La Nation Bénin...
L’artiste plasticien béninois Rafiy Okefolahan est en résidence de création à l’Espace culturel Le Centre d’Abomey-Calavi depuis le 8 décembre 2025. Cette résidence s’inscrit dans le cadre de son projet artistique intitulé « D’artificielles origines», une exploration sensible et multidimensionnelle de la mémoire, de l’identité et des racines, soutenue par l’Agence de développement des arts et de la culture. Le public découvrira le fruit de ce travail lors d’une exposition pluridisciplinaire dont le vernissage est prévu pour ce jour vendredi 16 janvier.
A travers ce projet, Rafiy Okefolahan propose une réflexion profonde sur la notion d’origine dans un monde contemporain en perpétuelle mutation. Sa démarche artistique repose sur un dialogue constant avec son environnement immédiat, nourri de discussions, de performances, de recherches collectives et de pratiques plastiques variées telles que la peinture et l’installation. «Je cherche des réponses à travers des échanges avec le personnel, avec les visiteurs de passage à l’Espace culturel Le Centre, autour de la notion d’origine aujourd’hui », confie l’artiste. Il souligne également le rôle déterminant de l’Espace culturel dans le développement de son projet : « C’est un partenaire qui m’accueille et me permet de créer dans des conditions favorables ».
Cette résidence marque une étape symbolique dans la carrière de Rafiy Okefolahan, qui célèbre 20 années de pratique artistique. Pour l’occasion, l’artiste affirme avoir adopté une approche différente, s’inspirant notamment des méthodes de travail de la Renaissance, où la réflexion sur l’espace, la scénographie et la cohérence de l’ensemble occupent une place centrale. «Il faut penser la scénographie, l’harmonie globale de l’espace. L’exposition est une œuvre vivante, en constante évolution», explique-t-il, évoquant un processus créatif toujours en cours jusqu’au vernissage. Cette dynamique confère à l’exposition un caractère expérimental et immersif, reflet de son travail de recherche.
Au cœur de « D’artificielles origines » se trouve la notion d’offrande, que l’artiste considère comme un élément central et transversal à toutes les religions. A travers cette offrande, Rafiy Okefolahan rend hommage à Dieu et aux mânes des ancêtres pour son parcours artistique, qui l’a conduit du Bénin à Dakar, puis en Europe, où il est aujourd’hui établi, tout en conservant un lien fort avec sa terre d’origine. Fidèle à son style, il promet une exposition riche en couleurs et en émotions.
Pour Berthold Hinkati, directeur de l’Espace culturel Le Centre, cette résidence revêt une importance particulière. « Nous avons accompagné ce projet dès le départ, et il a bénéficié, par la grâce de Dieu, de la subvention du Fonds de développement des arts et de la culture », souligne-t-il. Il rappelle également que cette collaboration s’inscrit dans la continuité d’un partenariat de longue date : « Rafiy avait déjà exposé ici en 2014, avant même l’inauguration de l'espace. Dix ans plus tard, son retour témoigne d’une évolution artistique remarquable ». Selon Berthold Hinkati, l’exposition à venir se veut à la fois introspective et universelle : « Le 16 janvier 2026, le public découvrira un véritable travail de recherche. Cette exposition nous interpelle tous, en tant qu’Africains, en tant que Béninois ».
Avec « D’artificielles origines», Rafiy Okefolahan livre une proposition artistique ambitieuse et sensible, mêlant l’intime et le collectif dans une œuvre à la fois visuelle, sonore et réflexive, invitant chacun à questionner ses propres racines et sa mémoire.
Au cœur de « D’artificielles origines » se trouve la notion d’offrande, que Rafiy Okefolahan considère comme un élément central et transversal à toutes les religions