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Pierres ornementales: de l'Atacora Un potentiel économique à exploiter

Economie
La transformation locale des pierres ornementales de l'Atacora pourrait stimuler l'industrialisation, créer des emplois et renforcer l'économie régionale La transformation locale des pierres ornementales de l'Atacora pourrait stimuler l'industrialisation, créer des emplois et renforcer l'économie régionale

Les ressources géologiques de l'Atacora sont encore peu exploitées pour amorcer le développement local. À travers une communication consacrée à leur valorisation, notamment celle des pierres ornementales, le professeur Christophe Kaki, géologue et enseignant-chercheur à l'Université d'Abomey-Calavi, a mis en lumière le potentiel économique de ces roches décoratives. Leur transformation locale pourrait devenir un puissant levier d'industrialisation, de création d'emplois et de développement territorial.

Par   Alexis METON A/R Atacora-Donga, le 21 juil. 2026 à 07h46 Durée 3 min.
#potentiel économique #Atacora

« La valorisation des ressources géologiques et des pierres ornementales de l'Atacora comme levier stratégique d'attractivité, d'industrialisation locale et de création de valeur ». C'est le thème développé par le professeur Christophe Kaki, géologue et enseignant-chercheur à l'Université d'Abomey-Calavi, samedi 11 juillet. Cette communication s'inscrit dans le cadre des Assises de l'attractivité et du marketing territorial de l'Atacora (Amata). À cette occasion, il explique que, loin de se limiter à ses paysages montagneux et à son attrait touristique, le département de l'Atacora possède un sous-sol riche, susceptible de soutenir une véritable industrie locale. Selon le spécialiste, les pierres ornementales constituent aujourd'hui un marché en pleine expansion, porté par la demande des secteurs de la construction, de l'hôtellerie et de l'aménagement intérieur. Ces matériaux sont de plus en plus utilisés pour le revêtement des façades, les terrasses, les couloirs, les clôtures et le mobilier haut de gamme, où ils remplacent progressivement les matériaux classiques, fait-il savoir. Pourtant, déplore l'enseignant, ce potentiel reste encore largement sous-exploité. Pour le géologue, plusieurs localités de l'Atacora disposent de gisements de pierres décoratives aux caractéristiques remarquables. Il cite notamment des villages de la commune de Boukoumbé ainsi que la région de Perma, où des pierres aux couleurs variées et aux qualités esthétiques reconnues ont été identifiées. Ces ressources offrent, explique-t-il, une importante opportunité économique, si elles sont exploitées de manière organisée et transformées localement. « Les pierres ornementales sont aujourd'hui très recherchées », souligne-t-il, estimant que leur valorisation pourrait alimenter une véritable filière industrielle dans le nord-ouest du Bénin.

Christophe Kaki rappelle également que les départements de l'Atacora, de la Donga et une partie du Borgou présentent des indices aurifères significatifs, ouvrant ainsi d'autres perspectives pour le développement du secteur minier. L'organisation des acteurs sur les différents sites d'exploitation de ce métal paraît importante, tant pour la sécurité des populations que pour celle des exploitants. Le spécialiste insiste sur la nécessité de mieux structurer les artisans miniers. Il rappelle que le Code minier béninois prévoit des dispositions permettant d'encadrer l'exploitation artisanale tout en garantissant la sécurité des travailleurs et le respect des normes environnementales. Il ajoute que la constitution de groupements d'artisans est une étape essentielle. Une meilleure organisation faciliterait leur formalisation, leur accès aux conseils techniques des services géologiques ainsi qu'à des circuits de commercialisation sécurisés. Cette approche permettrait également aux collectivités territoriales et à l'administration minière d'assurer un meilleur suivi des activités d'exploitation et de prévenir les pratiques informelles.

Créer davantage de valeur

Le professeur Christophe Kaki indique que l'enjeu ne réside pas uniquement dans l'extraction des ressources, mais surtout dans leur transformation sur place. Le sciage, le polissage, le façonnage et la commercialisation des pierres pourraient donner naissance à des petites et moyennes industries capables d'approvisionner le marché national et de conquérir les marchés extérieurs. Une telle dynamique favoriserait l'émergence d'entreprises locales spécialisées dans les matériaux de construction et la décoration architecturale, tout en stimulant les métiers liés à la taille de pierre, à l'artisanat et au design.

Pour l'universitaire, cette chaîne de valeur représente une source durable d'emplois pour les jeunes, les artisans et les petites entreprises locales, à condition de disposer d'équipements adaptés et d'un accompagnement technique. Il met également en avant les paysages exceptionnels de l'Atacora, qu'il considère comme un atout complémentaire pour le développement économique. Les reliefs spectaculaires de l'axe Natitingou-Boukoumbé- Matéri-Cobly constituent, selon lui, un patrimoine naturel capable de renforcer l'attractivité touristique de la région. Il invite enfin les pouvoirs publics, les collectivités territoriales et les investisseurs privés à considérer les pierres ornementales non plus comme une simple ressource minérale, mais comme un véritable moteur d'industrialisation locale, de création d'emplois durables et de diversification de l'économie régionale. Il estime que les collectivités territoriales de l'Atacora ont désormais un rôle déterminant à jouer pour favoriser l'exploitation responsable et la transformation locale de cette ressource.