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NUMÉRIQUE/LANGUES BÉNINOISES : 700 heures de fongbé pour l’IA : après les voix, la question des données

Culture

Et si la prochaine bataille autour des langues béninoises ne se jouait plus seulement dans les salles de classe ou les médias, mais dans les serveurs qui entraîneront l’intelligence artificielle ?

Par   Dossi Wêsinka Nonfon (Coll.), le 08 sept. 2026 à 18h08 Durée 2 min.
#IA #langue béninoise

Le projet « J’aime Ma Langue » vient de franchir une étape majeure. En quelques mois, 2 400 contributeurs répartis dans plus de 20 zones et localités du Bénin ont permis de collecter 700 heures de données audio en fongbé. Portée par l’Agence des systèmes d’information et du numérique (Asin) et l’Institute for Inclusive Digital Africa (Iidia), l’initiative ambitionne de construire des technologies capables de mieux comprendre et valoriser les langues béninoises.

Pour l’Asin, cette première phase a mobilisé plus de 5,8 millions de francs Cfa pour rémunérer les contributeurs. Le projet doit désormais entrer dans une nouvelle phase, avec l’ambition d’élargir cette dynamique à d’autres langues nationales.

L’enjeu dépasse donc la performance technologique. Une voix enregistrée n’est pas seulement un fichier audio. Elle devient une donnée exploitable pour entraîner des systèmes d’IA. Dès lors, une question mérite d’être posée : que deviennent ces données une fois collectées ?

Le Regional Digital Lab présente « J’aime Ma Langue » comme un projet destiné à construire une base vocale souveraine et indique que les données ont vocation à être rendues accessibles aux chercheurs, développeurs et porteurs de projets travaillant sur les langues africaines.

Cette ouverture peut accélérer l’innovation. Mais elle appelle aussi des réponses précises sur le consentement, les conditions de réutilisation, la gouvernance des données, leur accès et les bénéfices futurs pour les communautés qui les ont produites.

Si les Béninois donnent leur voix pour que l’IA apprenne à parler leur langue, il est toutefois question de se demander qui décide de ce que cette voix pourra permettre de faire.

La collecte est peut-être terminée. Le véritable débat, lui, ne fait que commencer.