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Vodun Days 2026 à Ouidah: Zomadonou, la divinité suprême du bien et du pardon

Culture
Dah Semassoussi Toyemin Dah Semassoussi Toyemin

Divinité centrale érigée à la place Ninsouxwé, nouvel espace de tradition vodun ouvert lors des Vodun Days 2026, Zomadonou incarne une spiritualité fondée sur le bien, la paix et la miséricorde. A travers les propos de son chef de culte, Dah Semassoussi Toyemin, se dévoile l’essence d’une divinité majeure du panthéon vodun, profondément liée à l’histoire royale du Bénin.  

Par   Arnaud DOUMANHOUN, le 14 janv. 2026 à 09h19 Durée 3 min.
#Vodun days 2026 #ouidah

Au-delà des rites et symboles, Zomadonou s’impose comme une divinité protectrice et bienveillante, dont l’autorité spirituelle et la capacité de pardon fondent son caractère suprême dans l’univers vodun.

 Zomadonou est une divinité d’origine royale, héritée des grandes lignées du royaume du Danxomè. Descendante du roi Akaba, elle a été transférée à Ouidah sous le règne du roi Guézo, à une période charnière de l’histoire du royaume. Selon Dah Semassoussi Toyemin, premier chef de la divinité Zomadonou, issu de la lignée du roi Glèlè, cette divinité a accompagné spirituellement le souverain dans ses décisions et dans l’organisation du pouvoir. Le roi Guézo, qui entretenait des relations avec les étrangers dans un contexte de commerce et d’esclavage, bénéficiait de la protection et de l’assistance spirituelle de Zomadonou. En signe de reconnaissance, il fit ériger un temple afin de rapprocher la divinité du pouvoir royal et de faciliter les rites. C’est cette continuité historique qui explique la présence de Zomadonou à Ouidah et son installation à la place Ninsouxwé, espace désormais consacré aux grandes expressions du vodun.

A la place Ninsouxwé, plusieurs divinités cohabitent, mais toutes ne sont pas du  même rang. Zomadonou y occupe une position suprême. Autour d’elle, gravitent des divinités dites «filles », issues des rois et des lignées royales, notamment les Tohossou. Cette hiérarchisation est fondamentale: si chaque roi peut engendrer une divinité, toutes ne possèdent pas la même autorité spirituelle. Zomadonou demeure la source et l’autorité centrale.

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Espérance et bonheur

Zomadonou est une divinité qui fait le bien. Elle est liée à l’eau, à la mer et aux forces vitales qui assurent la continuité de la vie. Ceux qui s’adressent à elle pour des intentions nobles, (paix, prospérité, fécondité, réussite sociale, stabilité), trouvent en elle un soutien spirituel. Son nom, qui signifie littéralement que nul ne peut mettre le feu à la bouche sans se brûler, rappelle la puissance de la parole et la nécessité de la vérité.

Sa particularité réside dans le pardon. Contrairement à certaines divinités réputées intransigeantes, Zomadonou ne détruit pas. Elle corrige, sauve et accueille. Même lorsqu’un adepte transgresse un interdit, la reconnaissance sincère de la faute ouvre la voie à la clémence. Le mensonge, la mauvaise intention ou la rupture des règles sacrées peuvent entraîner une sanction, mais l’aveu et la repentance ramènent toujours à la paix.

Zomadonou incarne ainsi une spiritualité de l’équilibre, de l’espérance et du bonheur. Elle ne prospère pas dans le désordre, mais dans l’harmonie entre l’homme, la nature et le sacré.

A la place Ninsouxwé, sa révélation au grand public lors des Vodun Days 2026 a permis de mieux comprendre cette dimension profondément humaniste du vodun.

Il faut rappeler qu’à Abomey, cœur historique du royaume du Danxomè, le panthéon vodun s’est structuré autour des rois et de leurs divinités protectrices. Des divinités majeures comme Hèviosso (le tonnerre), Sakpata (la terre), Dan (le serpent), Gu (le fer et la guerre) ou encore les Tohossou, enfants royaux sacrés, constituent l’ossature de cette théologie. Zomadonou s’inscrit dans cet héritage comme une divinité suprême qui rappelle que le vodun, au-delà des rites, est une philosophie de paix, de responsabilité et de cohésion sociale.

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