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Projet « To Kplon Nou »: Les maisons de jeunes retrouvent leur vocation

Culture
Pour Théonas Moussou, les maisons des jeunes doivent  être des lieux de vie Pour Théonas Moussou, les maisons des jeunes doivent être des lieux de vie

Après une première phase de trois années menée dans dix centres, le projet ‘’To Kplon Nou’’ aborde une nouvelle étape. Portée par la Fédération Léo Lagrange Bénin, avec le soutien de l’Agence française de développement (Afd) et du gouvernement béninois, l’initiative ambitionne de faire des maisons de jeunes et de la culture de véritables espaces d’éducation populaire.

Par   Arnaud DOUMANHOUN, le 11 sept. 2026 à 11h59 Durée 3 min.
#gouvernement béninois #Agence française de Développement (Afd)

Redonner vie aux maisons de jeunes et de la culture et leur restituer leur vocation éducative. C’est l’ambition du projet ‘’To Kplon Nou’’, qui signifie ‘’Instruis-nous’’ ou ‘’Éduque-nous’’ en langue fon. Pour Théonas Moussou, président de la Fédération Léo Lagrange Bénin, cette initiative s’inscrit dans une réflexion engagée depuis 2011 pour contribuer à la rénovation de ces centres de jeunesse au Bénin. Le constat de départ est celui d’un éloignement progressif de la vocation première de ces infrastructures. Certaines maisons de jeunes étaient devenues davantage des lieux de manifestations festives que des espaces consacrés à l’éducation, à la culture et à l’épanouissement des jeunes. Le projet entend inverser cette tendance en mettant l’accent sur l’animation et l’éducation populaire. L’enjeu de ‘’To Kplon Nou’’ n’est pas d’abord de réhabiliter les bâtiments. Il s’agit surtout de faire vivre les maisons de jeunes à travers des activités régulières destinées aux enfants, aux adolescents et aux communautés. La première phase a permis de développer le projet dans dix centres. Des activités sont désormais organisées notamment les mercredis et samedis, pendant les vacances et même durant l’année scolaire. Cette présence régulière constitue, selon Théonas Moussou, l’un des principaux acquis de l’expérience.

L’objectif est également de faire évoluer la perception des populations. Certains parents, initialement réticents, ont progressivement découvert l’intérêt éducatif des activités proposées. Pour Théonas Moussou, les maisons de jeunes doivent être perçues comme des lieux où l’enfant peut apprendre, se socialiser et s’épanouir, et non comme de simples espaces de loisirs. La pédagogie développée repose notamment sur le principe selon lequel l’apprentissage peut passer par le divertissement.

Une expérience en phase avec les politiques publiques

Le projet revendique une complémentarité avec les orientations publiques dans le domaine socio-éducatif. Selon Théonas Moussou, président de la Fédération Léo Lagrange Bénin, les politiques publiques accordent aujourd’hui une place importante aux activités destinées aux enfants et aux jeunes en dehors du cadre strictement scolaire. ‘’To Kplon Nou’’ ne se présente donc pas comme un programme concurrent de l’action publique, mais comme une initiative complémentaire. Les promoteurs souhaitent toutefois que cette complémentarité puisse progressivement se traduire par une meilleure prise en compte de l’animation des maisons de jeunes dans les politiques locales. Un premier changement est déjà observé au niveau de certaines communes. Des lignes budgétaires commencent à apparaître pour prendre en compte l’animation des maisons de jeunes. Pour la Fédération Léo Lagrange Bénin, cette évolution est essentielle pour inscrire durablement ces activités dans les politiques publiques locales.

Le projet bénéficie de l'accompagnement institutionnel de plusieurs ministères. Ces derniers sont représentés au sein d’un comité pédagogique qui accompagne la mise en œuvre du programme. Pour Théonas Moussou, cet engagement institutionnel existe, même si l’appui financier de l’État demeure encore attendu. Le responsable de la Fédération Léo Lagrange Bénin estime en effet que les discussions engagées depuis plusieurs années n’ont pas encore abouti à un financement public du projet. Il considère pourtant cette contribution comme déterminante pour rassurer les partenaires financiers et garantir la pérennité de l’initiative. L’Afd a accepté d’accompagner une deuxième phase du projet, malgré les incertitudes liées à l’engagement financier de l’État. Pour les promoteurs, cette nouvelle phase doit donc être l’occasion de consolider les acquis et de trouver les mécanismes permettant d’assurer la continuité des activités. Et les collectivités territoriales sont appelées à jouer un rôle central dans cette nouvelle étape.

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