existent, leur utilisation prolongée entraîne des coûts supplémentaires et ne garantit pas toujours une continuité parfaite du service.

Chaque interruption augmente donc les risques pour les patients et complique davantage le travail des professionnels de santé.

Des milliards perdus pour le développement

Le vandalisme visant les installations électriques ne provoque pas uniquement des coupures de courant.

Il constitue également une menace directe pour la sécurité des personnes. Les auteurs de ces actes s'exposent en premier à un risque élevé d'électrocution. Les équipements électriques fonctionnent sous des tensions extrêmement dangereuses, capables de provoquer un décès instantané. Mais le danger ne s'arrête pas aux vandales. Lorsqu'un transformateur est détérioré ou qu'un dispositif de protection est retiré, tout l'équilibre technique de l'installation est compromis. Des surtensions peuvent apparaître. Des courts-circuits peuvent se produire. Des incendies ou des explosions deviennent possibles. L'exemple du transformateur ayant explosé à Nikki rappelle à quel point les conséquences peuvent être dramatiques. Dans des zones où les installations électriques se trouvent à proximité immédiate des habitations, des écoles ou des marchés, un simple défaut technique peut rapidement mettre en danger des dizaines de personnes totalement étrangères aux actes de vandalisme. Une décharge atmosphérique ou une anomalie sur le réseau suffit alors à transformer une installation fragilisée en véritable source de catastrophe.

Au-delà des dommages matériels, le vandalisme représente une lourde charge financière pour la SBEE et, par ricochet, pour l'ensemble de la collectivité. Chaque transformateur détruit doit être remplacé.

Chaque câble volé nécessite l'achat de nouveaux matériaux. Chaque intervention mobilise des ingénieurs, des techniciens, des véhicules spécialisés et des ressources financières importantes. Ces dépenses imprévues viennent réduire les capacités d'investissement de l'entreprise.

« L'argent utilisé pour remplacer les ouvrages vandalisés est autant de ressources qui auraient pu servir à raccorder de nouveaux abonnés ou à renforcer le réseau», explique Paterne Affo.

Autrement dit, chaque acte de vandalisme retarde l'électrification de nouveaux quartiers, ralentit les projets d'extension et limite les investissements destinés à améliorer la qualité de la fourniture de l'électricité. Dans un contexte où le Bénin poursuit ses ambitions de développement économique, d'industrialisation et d'amélioration des conditions de vie, ces pertes constituent un véritable frein à la croissance. Ce sont finalement les populations qui en supportent les conséquences.


La vigilance citoyenne, un maillon essentiel

Face à un réseau électrique qui couvre des milliers de kilomètres à travers tout le territoire national, la SBEE reconnaît qu'aucun dispositif de surveillance permanent ne peut être installé derrière chaque transformateur, chaque poteau ou chaque coffret électrique. La lutte contre le vandalisme repose donc largement sur la participation des citoyens. L'entreprise rappelle que ses agents sont facilement identifiables grâce à leurs tenues officielles, aux véhicules portant le logo de la SBEE ainsi qu'à leurs cartes professionnelles, qu'ils présentent lors de leurs interventions.

Toute présence suspecte autour d'une installation électrique, notamment en dehors des heures habituelles d'intervention, mérite donc une attention particulière.

La SBEE encourage les populations à alerter sans délai les forces de sécurité ou à contacter directement son centre d'appel. Le numéro 7302 est mis à la disposition des citoyens pour signaler toute activité inhabituelle susceptible de mettre en péril les infrastructures électriques.

Quelques minutes d'attention peuvent parfois éviter plusieurs semaines de coupure d'électricité pour tout un quartier.

Au-delà de la protection des équipements, la SBEE souhaite faire évoluer les mentalités. L'entreprise insiste sur le fait que le réseau électrique n'appartient pas uniquement à la société chargée de son exploitation. Il constitue un patrimoine national construit grâce à des investissements considérables au service de tous les Béninois. « Le réseau de la SBEE n'est pas seulement le patrimoine de la société. C'est le patrimoine de tout le peuple béninois. L'énergie distribuée est notre énergie. Elle participe au développement du pays et à l'avenir de nos enfants», rappelle Paterne Affo.

Ce message traduit cette conviction de préserver les installations électriques pour notamment protéger les écoles, les centres de santé, les entreprises, les commerces et les ménages contre les désagréments des actes de vandalisme.

Chaque transformateur sauvegardé contribue à renforcer la sécurité énergétique du pays. Chaque acte de vandalisme empêché représente une économie pour les finances publiques et une opportunité supplémentaire d'investir dans l'extension du réseau. Dans cette bataille silencieuse contre le sabotage des infrastructures électriques, la vigilance de chaque citoyen devient ainsi une arme précieuse.