La Nation Bénin...
Les indicateurs de juin-juillet font ressortir une évolution contrastée de l’activité économique au Bénin. Le secteur des bâtiments et travaux publics bénéficie d’une appréciation très favorable des chefs d’entreprise, tandis que les services marchands non financiers accusent un net repli. Le coût du crédit bancaire affiche, de son côté, une évolution plus modérée.
Le Bénin se distingue dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) par les appréciations favorables portées sur son secteur des bâtiments et travaux publics (Btp). L’enquête menée en juin auprès des chefs d’entreprise fait ressortir un écart de 26,3 points entre l’indice d’activité du secteur et sa moyenne de long terme. Il s’agit du niveau le plus élevé parmi les pays de l’Union, devant le Sénégal (+23,0 points) et le Burkina (+15,3 points), selon la Note de conjoncture économique dans les pays de l’Uemoa – Août 2026 de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (Bceao).
Cet indicateur traduit une appréciation favorable de l’activité par rapport à son niveau habituel. Il ne correspond toutefois pas à un taux de croissance de la production. À l’échelle de l’Union, l’écart de l’indice d’activité des Btp par rapport à sa moyenne de long terme reste positif, à 4,3 points en juin, contre 4,4 points en mai, où l’indice s’établissait à 104,4. L’indicateur est positif dans cinq pays dont le Bénin, alors que le Mali, le Niger et le Togo enregistrent des écarts négatifs.
Ce constat contraste avec l’évolution des services marchands non financiers, dont le chiffre d’affaires se contracte au Bénin. En juin, il recule de 14,5 % par rapport au mois précédent, après une baisse de 8,4 % en mai. En glissement annuel, le repli atteint 4,4 %, alors que cet indicateur avait progressé de 0,2 % en mai. Seule la Guinée-Bissau affiche une baisse annuelle plus prononcée de 52,1 %.
Les données des deux années précédentes font également apparaître des reculs en juin : 11,6 % en 2024 et 10,5 % en 2025. Ces baisses successives peuvent évoquer un effet saisonnier, sans suffire à le confirmer. Le repli de juin intervient aussi après une nouvelle contraction mensuelle en mai et s’accompagne d’une baisse sur un an.
Les services financiers résistent
À la différence des services non financiers, les services financiers conservent une évolution positive sur un an. Leur chiffre d’affaires augmente de 14,1 % en juin 2026, après une progression de 14,6 % en mai. D’un mois à l’autre, il diminue toutefois légèrement de 0,1 %, comme le mois précédent.
La hausse annuelle enregistrée au Bénin est la deuxième plus faible de l’Union, la seule plus basse étant celle de la Guinée-Bissau (+11,3 %). Le Burkina affiche une progression de 15,8 %, suivi du Mali (+15,2 %). La Côte d’Ivoire et le Sénégal enregistrent chacun une hausse de 14,9 %.
Sur le marché du crédit, les taux bancaires reculent également. En juin, le taux débiteur moyen appliqué à la clientèle diminue de 13 points de base au Bénin par rapport au mois précédent. La rémunération des dépôts baisse, pour sa part, de 18 points de base. À l’échelle de l’Uemoa, le taux débiteur moyen, hors charges et taxes, ressort à 6,66 %, contre 6,67 % en mai et 6,70 % un an auparavant. Le taux créditeur moyen des dépôts s’établit à 5,12 %, après 5,36 % en mai.
Le Bénin figure parmi les pays où le coût moyen du crédit a diminué en juin, aux côtés de la Guinée-Bissau, du Niger et de la Côte d’Ivoire.
Au total, les indicateurs de juin 2026 montrent des trajectoires différentes au sein de l’économie béninoise, mais ils ne permettent pas de mesurer la croissance globale de l’économie béninoise.
L’écart de l’indice d’activité des Btp par rapport à sa moyenne de long terme reste positif