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Les chefs d’État de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) ont réaffirmé leur volonté de lancer la monnaie unique régionale, l’Eco, dès 2027. Ils ont opté pour une approche progressive, réservant dans un premier temps l’adhésion aux pays remplissant les critères de convergence, tout en prévoyant un accompagnement des autres États membres.
La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) franchit une nouvelle étape dans son ambition de doter la région d’une monnaie unique. À l’issue de leur 69? session ordinaire tenue le 19 juillet à Lungi, en République de Sierra Leone, les chefs d’État et de gouvernement ont réaffirmé leur engagement en faveur de l’introduction de l’Eco en 2027, un projet considéré comme l’un des principaux leviers de l’intégration économique ouest-africaine. Les dirigeants de la Communauté ont rappelé que cette monnaie commune doit contribuer à renforcer les échanges intrarégionaux, réduire les coûts des transactions, améliorer la stabilité macroéconomique et favoriser une croissance durable, résiliente et inclusive dans l’espace communautaire. Pour eux, l’Eco constitue un instrument stratégique appelé à consolider le marché régional et à renforcer la compétitivité des économies ouest-africaines.
Conscients des disparités économiques qui subsistent entre les États membres, les chefs d’État ont retenu une démarche graduelle pour l’entrée en vigueur de la monnaie unique. Ils ont ainsi décidé que le lancement de l’Eco débutera avec les pays ayant satisfait aux critères de convergence macroéconomique définis par la Communauté et disposant des conditions nécessaires pour intégrer immédiatement l’union monétaire. Cette approche marque une évolution importante dans la conduite du projet. Plutôt que d'attendre que l'ensemble des États membres remplissent simultanément les exigences fixées, la Cedeao privilégie désormais un démarrage avec un groupe de pays prêts, tout en laissant la porte ouverte aux autres États à mesure qu'ils atteindront les performances requises. Les pays ne répondant pas encore aux critères bénéficieront d'un accompagnement technique et institutionnel destiné à accélérer leur préparation. L'objectif demeure une adhésion progressive de l'ensemble des membres de la Communauté afin de parvenir, à terme, à une union monétaire pleinement intégrée.
La protection juridique de la marque « Eco »
La Conférence a également salué les consultations de haut niveau engagées par la Commission de la Cedeao avec les gouverneurs des Banques centrales des États membres. Ces échanges portent notamment sur les questions techniques et institutionnelles qui restent à régler avant l'introduction effective de la monnaie unique. Les chefs d'État estiment que ces concertations constituent une étape déterminante pour parvenir à un consensus sur les différents mécanismes devant encadrer le fonctionnement de l'Eco. Ils ont, à cet effet, invité la Commission de la Cedeao à poursuivre ces discussions en étroite collaboration avec l'Agence monétaire de l'Afrique de l'Ouest (Amao). Cette mission devra aboutir à l'élaboration de propositions consensuelles sur les points encore en suspens. Ces recommandations seront ensuite soumises à l'appréciation de la Task Force présidentielle chargée de superviser le processus de mise en œuvre de la monnaie unique.
Outre les aspects économiques et institutionnels, les dirigeants ouest-africains ont également enregistré une avancée sur le plan juridique. La Conférence s'est félicitée de l'enregistrement de la marque « Eco » auprès de l'Organisation africaine de la propriété intellectuelle (Oapi), une démarche destinée à protéger officiellement l'identité de la future monnaie régionale. Cette protection constitue une étape symbolique mais également stratégique dans le processus de concrétisation du projet monétaire. Elle confère à la dénomination « Eco » une reconnaissance juridique dans les États relevant de l'Oapi et renforce la crédibilité du programme auprès des partenaires internationaux. Les chefs d'État sont allés plus loin en demandant à la Commission de la Cedeao d'entreprendre les démarches nécessaires pour faire enregistrer la marque « Eco » auprès des autres organismes régionaux et internationaux compétents en matière de propriété intellectuelle. Cette mesure vise à garantir une protection plus large de la future monnaie et à prévenir tout usage non autorisé de sa dénomination. L'Eco demeure l'un des projets les plus emblématiques de la construction communautaire ouest-africaine. Depuis plusieurs années, sa mise en œuvre a connu de nombreux reports en raison des difficultés rencontrées par plusieurs États pour satisfaire aux critères de convergence relatifs notamment à l'inflation, au déficit budgétaire, à l'endettement public et aux réserves de change. En réaffirmant l'échéance de 2027 et en privilégiant une entrée progressive des États membres, la Conférence des chefs d'État entend donner un nouvel élan à ce chantier stratégique.
La page du F Cfa bientôt tournée au profit de la Monnaie unique Eco