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Croissance durable au Bénin: L’agriculture au cœur de la performance économique

Economie
Le secteur agricole s’impose comme l’un des principaux moteurs de la croissance économique nationale Le secteur agricole s’impose comme l’un des principaux moteurs de la croissance économique nationale

A fin 2025, l’agriculture demeure un pilier central de la résilience économique nationale. Soutenu par des réformes structurelles, des investissements ciblés et une volonté affirmée de transformation durable, le secteur continue de jouer un rôle central dans la dynamique économique globale.

Par   Claude Urbain PLAGBETO, le 13 janv. 2026 à 08h57 Durée 3 min.
#Agriculture

Dans un contexte économique marqué par la stabilité macroéconomique et la poursuite des investissements publics, l’économie nationale devrait maintenir un taux de croissance de 7,5 % en 2025, identique à celui enregistré en 2024, selon les projections de la Direction générale de l’économie (Dge). Cette performance repose en grande partie sur le secteur agricole, dont les réformes en cours et les gains de productivité attendus constituent un levier essentiel de la croissance, de la création de valeur et de la sécurité alimentaire.

En 2025, la croissance du secteur primaire est projetée à 5,5 %, contre 5,9 % en 2024. Ce léger repli n’altère pas la dynamique globale du secteur, qui continue de bénéficier des effets cumulés des politiques publiques mises en œuvre ces dernières années. Le renforcement de l’encadrement des producteurs, la mise à disposition à bonne date et en quantité suffisante des intrants coton et vivriers, ainsi que l’amélioration de l’accès aux financements agricoles à travers l’opérationnalisation du Fonds national de développement agricole (Fnda) constituent les principaux déterminants de cette performance, souligne la Note de conjoncture économique du troisième trimestre 2025 publiée par la Dge.

Dynamique maintenue

Sur la période 2021-2025, le secteur primaire affiche une progression régulière, avec des taux de croissance compris entre 4,8 % et 5,9 %, avant une prévision de 5,5 % en 2025. Dans le même temps, la croissance globale du produit intérieur brut (Pib) se maintiendrait à 7,5 %, confirmant la place stratégique de l’agriculture dans la trajectoire de développement économique.

La stratégie agricole repose notamment sur la création et la montée en régime de sociétés publiques spécialisées destinées à renforcer l’ensemble de la chaîne de valeur, de la production à la commercialisation. La Société béninoise des aménagements agricoles (Sobaa) vise à faciliter un accès durable à l’eau pour les producteurs, condition essentielle à la sécurisation des rendements. La Société de développement des semences et plants (Sodesep) ambitionne d’améliorer l’accès à des semences certifiées et hybrides à coût réduit, tandis que la Société nationale de mécanisation agricole (Sonama) entend optimiser les facteurs de production grâce à la mécanisation.

Ces instruments institutionnels devraient contribuer à accroître la productivité, à réduire la vulnérabilité climatique et à renforcer la compétitivité du secteur agricole.

Le coton comme levier

Pilier historique de l’économie agricole, la filière coton devrait enregistrer une performance notable en 2025. La production est attendue à 644 973,5 tonnes, soit une progression de 7,5 % par rapport à la campagne précédente, selon les données de l’Association interprofessionnelle du coton (Aic).

Cette hausse repose principalement sur l’amélioration attendue des rendements qui passeraient de 1 234,2 kg par hectare en 2024 à 1 300 kg par hectare pour la campagne 2025-2026. Cette évolution est attribuée à la poursuite de la production de variétés adaptées aux zones agro-climatiques, au renforcement de l’accompagnement technique différencié des producteurs, ainsi qu’à une meilleure diffusion des bonnes pratiques agricoles grâce à l’implication accrue des producteurs modèles.

Au-delà de sa contribution directe à la croissance, l’agriculture exerce un effet d’entraînement significatif sur les autres secteurs de l’économie. Le dynamisme du secteur primaire soutient l’activité industrielle, notamment dans les branches de transformation agroalimentaire, et alimente la croissance du secteur tertiaire à travers le commerce, le transport et les services logistiques.

Dans un contexte de bonne production agricole attendue, la maîtrise de l’inflation demeure un autre effet positif du secteur. Le taux d’inflation est projeté autour de 1,3 % en 2025, en dessous de la norme communautaire de 3 % de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), traduisant l’impact favorable de l’offre agricole sur les prix des produits de consommation.