La Nation Bénin...
Le bureau d’information sur le crédit de l’Uemoa a organisé, pour la première fois à Cotonou, « le café des données du Bic Uemoa ». C’est une rencontre qui vise à former les fournisseurs sur les outils d’amélioration de la qualité des données. Le projet Bic s'inscrit dans une initiative régionale portée par la Bceao et ayant pour objectif de renforcer la stabilité du système financier, améliorer l'évaluation du risque de crédit, prévenir le surendettement et favoriser une inclusion financière durable.
Le café des données du Bic Uemoa, initié par Creditinfo West Africa, opérateur du Bureau d'information sur le crédit (Bic) dans l'espace Uemoa, est un cadre périodique de dialogue, de formation et de partage d'expériences entre les principaux producteurs de données de crédit. Pour Eunick Odjo, Directeur Pays de Creditinfo West Africa au Bénin, la tenue de cette première édition à Cotonou, jeudi 23 juillet dernier, traduit la volonté de rapprocher davantage le Bic de ses partenaires afin de renforcer l'efficacité du système d'information sur le crédit.
L’édition de Cotonou a porté sur la qualité des données, un outil essentiel selon Elias Sina, conseiller technique du ministre des Finances aux réformes. Pour lui, les données constituent de nos jours un levier essentiel à la décision, surtout dans le contexte béninois marqué par des réformes, et par l’ambition du président de la République de réduire à 48 heures le délai de réception et de traitement des demandes de crédit. Elias Sina conclut que l’atteinte de ce délai record nécessite entre autres la naissance d’une plateforme inclusive capable de livrer quasiinstantanément le rapport de solvabilité des clients.
Même conviction du côté de Olivier Gliti, directeur commercial de Creditinfo West Africa, représentant le directeur général. En ouvrant les travaux, il a insisté sur la nécessité d'une mobilisation de l'ensemble des acteurs du secteur financier pour améliorer en permanence la qualité et le partage des informations sur le crédit. Il a rappelé que depuis sa création en 2016, le Bic-Uemoa œuvre à instaurer un climat de confiance entre les acteurs du crédit grâce à une meilleure circulation de l'information.
Les échanges ont globalement porté sur le rôle du Bic dans les pays de l’Uemoa, les difficultés liées au traitement des données, le respect des délais de transmission, la gestion des réclamations des clients, l’actualisation des contrats ou encore la maîtrise du dictionnaire des données, les solutions innovatrices du Bic au profit des établissements de crédit. Au fil des échanges, les participants ont abordé sans détour les réalités du terrain. Ils ont croisé témoignages, expériences, et bonnes pratiques dans une atmosphère participative.
Au terme des travaux, le Bic –Uemoa attend d’eux une amélioration de la qualité de leurs données, une meilleure compréhension de l’impact de chaque donnée dans l’appréciation du risque crédit, une maîtrise du processus de déclarations des données et le respect du délai de mise à jour.
Il est important de noter que, le Bic est présent dans les 8 pays de l’Uemoa (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo). Avec plus de 321 fournisseurs de données, c’est environ 48 millions de contrats enregistrés et plus de 20 millions d’emprunteurs actifs dans tout l’espace Uemoa.
Au Bénin, cette dynamique est également très encourageante. À ce jour, le Bic compte près de 5 millions de contrats enregistrés, concernant 551 203 emprunteurs, dont 291 497 emprunteurs actifs, soit un taux d'activité de 52,88 %. Ces informations sont alimentées par 59 fournisseurs de données, représentant les banques, établissements financiers, systèmes financiers décentralisés et grands facturiers.
Mobiliser l'ensemble des acteurs du secteur financier pour améliorer en permanence la qualité et le partage des informations sur le crédit