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Perspectives économiques mondiales: L’Ocde redoute une nouvelle poussée inflationniste

Economie

L’Organisation de coopération et de développement économiques (Ocde) avertit sur l’état de l’économie mondiale et fait des recommandations. Dans ses Perspectives économiques publiées le 3 juin 2026, l’institution anticipe un net ralentissement de la croissance mondiale sous l’effet des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, de la hausse des prix de l’énergie et du retour des pressions inflationnistes. 

Par   Arnaud DOUMANHOUN, le 08 juin 2026 à 06h34 Durée 3 min.
#Perspectives économiques #Ocde

L’économie mondiale entre dans une zone de fortes turbulences. C’est le principal constat dressé par l’Organisation de coopération et de développement économiques (Ocde) dans son rapport semestriel sur les perspectives économiques mondiales publié mercredi 3 juin. Intitulé « Under Pressure » (« Sous pression »), le document présente un tableau préoccupant d’une économie internationale confrontée à une accumulation de risques susceptibles de compromettre la reprise observée ces dernières années. Selon l’institution basée à Paris, la croissance mondiale devrait ralentir à 2,8 % en 2026 contre 3,4 % en 2025. Cette décélération est principalement attribuée aux conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient, à la volatilité persistante des marchés énergétiques et à la résurgence des   tensions inflationnistes dans plusieurs grandes économies. Pour l’Ocde, le conflit qui secoue actuellement le Moyen-Orient constitue désormais la menace la plus sérieuse pour la stabilité économique mondiale. Les perturbations observées sur les marchés pétroliers et gaziers alimentent une hausse des coûts de production, accroissent les dépenses énergétiques des ménages et pèsent sur les perspectives d’investissement. « L’économie mondiale fait preuve de résilience, mais elle est confrontée à des vents contraires de plus en plus puissants », souligne le rapport, qui met en garde contre les effets d’un éventuel prolongement des hostilités dans la région.

Le spectre d’un nouveau choc pétrolier

Les économistes de l’Ocde considèrent que l’évolution de la situation au Moyen-Orient sera déterminante pour l’économie mondiale au cours des prochains mois. La région demeure un maillon essentiel de l’approvisionnement énergétique international et toute perturbation durable des exportations pourrait provoquer une envolée des prix du pétrole. Dans son scénario central, l’organisation suppose un apaisement progressif des tensions et une normalisation des flux énergétiques. Mais elle a également élaboré un scénario plus pessimiste dans lequel les perturbations se prolongeraient jusqu’en 2027. Dans cette hypothèse, la croissance mondiale pourrait chuter à seulement 2,1 % en 2026 avant de tomber à 1,8 % l’année suivante. Des niveaux qui rappelleraient les périodes les plus difficiles traversées par l’économie mondiale au cours des dernières décennies.

Une telle situation aurait des conséquences majeures pour les pays importateurs de pétrole, notamment en Afrique, où les coûts de transport, de production et de consommation restent fortement dépendants des cours internationaux des hydrocarbures.

L’inflation de retour au centre des préoccupations

Alors que de nombreux pays commençaient à enregistrer des progrès dans la lutte contre l’inflation, l’Ocde estime que la flambée des prix de l’énergie pourrait remettre en cause une partie des avancées obtenues. L’institution observe que les tensions géopolitiques exercent déjà une pression à la hausse sur les prix du pétrole, du gaz et de certaines matières premières stratégiques. Cette situation risque de se répercuter sur l’ensemble de la chaîne économique, depuis les coûts industriels jusqu’aux produits de consommation courante. Pour les ménages, les conséquences pourraient se traduire par une hausse du coût de la vie, notamment dans les secteurs du transport, de l’alimentation et de l’énergie domestique. Face à ce risque, l’Ocde recommande aux gouvernements de privilégier des mesures ciblées en faveur des populations les plus vulnérables plutôt que des dispositifs généralisés susceptibles d’alourdir les déficits publics. Le ralentissement attendu ne touche pas uniquement les pays industrialisés. Les économies émergentes et en développement pourraient également subir les effets du ralentissement du commerce mondial, de la baisse des investissements et du durcissement des conditions financières internationales. Les entreprises sont confrontées à un environnement plus incertain marqué par des coûts élevés, des tensions sur les chaînes d’approvisionnement et des perspectives de demande moins favorables. Dans ce contexte, l’Ocde appelle les États à maintenir la confiance des investisseurs en poursuivant les réformes destinées à améliorer la productivité et la compétitivité. L’organisation insiste également sur la nécessité d’accélérer les investissements dans les infrastructures, la transition énergétique et l’innovation technologique.

Malgré ce tableau assombri, le rapport identifie plusieurs facteurs susceptibles de soutenir l’activité économique à moyen terme. Parmi eux figure l’intelligence artificielle, que l’Ocde considère comme l’un des principaux moteurs potentiels de productivité pour les années à venir. Selon l’institution, une adoption rapide et maîtrisée des technologies d’intelligence artificielle pourrait contribuer à compenser une partie des effets du ralentissement économique en améliorant l’efficacité des entreprises et des administrations. L’organisation appelle toutefois les gouvernements à accompagner cette transformation par des politiques de formation, d’éducation et d’adaptation du marché du travail.