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Le document de politique nationale de financement du développement 2024-2033 met l’accent sur l’amélioration de la gestion des dépenses publiques au Bénin, à travers des réformes budgétaires, la transparence et une meilleure efficacité de l’investissement public. L’objectif est d’optimiser l’utilisation des ressources afin de financer durablement le développement économique et social du pays.
La gestion des dépenses publiques constitue l’un des piliers de la stratégie de financement du développement au Bénin. Le document de politique nationale de financement du développement 2024-2033, souligne que l’amélioration de l’efficacité et de la transparence des dépenses publiques peut produire les mêmes effets que la mobilisation de nouvelles ressources financières. Ainsi, une gestion plus rigoureuse et plus efficiente des fonds publics permettrait à l’État de fournir davantage de biens et de services publics avec un volume de ressources identique. Cette approche vise à accroître l’espace budgétaire du pays et à soutenir la mise en œuvre des politiques publiques. Dans la zone de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), où la politique monétaire est commune à l’ensemble des États membres, la politique budgétaire demeure le principal instrument dont dispose le gouvernement au Bénin pour répondre aux chocs économiques. Le document stratégique souligne que cette politique budgétaire s’appuie notamment sur la réforme du système de gestion des finances publiques, avec l’introduction du budget-programme. Conformément à la loi organique du 27 septembre 2013 relative aux lois de finances, ce mode de gestion est entré pleinement en vigueur le 1er janvier 2022. Il vise à renforcer la cohérence entre les priorités de développement et l’allocation des ressources publiques. Contrairement à l’ancien système centré sur les moyens, le budget-programme met l’accent sur les résultats et les performances des politiques publiques. Il introduit également une logique de pluri-annualité, permettant d’inscrire les actions de l’État dans une perspective de moyen et long termes. Pour l’exercice budgétaire 2022, le budget de l’État a ainsi été structuré autour de 87 programmes budgétaires, 15 dotations, 279 actions ou sous-programmes et 1 961 activités.
Élaboration participative du budget
Le document de politique nationale met également en avant les efforts du Bénin pour se conformer aux standards internationaux en matière de gouvernance budgétaire. Ces bonnes pratiques reposent sur plusieurs principes dont la transparence budgétaire, la reddition de comptes, la participation citoyenne et l’inclusivité dans la préparation du budget. Dans cette optique, le processus d’élaboration budgétaire inclut des consultations publiques et des conférences budgétaires communales, permettant aux acteurs locaux et aux citoyens de contribuer à la définition des priorités de dépenses. Sans oublier que le budget de l’État est soumis au contrôle, à l’examen et à son adoption par l’Assemblée nationale. Les relations financières entre l’État, les collectivités territoriales et les institutions publiques constituent également un volet important de cette gouvernance. Selon les évaluations réalisées sur la base du Code de transparence des finances publiques du Fonds monétaire international (Fmi), le Bénin affiche globalement des performances supérieures à celles de nombreux pays ayant des niveaux de revenu et des capacités institutionnelles comparables.
Malgré ces avancées, le document de politique nationale de financement du développement note plusieurs défis importants qui doivent encore être relevés afin de renforcer la transparence et l’efficacité de la gestion budgétaire. L’un des principaux points d’amélioration concerne la publication des études de faisabilité des investissements publics. Ces investissements représentaient environ 36,2 % des dépenses publiques en 2020, mais certaines études préalables ne sont pas systématiquement rendues publiques, ce qui limite la transparence du processus. Un autre défi concerne l’analyse et la gestion des risques budgétaires, notamment ceux liés à la viabilité à long terme des finances publiques, aux partenariats public-privé et aux engagements pris auprès du secteur financier. Le document souligne également l’existence d’écarts entre les prévisions budgétaires et les dépenses réellement exécutées. Sur la période 2017-2019, l’écart moyen entre les prévisions et les réalisations budgétaires représentait environ 2,2 % du produit intérieur brut (Pib).
L’investissement public
Le document identifie par ailleurs des insuffisances dans l’intégration des Objectifs de développement durable (Odd) dans la budgétisation nationale. Cette intégration nécessite un alignement plus systématique des politiques publiques sur les cibles définies au niveau international. La question de la budgétisation verte, liée aux enjeux du changement climatique, constitue également un axe de progrès pour les finances publiques au Bénin. Au-delà de la transparence, la question de l’efficacité de la dépense publique demeure centrale. Les analyses montrent que, malgré des progrès significatifs, le Bénin dispose encore d’une marge d’amélioration dans la qualité et la rentabilité de ses investissements publics. Si le stock de capital public rapporté à la richesse nationale reste relativement élevé par rapport à certains pays de l’Uemoa et de la Cedeao, la qualité des infrastructures, notamment routières, reste encore en deçà de celle observée dans plusieurs pays à faible revenu d’Afrique subsaharienne. Toutefois, les projets d’infrastructures engagés ces dernières années dans le cadre du Programme d’action du gouvernement (Pag), notamment les travaux d’asphaltage et de réhabilitation des axes routiers, contribuent progressivement à améliorer la situation. Les conclusions de l’évaluation de la gestion des investissements publics (Pima) réalisée par le Fmi en 2018 ont d’ailleurs mis en évidence la nécessité de renforcer l’efficacité de ces investissements. Pour y parvenir, le Bénin a engagé plusieurs réformes visant à améliorer la priorisation et l’exécution des projets publics. Dans cette dynamique, certains grands projets structurants sont désormais réalisés à travers des Partenariats public-privé (Ppp). Ce mécanisme permet de mobiliser des financements complémentaires et de partager les risques avec le secteur privé.