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Vodun Days: Les Zangbéto illuminent le Fort français de Ouidah

Culture
Les gardiens de la nuit en pleine parade Les gardiens de la nuit en pleine parade

Au Fort français de Ouidah, les Vodun Days édition 2026 ont officiellement pris leur envol sous le signe de la ferveur, de la tradition et du mystère. Pour inaugurer la scène, les masques sacrés Zangbéto ont offert un spectacle saisissant, captivant des centaines de touristes et de festivaliers venus vivre, au plus près, l’âme profonde des cultes endogènes du Bénin.

Par   Arnaud DOUMANHOUN, le 12 janv. 2026 à 08h52 Durée 3 min.
#Vodun days 2026

Dès les premières heures de la journée, le Fort français de Ouidah s’est transformé en un vaste théâtre à ciel ouvert. Malgré un soleil de plomb, la foule s’est massée autour de l’arène, debout ou assise, éventails en main pour certains, mais animée d’une même volonté, ne rien manquer de ce moment rare. Les Vodun Days 2026 démarraient, et avec eux, l’entrée en scène majestueuse des Zangbéto, gardiens de la nuit et symboles puissants de la spiritualité vodun.

Au total, 18 masques Zangbéto, venus de plusieurs localités emblématiques, ont pris part à cette cérémonie inaugurale. Sahouè notamment Doutou-Agoué centre, Awlimin et Midonon, Seyigbé (Ouidah), Djindji, Awandjigô, Dégoué et Djakakô étaient représentés. Ensemble, ces masques ont livré un spectacle digne des grands jours, mêlant chorégraphies millimétrées, défilés rituels. Au rythme soutenu des tam-tams et des chants traditionnels, les Zangbéto ont défilé, tournoyant sur eux-mêmes, soulevant la poussière et l’admiration. Chaque mouvement semblait chargé de sens, chaque pas rappelant un héritage ancestral transmis de génération en génération. Les battements de tambours, tantôt graves, tantôt frénétiques, plongeaient l’assistance dans une atmosphère à la fois solennelle et envoûtante.

Pour les dignitaires des cultes endogènes, cette sortie des Zangbéto dépasse largement le cadre du spectacle. « Le Zangbéto, pour moi et pour nos aïeux, c’est la protection divine, la sécurité. C’est aussi un médiateur», explique Darius Yebe, président des cultes endogènes de Seyigbé (Ouidah). Insistant sur la dimension spirituelle de ces masques sacrés, il précise:

« Ici, au Fort français, nous avons des danses de toutes sortes. Mais dans l’arène vodun, nous ferons des miracles, des choses mystérieuses. Parce que le Zangbéto est un mystère. »

Au niveau des spectateurs, l’émotion était palpable, notamment chez les membres de la diaspora venus spécialement pour l’événement. Axel Serrat Agboton, originaire de Barcelone mais de mère béninoise, n’a pas caché son enthousiasme. « C’est très intéressant. C’est une connexion avec nos ancêtres. Nous sommes contents d’être ici et de suivre cela. C’est quelque chose de très profond pour nous », confie-t-il, visiblement touché par la puissance symbolique du rituel.

Son frère partage le même sentiment, soulignant l’évolution observée au fil des années. « Je vis aussi à Barcelone. Moi, ça fait dix ans que je suis venu. Et c’est très intéressant parce que nous avons vu l’évolution et le respect pour la culture traditionnelle. En plus, je suis venu avec ma fille. Elle est petite et comme ça, elle commence à apprendre un peu de ses racines, non pas européennes mais africaines. »

Au-delà de la performance artistique, cette sortie des Zangbéto au Fort français illustre l’ambition des Vodun Days de valoriser les cultes endogènes, renforcer la transmission intergénérationnelle et positionner Ouidah comme un haut lieu du tourisme culturel et spirituel.

Avec ce spectacle inaugural du Fort français de Ouidah, les Vodun Days ont rappelé que le vodun n’est pas seulement un héritage du passé, mais une tradition vivante, vibrante, capable de rassembler peuples, cultures et générations autour d’un même mystère.