La Nation Bénin...
Frais contestés, virement non exécuté,
compte bloqué sans explication : un litige avec sa banque ne signifie pas qu'il
faut immédiatement saisir un tribunal. Plusieurs recours existent avant d'en
arriver là.
Face à un désaccord avec sa banque,
beaucoup de clients pensent qu'il ne reste que deux options : se résigner ou
aller au tribunal. Il existe pourtant plusieurs étapes intermédiaires, prévues
par la réglementation, qui permettent souvent de régler le problème avant d'en
arriver là.
Faire un recours auprès de la banque
La première démarche à effectuer est
d’écrire à sa banque. Que ce soit au guichet, par courrier ou via les canaux
qu'elle met à disposition, chaque établissement est tenu de disposer d'un
dispositif de réclamation clair et accessible.
Concrètement, la banque doit accuser
réception de la demande et y répondre dans un délai maximal d'un mois, selon la
circulaire de la Commission bancaire de l'Union monétaire ouest-africaine
(Umoa) qui encadre ce traitement. Le plus intéressant, c’est qu’aucun frais ne
peut être facturé pour l'examen d'une réclamation.
Il est important de garder des preuves de
toutes les transactions. La copie de la réclamation, le récépissé, les relevés
de compte, les reçus et les messages échangés sont autant de preuves à
conserver. Ils feront la différence si le dossier doit aller plus loin.
Faire recours à la médiation de l’Oqsf
Si la réponse de la banque ne convient pas
ou si elle tarde trop, il n'est pas nécessaire de passer directement par un
avocat. Un dispositif de médiation existe pour chercher une solution amiable,
sans frais pour le client.
Au Bénin, c'est l'Observatoire de la
qualité des services financiers (Oqsf) qui s'en charge. La plainte peut être
déposée directement en ligne, par téléphone, par e-mail ou encore sur place, à
Cotonou.
Faire recours à la Commission bancaire de
l’Umoa
Peu de clients le savent, mais il est
aussi possible de saisir directement la Commission bancaire de l'Umoa, à
condition d'avoir d'abord tenté la réclamation auprès de sa banque. Elle
dispose de 60 jours, une fois le dossier complet reçu, pour l'instruire. Si
elle constate que la banque n'a pas respecté ses obligations, elle peut lui
demander de corriger la situation.
Si rien de tout cela ne suffit, il reste
la voie judiciaire. Mais dans la grande majorité des cas, une réclamation bien
écrite et bien documentée, suivie au bon endroit, permet d'éviter d'en arriver
là.