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Transformation économique du Bénin: Une nouvelle dynamique axée sur le capital humain

Economie

Au cœur des orientations budgétaires 2027-2029, le gouvernement fait du capital humain un moteur de la transformation économique et de la réduction de la pauvreté. L’amélioration de l’éducation, de la santé, de la protection sociale et de la gouvernance territoriale est appelée à accompagner la dynamique de croissance afin de la convertir en progrès social durable.

Par   Babylas ATINKPAHOUN, le 24 juil. 2026 à 09h19 Durée 3 min.
#transformation économique

Le Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle (Dpbep) 2027-2029 retient comme priorité « le renforcement du capital humain et la modernisation de l’administration territoriale », notamment à travers la mise en place de six pôles régionaux de développement. Il prolonge ainsi les orientations du Plan national de développement (Pnd) 2026-2035, de la Vision Bénin Alafia 2060 et des Objectifs de développement durable (Odd). Cette orientation traduit la volonté du gouvernement de faire du capital humain un facteur de compétitivité, de croissance inclusive et de transformation structurelle de l’économie, en complément des investissements réalisés ces dernières années dans les infrastructures économiques.

Le Dpbep privilégie une approche qui fait de l’éducation, de la santé et de la protection sociale des investissements productifs destinés à améliorer la qualification de la main-d’œuvre, à renforcer la productivité et à réduire les inégalités.

Préparer une main-d’œuvre qualifiée

Dans cette logique, le Dpbep prévoit la généralisation des cantines scolaires, l’harmonisation des quotas horaires des aspirants au métier d’enseignant (Ame), le renforcement des infrastructures éducatives et l’amélioration de la qualité de l’enseignement. Ces mesures traduisent la volonté de préparer une main-d’œuvre adaptée aux mutations économiques et technologiques.

Lors du Débat d’orientation budgétaire (Dob) en juin, les députés ont recommandé une implication accrue des universitaires dans la politique nationale de transformation digitale, afin de mieux valoriser la recherche et l’innovation.

Une résilience à préserver

Le renforcement du capital humain passe également par l’amélioration de l’accès aux soins de santé primaires, à l’eau potable et aux dispositifs de protection sociale. La consolidation du programme Assurance pour le renforcement du capital humain (Arch), qui couvre progressivement l’assurance maladie, la formation, le crédit et l’assurance retraite des acteurs du secteur informel, illustre cette stratégie d’inclusion. Au-delà de sa dimension sociale, le programme contribue à sécuriser les parcours professionnels des travailleurs du secteur informel, qui représentent la majorité de la population active. À travers ces instruments, le gouvernement cherche à renforcer la résilience des ménages vulnérables et à favoriser une croissance plus inclusive.

Une approche territoriale du développement

La modernisation de l’administration territoriale constitue un autre levier de développement. La création de six pôles régionaux vise à rapprocher les services publics des citoyens, à mieux coordonner les investissements et à adapter les politiques publiques aux réalités locales. Les députés ont insisté sur le renforcement des préfectures afin d’améliorer la coordination des projets publics. Cette territorialisation est appelée à améliorer l’efficacité de l’action publique, à favoriser une répartition plus équilibrée des investissements et à réduire les disparités entre les territoires.

Les conditions de réussite

La mobilisation durable des ressources publiques, le renforcement des capacités des enseignants, des personnels de santé et des administrateurs territoriaux constituent des conditions essentielles à la réussite de cette stratégie. La coordination entre les ministères, les collectivités territoriales et les partenaires techniques et financiers, de même que la mise en place de mécanismes rigoureux de suivi-évaluation, seront déterminantes pour mesurer l’impact réel des politiques publiques sur le développement du capital humain.

La Banque africaine de développement (Bad) souligne que l’investissement dans le capital humain est devenu un impératif pour améliorer la productivité, favoriser l’insertion professionnelle des jeunes et tirer pleinement parti du dividende démographique. Selon l’institution, cette dimension constitue désormais un facteur essentiel pour soutenir une croissance durable, inclusive et créatrice d’emplois.

Le Dpbep 2027-2029 associe ainsi le renforcement du capital humain à l’amélioration de la qualité de l’éducation, de l’accès aux soins, de la protection sociale, de l’emploi et de la gouvernance territoriale. Les indicateurs de suivi prévus permettront d’apprécier, au cours de la période, les effets de ces orientations sur le développement économique et social du pays. Le pari du gouvernement est que ces investissements dans le capital humain permettront de transformer durablement la croissance en bien-être partagé.

Les principaux chantiers 2027-2029

Éducation

• Généralisation des cantines scolaires

• Harmonisation des quotas horaires des aspirants au métier d’enseignant (ame)

• Renforcement des infrastructures éducatives

• Implication accrue des universitaires dans la politique nationale de transformation digitale

Santé et protection sociale

• Renforcement des soins de santé primaires

• Extension de l’accès à l’eau potable

• Consolidation du programme Arch

• Renforcement des filets

sociaux en faveur des ménages vulnérables

Développement territorial

• Mise en place de six pôles

régionaux de développement

• Modernisation de l’administration territoriale

• Renforcement du rôle des préfectures dans la coordination des politiques publiques.