La Nation Bénin...
La Commission bancaire de l’Umoa chiffre à 164 169 milliards F Cfa la valeur des transactions effectuées via la téléphonie mobile en 2025, en hausse de 31,4 %. Après trois exercices déficitaires, les établissements de monnaie électronique (Eme) affichent un résultat net provisoire bénéficiaire de 16,9 milliards F Cfa.
Les transactions via la téléphonie mobile poursuivent leur progression dans l’Union monétaire ouest-africaine (Umoa). En 2025, leur valeur a augmenté de 31,4 % pour atteindre 164 169 milliards F Cfa, selon le Rapport annuel 2025 de la Commission bancaire de l’Umoa. Le nombre d’opérations effectuées via les établissements de monnaie électronique (Eme) a, pour sa part, progressé de 14,5 %, à 11 761 millions de transactions.
Le nombre de comptes de monnaie électronique ouverts auprès des Eme s’est établi à 172,9 millions à fin décembre 2025, contre 154,6 millions un an plus tôt, soit une hausse de 11,9 %. Parmi eux, 60,6 millions sont considérés comme actifs, soit 35,1 % du total. Sont qualifiés d’actifs les comptes ayant enregistré au moins une transaction au cours des 90 derniers jours.
Le réseau de distribution s’est également étoffé. Il comptait 1 830 285 points de services à fin décembre 2025, en progression de 32,0 % sur un an. Il comprend notamment les sous-distributeurs, les agents distributeurs, les distributeurs automatiques de billets et les terminaux de paiement électronique.
Les Eme confirment leur rentabilité
Le fait marquant de l’exercice réside dans le redressement financier consolidé du secteur. Après les lourdes pertes historiques enregistrées les années précédentes (dont -21,1 milliards en 2023 et -32,8 milliards en 2022), les Eme confirment leur rentabilité avec un résultat net provisoire bénéficiaire de 16,9 milliards F Cfa en 2025, contre un résultat positif de 6,1 milliards F Cfa à titre définitif en 2024.
Cette amélioration intervient alors que l’encours de monnaie électronique émise a progressé de 35,2 %, pour atteindre 1 923,2 milliards F Cfa à fin décembre 2025, contre 1 422,6 milliards un an plus tôt.
Le secteur compte 18 Eme agréés à fin 2025, contre 14 un an auparavant. Les données d’activité analysées par la Commission bancaire portent toutefois sur 17 Eme, Tmoney au Togo, agréé en septembre 2025, n’ayant pas encore fourni de données.
Rentabilité financière en hausse
Dans le secteur bancaire, les principaux agrégats ont également progressé en 2025. Le total de bilan des établissements de crédit s’est établi à 82 298,8 milliards F Cfa, en hausse de 14,1 %. Les crédits à la clientèle ont augmenté de 5,5 %, à 38 731,6 milliards.
La rentabilité s’est renforcée. Le résultat net global des établissements de crédit a progressé de 25,5 %, pour atteindre 1 252,1 milliards F Cfa. La qualité du portefeuille s’est légèrement améliorée, avec un taux brut de dégradation de 9,1 %, contre 9,3 % en 2024.
La solvabilité s’est également consolidée. Le ratio moyen de solvabilité est passé de 14,7 % en 2024 à 15,6 % en 2025, pour une norme minimale de 11,5 %.
Les institutions de microfinance (Imf) de grande taille ont également enregistré une amélioration de leurs résultats. Leur total de bilan a progressé de 11,5 %, à 4 661,5 milliards F Cfa. Le résultat net est passé d’une perte définitive de 1,9 milliard en 2024 à un bénéfice de 35,6 milliards en 2025. La qualité du portefeuille s’est améliorée, avec un taux brut de dégradation ramené de 6,0 % à 5,5 %.
Le principal point de fragilité demeure toutefois la capitalisation. Le ratio moyen est ressorti à 9,4 % en 2025, contre 13,0 % un an plus tôt, alors que la norme réglementaire est fixée à 15 %. Sur les 293 Imf de grande taille, 149 respectent cette exigence.
Surveillance renforcée
L’essor des activités financières numériques s’accompagne d’un renforcement de la surveillance prudentielle. Une structure dédiée à la conformité en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (Lbc/Ft) a été créée au sein du Secrétariat général de la Commission bancaire par décision du Gouverneur de la Bceao du 31 juillet 2025. Le dispositif couvre également la lutte contre le financement de la prolifération des armes de destruction massive.
Au cours de l'exercice, 82 missions de vérification sur place ont été réalisées auprès de 38 établissements de crédit, cinq compagnies financières, trois Eme et 36 Imf de grande taille. Huit établissements bancaires d'importance systémique ont également fait l'objet de contrôles à distance portant sur le risque de crédit.
La Commission bancaire a, par ailleurs, prononcé 36 sanctions disciplinaires, correspondant à 30 blâmes et six avertissements, ainsi que 35 sanctions pécuniaires.
À l’horizon du 31 décembre 2026, le respect de la mesure de relèvement du capital social minimum des banques constitue l’un des points de vigilance du superviseur. Le rapport relève également des insuffisances en matière de gouvernance, de gestion des risques de crédit et opérationnels, de contrôle interne et de dispositifs de Lbc/Ft/Fp.