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Capital-risque en Afrique francophone: Un levier de 4,26 milliards pour booster les start-up

Economie
Cette initiative vise à renforcer l’accès au financement des start-up technologiques, stimuler la création d’emplois et accélérer la structuration des écosystèmes numériques Cette initiative vise à renforcer l’accès au financement des start-up technologiques, stimuler la création d’emplois et accélérer la structuration des écosystèmes numériques

La Banque africaine de développement investit 6,5 millions d’euros, soit environ 4,26 milliards F Cfa dans le Saviu Fund II, un fonds de capital-risque dédié aux jeunes entreprises innovantes en Afrique francophone.

 

Par   Claude Urbain PLAGBETO, le 29 avr. 2026 à 07h00 Durée 3 min.
#Banque africaine de développement (Bad)

6,5 millions d’euros, soit environ 4,26 milliards F Cfa, c’est le montant que mobilise la Banque africaine de développement (Bad) afin de soutenir la croissance des jeunes entreprises innovantes et renforcer les écosystèmes numériques en Afrique francophone de l’Ouest et du Centre. C’est à travers l’entrée au capital du Saviu Fund II, un fonds de capital-risque destiné aux start-up technologiques à fort potentiel de la région, indique la Note de synthèse du projet publiée par la Bad.

Le Saviu Fund II cible en priorité plusieurs pays considérés comme stratégiques pour l’innovation en Afrique francophone. Il s’agit notamment du Bénin, de la Côte d’Ivoire, du Sénégal, du Cameroun, du Togo, du Burkina Faso et du Mali. Le dispositif prévoit aussi des co-investissements en Afrique de l’Est pour des entreprises ayant une stratégie d’expansion vers les marchés francophones.

Administré par Saviu Partners, société basée à Maurice et agréée par la Financial Services Commission, le fonds adopte une approche sectorielle ouverte, avec une attention particulière à la fintech, l’e-commerce B2B, les logiciels, ainsi qu’aux technologies appliquées aux ressources humaines (HRTech), à la santé (HealthTech) et à l’éducation (EdTech).

L’engagement de la Bad repose sur une participation en capital encadrée : 4,5 millions d’euros sur ses ressources propres et 2 millions d’euros via le programme Boost Africa financé par la Commission européenne. Sa part ne dépassera pas 25 % du capital total, mais l’institution siègera au comité consultatif des investisseurs pour renforcer la gouvernance et la transparence.

Des impacts attendus sur les économies

Le Saviu Fund II intervient dans un contexte marqué par la difficulté persistante d’accès au financement pour les start-up africaines, en particulier dans les phases précoces de développement. L’ambition est de faciliter l’émergence d’entreprises capables de répondre à des besoins structurels en matière de services numériques et d’inclusion économique. Les investissements attendus concernent la digitalisation des services financiers, la santé à distance, l’éducation numérique et la modernisation des chaînes de valeur, tout en contribuant à la formalisation progressive de l’économie informelle grâce aux outils numériques.

Le dispositif devrait générer des emplois directs et indirects, notamment pour les jeunes et les femmes, stimuler l’innovation locale et accroître les recettes fiscales grâce à la formalisation d’activités économiques. Il devrait aussi renforcer les écosystèmes technologiques nationaux, améliorer la gouvernance des start-up et développer des compétences entrepreneuriales plus solides.

Avec le Saviu Fund II, la Bad ne se contente pas d’apporter des capitaux. Elle affirme sa volonté de structurer durablement le marché du capital-risque en Afrique francophone, en catalysant l’arrivée d’investisseurs privés et en donnant aux start-up locales les moyens de devenir des acteurs majeurs de la transformation numérique du continent.