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Blanchiment de capitaux et financement du terrorisme: Une nouvelle cartographie des risques dévoilée

Economie
Nicolas Yènoussi, ministre en charge des Finances  et de la Microfinance Nicolas Yènoussi, ministre en charge des Finances et de la Microfinance

Le nouveau rapport sur l’évaluation nationale des risques de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme a fait l’objet, ce jeudi 10 septembre à Cotonou, d’un atelier national de diffusion des résultats. Il montre une amélioration du profil global de risque au Bénin et constitue une nouvelle référence dans le dispositif de lutte contre les flux illicites.

Par   Claude Urbain PLAGBETO, le 11 sept. 2026 à 11h33 Durée 3 min.
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Le Bénin dispose d’un nouveau document de référence en matière d’identification, d’évaluation et de compréhension des risques liés aux flux illicites. Il s’agit du rapport de la deuxième Évaluation nationale des risques (Enr), après celle de 2018, réalisée avec l’appui de la Coopération allemande (Giz) à travers le Projet Réforme cofinancé par l’Union européenne. Il fait ressortir une évolution différenciée des risques de blanchiment de capitaux, de financement du terrorisme et de financement de la prolifération des armes de destruction massive (Bc/Ft/Fp).

La comparaison avec les résultats de 2018 montre notamment une amélioration du profil global de risque lié au blanchiment de capitaux, mais une évolution préoccupante de la menace liée au financement du terrorisme et, pour la première fois, une appréciation moyenne du risque de financement de la prolifération.

Tout en se réjouissant des progrès accomplis, Nicolas Yènoussi, ministre en charge des Finances et de la Microfinance, signale des vulnérabilités qui obligent les acteurs à ne pas relâcher les efforts. Celles-ci sont liées notamment à l’utilisation des espèces, à la prépondérance du secteur informel et aux flux transfrontaliers. Les risques liés à la qualité des données, à la transparence et à l’effectivité des contrôles et des sanctions doivent également continuer de retenir l’attention des parties prenantes, ajoute-t-il. Pour ce faire, le ministre exhorte à faire de la Stratégie nationale de Lbc/Ft/Fp 2026-2030 et du plan d’actions issus de l’Enr de véritables instruments de pilotage.

Maintenir les efforts

Rike Sohn, cheffe de la Coopération de l’Ambassade d’Allemagne près le Bénin, salue l’aboutissement et la qualité de cette mise à jour de l’évaluation nationale. Avant de réitérer la disponibilité des partenaires techniques et financiers (Ptf) à continuer à appuyer le dispositif national, elle a souligné que la Lbc/Ft/Fp n’est pas seulement une exigence de conformité technique face aux standards de stabilité financière, mais un enjeu de développement à part entière. Mme Sohn précise que les flux financiers illicites privent les États des ressources nécessaires au financement des services publics, faussent la concurrence économique et fragilisent la confiance des investisseurs et des partenaires internationaux.

Un panel consacré aux enseignements et actions à mener a mis l’accent sur le renforcement des capacités des acteurs, la surveillance et les contrôles fondés sur les risques, l’application effective des sanctions lorsqu’elles sont nécessaires et un suivi rigoureux des mesures correctrices. Les acteurs insistent aussi sur le partage des informations entre les administrations et une utilisation efficace des technologies pour la traçabilité des transactions.

Chaque organisation professionnelle, qu’il s’agisse des banques, des institutions de microfinance, des compagnies d’assurances ou encore des professions non financières comme les notaires, les avocats et les agents immobiliers, est appelée à actualiser sa cartographie des risques, à renforcer ses procédures et à améliorer la qualité de ses déclarations. Cette mobilisation s’inscrit dans la perspective de la prochaine évaluation mutuelle du Bénin par le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (Giaba) en 2028.

Le ministre Yènoussi rappelle à cet effet que la prévention du blanchiment et du financement du terrorisme doit devenir une culture partagée, afin d'amener l’économie nationale à grandir sans permettre aux risques de grandir avec elle.


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Les coulisses d’un long travail de fond

La nouvelle cartographie des risques est le point d’orgue d’un processus rigoureux entamé en 2022 sous l’égide du Comité national de coordination des activités de lutte en la matière (Cnca-Lbc/Ft/Fp). Comme le rappelle Abdou Rafiou Bello, président de la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif), ce chantier d’envergure nationale s’est déployé en trois grandes étapes successives.

La première phase étalée de 2022 à 2024 a permis de réaliser des évaluations sectorielles approfondies sur les segments les plus sensibles de l’économie, à savoir l’immobilier, le financement du terrorisme, les organismes à but non lucratif, les personnes morales ainsi que les actifs virtuels.

De décembre 2024 à juin 2025, les équipes techniques sont passées à l’étape supérieure de l’organisation technique, marquée par la collecte de données fraîches, l’harmonisation des notations sectorielles et la consolidation globale de la cartographie.

Enfin, de juillet 2025 à février 2026, la phase de validation institutionnelle a définitivement scellé le rapport grâce à une démarche itérative associant toutes les parties prenantes, garantissant un ancrage optimal dans les réalités béninoises. L’atelier national de dissémination vient clore avec succès ce long processus.

 

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