La Nation Bénin...
Un atelier de cinq jours s’est ouvert ce lundi 12 octobre à Cotonou pour renforcer la maîtrise des procédures de passation des marchés financés par la Banque ouest-africaine de développement (Boad). Au programme : dossiers types, délégation de certains marchés aux États, supervision et prévention de la fraude et de la corruption.
La maîtrise des procédures de passation des marchés constitue un enjeu important pour l’exécution des projets de développement. C’est dans cette perspective que la Banque ouest-africaine de développement (Boad) organise, du 12 au 16 octobre 2026 à Cotonou, un atelier de formation consacré à ses nouvelles procédures, au profit des acteurs béninois de la commande publique intervenant dans les projets qu’elle finance.
L’objectif est de permettre aux participants, notamment les chefs de projets et les membres des unités de coordination, de se familiariser avec ces nouveaux outils en vue d’améliorer les taux de décaissement, a souligné Sandra Amichia, cheffe de la Mission résidente de la Boad au Bénin, à l’ouverture des travaux. Le lien entre la passation des marchés et la performance des projets est étroit, a-t-elle insisté.
Parmi les modules au menu figurent les nouvelles modalités de supervision des marchés par la Banque, ainsi que la réforme introduite en octobre 2025, qui prévoit de déléguer aux États la passation de certains marchés financés par la Boad selon leurs propres procédures. Selon Alexis Kiema, responsable de l’Unité de passation des marchés de la Banque et animateur principal de la formation, près de 50 % des marchés devraient être ainsi délégués.
La formation porte également sur les dossiers types d’appel d’offres élaborés par la Banque pour permettre aux emprunteurs et aux unités de gestion des projets de préparer plus rapidement leurs dossiers. Les participants étudieront notamment les documents communs aux marchés de travaux, de services et de fournitures, ainsi que les spécificités de chaque catégorie.
L’efficacité des investissements en ligne de mire
Représentant le ministre délégué chargé de la Mobilisation des ressources extérieures et de la Gestion de la dette, Bernard Wannou, directeur général du Suivi et de l’Évaluation des projets, a indiqué que la performance d’un projet ne se mesure pas uniquement à la mobilisation des financements. Elle dépend surtout, selon lui, de la capacité à transformer ces ressources en réalisations concrètes, dans les délais prévus et au bénéfice des populations. Il a qualifié la passation des marchés de maillon essentiel de la chaîne d’exécution des projets.
Pour Roukayath Chabi Toko, participante à l’atelier, la maîtrise de ces procédures permettra de gagner du temps dans la passation des marchés et d’accélérer la mise en œuvre des projets.
Ismaël G. Amadou, coordinateur de projet et également participant, estime que l’appropriation des nouvelles procédures par les équipes permettra d’améliorer la qualité des dossiers soumis à la Banque. À ses yeux, le décaissement constitue un indicateur de la performance d’un projet, tandis que la passation des marchés intervient en amont.
Les travaux, qui s’achèvent le vendredi 16 octobre, comprennent également un volet consacré aux politiques et procédures de la Banque en matière de prévention et de lutte contre la fraude et la corruption dans les projets qu’elle finance.