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Réalisation de film au Bénin : obligation d’obtenir une autorisation de l’État avant tournage

Culture

Pour tourner un film ou une séquence vidéo sur le territoire béninois, il est obligatoire d’obtenir une autorisation officielle de tournage délivrée par les autorités chargées du cinéma, conformément aux textes réglementaires. La demande et les pièces exigées sont adressées à l’Agence de développement des arts et de la culture (Adac).

Par   Fortuné SOSSA (Coll.), le 21 oct. 2026 à 16h54 Durée 2 min.
#Adac

Plus question de se lever, de s’armer d’une caméra dans une localité du Bénin et de se mettre à tourner un film ou une séquence vidéo quelconque. Le filmage est désormais encadré par une procédure claire et structurée, mise en place par l’Adac, suivant les exigences de la loi n° 2026-01 du 3 février 2026 portant industrie du cinéma et de l’image animée en République du Bénin.

Toute équipe de production, locale ou internationale, est tenue de suivre un processus précis pour obtenir son autorisation. Il s’agit d’adresser une demande d’autorisation au directeur général de l’Adac, en y joignant le synopsis du film, rédigé en français, le scénario complet pour un film ou la bible pour une série, ainsi que la liste du matériel de tournage prévu.

Il est fait obligation d’y ajouter des informations sur les responsables de l’équipe de production, tels que le producteur, le réalisateur, le directeur de production, le chargé de production et le coach. En outre, il faut préciser les lieux, les dates et les durées du tournage, avec mention des sites emblématiques, si nécessaire.

Le dossier fourni doit comporter également une quittance de paiement des frais de tournage, versés sur un compte indiqué à cet effet au Trésor public, selon le type de film et le statut du requérant. Un réalisateur béninois qui veut tourner un court métrage verse 10 000 FCFA au Trésor, 20 000 FCFA s’il s’agit d’un long métrage et 50 000 FCFA pour une série. Par contre, pour un réalisateur africain, les montants sont les suivants : 25 000 FCFA pour un court métrage, 50 000 FCFA pour un long métrage et 100 000 FCFA pour une série. Ces montants sont un peu plus élevés pour les requérants non africains : 50 000 FCFA pour un court métrage, 100 000 FCFA pour un long métrage et 150 000 FCFA pour une série.

Bien d’autres informations sont à fournir également à l’Adac ainsi qu’à d’autres autorités compétentes du pays. Par exemple, conformément à la protection des données à caractère personnel, toute captation de personnes identifiables dans l’espace public ou privé requiert leur consentement exprès. Aussi, l’usage de drones ou le tournage dans des zones stratégiques, militaires ou des points sensibles du territoire oblige le requérant à demander et à obtenir, en complément, une autorisation de sécurité spécifique.

En outre, l’occupation de la voie publique nécessite de sa part l’obtention d’un accord de la mairie de la commune concernée. Autant de démarches qui visent à sécuriser les tournages et à protéger les droits d’auteur.