La Nation Bénin...
Le FMI prévoit 7 % de croissance au Bénin, mais cela ne garantit pas une hausse des revenus des familles.
Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une croissance de 7 % au Bénin en 2026. Un chiffre flatteur, mais qui parle peu à un commerçant de Cotonou, à un artisan de Djidja ou à un agriculteur de Pénéssoulou. Leur préoccupation est de savoir s’il permet de mieux vivre.
Ce que mesure vraiment le PIB
Pour y répondre, il faut savoir que le produit intérieur brut (PIB) mesure la valeur des biens et services produits. Une hausse de 7 % signifie que l’économie produit davantage, pas que chaque ménage gagne 7 % de plus. Cette richesse doit passer par les emplois, les salaires et les revenus indépendants.
Le chiffre global se dilue d’ailleurs avec la population, qui augmente d’environ 2,4 % par an. Rapportée à chaque habitant, une croissance de 7 % représente plutôt une hausse proche de 4,5 %.
La pauvreté recule, mais lentement
Ces nuances se retrouvent dans les statistiques. L’Institut national de la statistique et de la démographie situait la pauvreté à 36,2 % en 2021-2022, au seuil national. La Banque mondiale estime que la pauvreté est passée de 41,1 % en 2024 à 39,4 % en 2025 et pourrait atteindre 34,5 % en 2028. Ces seuils diffèrent, mais la baisse attendue reste graduelle.
L’emploi, maillon décisif
Tout dépend alors de l’emploi, qui relie la croissance aux revenus. Or, plus de 90 % de la main-d’œuvre travaille dans l’informel, où les revenus sont souvent irréguliers. Chantiers publics et zones industrielles créent des activités, mais leur effet sur les familles dépend du nombre d’emplois accessibles et de leur rémunération.
Le coût de la vie, dernier test
Reste ce que le revenu permet d’acheter. Le FMI prévoit une inflation inférieure à 1 % en 2026, un atout pour le pouvoir d’achat. Certains prix pèsent pourtant lourd. Pour un ménage qui roule chaque jour, le carburant compte, et l’essence est passée à 750 FCFA le litre le 8 octobre. Le loyer et les produits vivriers restent toujours aussi chers dans les grandes villes.
Au bout du compte, les 7 % annoncés ne disent pas si les Béninois vivent mieux. Il faudra observer l’évolution des revenus, la stabilité des emplois et le poids des dépenses essentielles.