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Retour aux sources : le long périple de la famille Jah de la Guadeloupe au Bénin

Culture
le long périple de la famille Jah de la Guadeloupe au Bénin le long périple de la famille Jah de la Guadeloupe au Bénin

Déportée de sa terre ancestrale sans espoir d’y remettre un jour les pieds, la famille Jah a regagné l’Afrique, et plus précisément le Bénin, en 1997. Au cours d’un entretien, le père Jah nous a retracé l’histoire et le parcours de ce retour au pays.

Par   Christelle DJOMAMOU (Coll.), le 14 août 2026 à 07h59 Durée 3 min.
#Retour aux sources #famille Jah

« Nous avons passé 15 jours au Bénin, et on nous a remis une terre. Cela se passait à Madécali », lance le père Jah. A l’en croire, pionnier du retour des Afrodescendants sur la terre de leurs ancêtres, la famille Jah a posé pour la première fois ses valises au Bénin en 1996, dans le nord du pays. Par la suite, ils sont retournés en Guadeloupe chercher leurs affaires afin d’effectuer leur grand retour en Afrique, au Bénin, en 1997, à Ahozon, sur une terre qui leur avait été octroyée par le gouvernement béninois.

Au fil des années, la montée des eaux du lac Ahozon a entraîné des difficultés. « Nous vivons en temps prophétique », explique le père Jah. À la suite de cet incident, ils ont migré vers Allada, dans le quartier d’Agléta, sur une terre que la mère Jah avait achetée à l’avance pour les enfants, afin qu’ils puissent poursuivre la mission commencée.

Le choix d’Allada n’est pas anodin. « Nous avons une histoire particulière avec cette ville, dans la mesure où Haïti entretient une mémoire singulière avec Allada du Dahomey », précise le père Jah. Selon lui, Allada et Haïti sont unies par des liens profonds.

 

Des difficultés

 

Ayant quitté la terre de leurs ancêtres il y a plusieurs siècles et à travers plusieurs générations, « nous avons pris des années pour préparer notre retour au Bénin », affirme le père Jah. Il avait compris qu’il ne fallait pas débarquer dans la précipitation. Une fois au Bénin, les principales difficultés rencontrées ont été d’ordre alimentaire. « Nous ne consommons que des produits locaux, 100 % bio. Mais ici, nous avons été confrontés à la réalité du marché béninois, où les engrais chimiques entrent en ligne de compte dans les cultures maraîchères et vivrières », confie le père Jah. Une situation qui a quelque peu affecté leur santé. Vivant auparavant en totale autarcie, dans les montagnes, au contact de la nature et de territoires non souillés, ce retour aux sources a été quelque peu compliqué. Toutefois, avec le temps, ils s’y sont habitués. Le père Jah affirme n’avoir rien perdu dans ce processus. Au contraire, sa famille et lui y ont beaucoup gagné, avec des résultats très satisfaisants.