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Lancement de la campagne agricole 2026-2027 au Bénin: Place à la compétitivité des chaînes de valeur agricole

Economie
Le ministre remettant des contrats d’objectifs à ses collaborateurs en  présence des acteurs agricoles Le ministre remettant des contrats d’objectifs à ses collaborateurs en présence des acteurs agricoles

Le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche a procédé, ce jeudi 23 avril à Komiguéa, dans la commune de N’Dali, au lancement de la campagne agricole 2026-2027 au Bénin. C’était sous le thème « Compétitivité et durabilité des systèmes de production agricole dans le contexte béninois : défis et perspectives pour la mise en place d’un système de protection sociale des acteurs des chaînes de valeur agricole ».

Par   Maurille GNASSOUNOU A/R Borgou-Alibori, le 24 avr. 2026 à 07h17 Durée 3 min.
#Campagne agricole 2025-2026

Après Dassa-Zoumè, dans le département des Collines, l’année dernière, c’est la localité de Komiguéa, commune de N’Dali, au niveau du Borgou, qui a eu l’honneur d’abriter, ce jeudi 23 avril, la cérémonie de lancement officiel de la campagne agricole 2026-2027 au Bénin. L’évènement était placé sous la présidence du ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, Gaston Dossouhoui.

« La production céréalière a connu une augmentation de près de 6 % avec particulièrement 2 130 000 tonnes pour le maïs et de 510 000 tonnes pour le riz. Les racines et tubercules ont augmenté de 4,5 % avec une production de 3 405 000 tonnes pour l’igname et 4 507 000 tonnes pour le manioc. Nos filières de rente explosent. Le soja, véritable locomotive, a bondi de plus de 28 %. L’anacarde et l’ananas confirment également leur vitalité avec des niveaux respectifs de 217 000 et 488 000 tonnes. Quant au coton, l’or blanc, la production enregistrée est d’environ 531 000 tonnes », a détaillé le ministre, s’attardant sur le bilan de la dernière campagne. Le sous-secteur élevage et pêche n’a pas été du reste. Les cultures maraichères ont connu un accroissement de plus de 19 %.

Passer à l’offensive

« Désormais, nous ne voulons plus que l’agriculture soit le maillon le plus exposé aux risques. C’est pourquoi, sur le terrain, nous avons décidé de passer à l’offensive de la dignité, assurance agricole pour tous », a annoncé le ministre. « Nous déploierons un système d’assurance indicielle innovant. L’Etat prend en charge 80 % de vos primes et en cas de sécheresse ou d’inondation, ce ne sont plus vos économies qui disparaîtront, mais c’est l’assurance qui prendra le relais pour 100 000 petits exploitants. Pour 2026-2027, ce sont 122 000 exploitants », a-t-il insisté. « Une protection sociale sera adoptée. Nous travaillons à garantir l’accès aux soins de santé et à une retraite digne pour les acteurs du monde rural », poursuit-il. Pour cette nouvelle campagne, le gouvernement met l’accent sur la disponibilité des intrants et la mécanisation avec une facilitation de l’accès aux engrais, semences subventionnées et équipements modernes, sans oublier l’entrepreneuriat agricole et la poursuite des efforts au niveau des aménagements hydro-agricoles. S’agissant de la production céréalière par exemple, l’objectif, a rassuré le ministre, c’est d’atteindre une progression de 16 %, en passant de 3 400 000 à 3 500 000 tonnes.

Pour le ministre conseiller à l’Agriculture, Sacca Kina Bio Guera et le préfet du Borgou, Djibril Mama Cissé, la présente campagne est porteuse de grands enjeux. Cela, dans la mesure où, elle intervient dans un contexte marqué par l’obligation de maintenir la dynamique ayant permis d’opérer cette révolution agricole qui a également révélé le pays. A leur suite, l’une des questions cardinales de la présente campagne restant le financement de l’activité agricole au Bénin, le directeur général du Fonds national de la microfinance (Fnm), Adéyèmi Joël Affognon, a également rassuré les acteurs des chaînes de valeur agricole. « Sur l’année 2026, le Fnm a prévu de démarrer un accompagnement financier à hauteur d’un milliard de francs Cfa, qui se structure sur toutes les étapes de la chaîne de valeur agricole, de la production à la transformation, en passant par la commercialisation. Le fonds a un microcrédit qui pourra répondre à vos besoins. Il y a également le Faar équipement avec la SoNaMA, dans le cadre de la mécanisation agricole », a-t-il précisé.  

Selon le représentant du président de la Chambre nationale d’agriculture du Bénin, Jean Kpétéré, le thème retenu pour cette campagne rappelle que produire davantage ne suffit pas, mais que l'on doit désormais produire mieux, durablement, de manière compétitive, tout en assurant la protection sociale.

Par ailleurs, des contrats d’objectifs ont été remis aux directeurs techniques, aux directeurs départementaux de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche et aux directeurs généraux des Agences territoriales de développement agricole (Atda) par le ministre. Après le tirage au sort du département devant accueillir la prochaine édition de la campagne, c’est sur le Mono que le choix s’est porté.


Les objectifs assignés à la nouvelle campagne

La présente campagne vise à assurer une progression de 16 % à la production céréalière avec 3 500 000 tonnes. Quant aux racines et tubercules, ils passeront à 9 460 000 tonnes, soit 17 % d’augmentation. Les légumineuses vont croître de 7 %, soit 1 322 000 tonnes dont 770 000 tonnes pour le soja. Concernant les cultures industrielles, le coton atteindra 700 000 tonnes, l’ananas, 500 000 tonnes et l’anacarde, 250 000 tonnes. Soit respectivement des taux d’accroissement de 20 %, 2,7 % et 12 %. La production de viande passera à un taux global de 8 %, celle des œufs, à 14 % et la production halieutique progressera de 4 %.