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Parution de l’essai “Un Africain révolté“: Bi-N’Kokou Ferrody Chetan porte son regard sur les travers du continent

Culture

Un ouvrage au titre qui en dit long sur son contenu. A travers “Un Africain révolté“ paru aux éditions Spinelle, Bi-N’Kokou Ferrody Chetan, son auteur, ne cache pas sa peine de voir un continent potentiellement riche en proie à diverses impasses et infortunes. Mais loin de se laisser aller au pessimisme, il scrute l’horizon et porte l'espoir à voir ses peuples surmonter les écueils.

 

Par   Kokouvi EKLOU, le 09 juil. 2024 à 08h35 Durée 3 min.
#littérature

Coups d’Etat et instabilité politique, l’occurrence de ces travers du continent africain a tôt fait d’interpeller Bi-N’Kokou Ferrody Chetan, jeune auteur béninois, doctorant à l’Université Bretagne Sud en France. “Un Africain révolté“ se veut une lecture des maux auxquels est confrontée l’Afrique. En dépit des richesses dont regorge son sous-sol, le continent se retrouve en proie à diverses infortunes. De quoi surprendre l’auteur qui se refuse toutefois de se lamenter sur son sort tant l’espoir ne semble pas vain, à ses yeux. C’est un regard certes critique sur la situation sociale, économique et politique de l’Afrique noire, soixante années après les indépendances, mais aussi constructif sur la conception traditionnelle de la politique du continent. Partant des mauvaises passes, l’auteur estime que les peuples africains peuvent bien les surmonter pour peu que leurs dirigeants portent cette foi à opérer des changements qualitatifs dans la gouvernance politique et qu’ils fassent les choix nécessaires pour inverser les tendances. Loin d’être fataliste, Bi-N’Kokou Ferrody Chetan estime que « Le mal de l'Afrique, c'est notre incapacité à répondre à l'impératif de nous unir. Et cette division s'observe jusque dans nos petits quartiers de ville ». A cela, il faut ajouter le régionalisme, l'ethnicisme, l'ethnocentrisme et ce qu’il qualifie de ‘’racisme intraracial’’. Sans occulter « les querelles fondées sur la religion ou, plus franchement, fondées sur les religions importées que les gens ont réussi à nous vendre comme étant les seules qui offrent une connexion à l’Etre Suprême». Tout en étant quelque peu déçu que l’Union africaine ne soit pas encore le modèle-type d’organisme pouvant faire face aux problèmes actuels.

‘’Un Africain révolté’’, confie l’auteur, n’est pas un amoncellement d’idées toutes extraordinaires. «Je n'invente rien. J'insiste sur ce que nous savons tous. Voyez, l'Afrique présente un visage mosaïque de minuscules Etats dits indépendants. Il nous faut aller vers les grands regroupements », fait-il observer.

L’Union africaine (Ua), pense-t-il, était une étape. « Il faut saluer l’effort de ceux qui l’ont pensée et l’ont créée. Mais soyons honnêtes: ce ne serait pas trop dire que d’affirmer que l’Ua, dans sa forme actuelle, n’est qu’une organisation administrative. Je ne fais aucune révélation quand j’évoque les dissonances au sein de l’Ua. Je ne fais aucun scoop quand je dénonce le fait que la construction de certains locaux de l’Ua, la logistique et même la rémunération des fonctionnaires de l’Union passent par le financement de l’Union européenne et d’autres puissances d’Asie. Quelle respectabilité espérez-vous de la part de celui qui finance votre logement et assure votre traitement salarial ? », s’interroge-t-il.

Un sérieux diagnostic qu’il convient d’apprécier à l’aune des forces et potentialités d’un continent dont l’élan de renaissance est à repenser, loin des lamentations et autres compromissions de ses dirigeants avec l’Occident dont les intérêts ne revêtent guère un visage de collaboration ou de partenariat équilibré.