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Finances publiques au Bénin: La dette atteint 9 122 milliards F Cfa à fin juin

Economie
Evolution de l’encours de la dette et du taux d’endettement public au 30 juin 2026 (en milliards de F Cfa) Evolution de l’encours de la dette et du taux d’endettement public au 30 juin 2026 (en milliards de F Cfa)

L’encours de la dette de l’administration centrale béninoise s’établit à 9 122,2 milliards F Cfa au 30 juin 2026, soit 50,1 % du Pib. En hausse de 650 milliards depuis fin 2025, il reste inférieur au plafond communautaire de 70 %.

Par   Claude Urbain PLAGBETO, le 14 août 2026 à 12h42 Durée 3 min.
#Finances publiques

A fin juin 2026, l’encours de la dette de l’administration centrale béninoise est chiffré à 9 122,2 milliards F Cfa, soit 50,1 % du produit intérieur brut (Pib), selon la Caisse autonome de gestion de la dette (Cagd). L’encours a progressé de 650 milliards F Cfa depuis fin 2025, où il s’établissait à 8 472,2 milliards, précise le Bulletin statistique de la dette publique du deuxième trimestre 2026 (Cagd, août 2026). Après 9 027,7 milliards à fin mars, l’encours a augmenté de 94,5 milliards au deuxième trimestre.

Le taux d’endettement, passé de 50,0 % fin 2025 à 49,6 % fin mars, remonte à 50,1 % à fin juin. Le niveau d’endettement reste inférieur à la norme communautaire de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), fixée à 70 % du Pib.

Le service de la dette publique s’élève à 580,7 milliards F Cfa au premier semestre, dont 384,1 milliards au titre du remboursement du principal et 196,6 milliards de charges financières. Aucun arriéré de paiement n’est signalé à fin juin, y compris sur les prêts rétrocédés aux entreprises publiques, souligne la Cagd.

Le portefeuille des titres publics compte 70 emprunts obligataires actifs, représentant un encours de 1 475,6 milliards F Cfa, avec un taux moyen pondéré de 5,7 % et une durée résiduelle moyenne de 4,9 ans.

Une dette largement extérieure

La photographie de la dette publique révèle une structure dominée par les financements extérieurs. La dette extérieure représente 7 275,9 milliards F Cfa, soit 79,8 % du portefeuille, contre 1 846,3 milliards pour la dette intérieure. Les créanciers non-résidents détiennent 89 % de la dette publique. Dans la dette extérieure, les créanciers multilatéraux représentent 47,1 %, la dette commerciale 44,9 % et la dette bilatérale 8,0 %. Les titres publics constituent, de leur côté, 79,9 % de la dette intérieure.

L’euro reste la principale devise d’endettement, avec 63,8 % de la dette totale, devant le F Cfa

(20,2 %) et le dollar américain (9,2 %).

Les décaissements sur emprunts en devises atteignent 905,8 milliards F Cfa à fin juin. Ils comprennent notamment 381,6 milliards de prêts multilatéraux et 478,8 milliards provenant des émissions internationales réalisées en janvier 2026. Sur le marché régional de l’Uemoa, l’Etat a mobilisé 86,7 milliards en obligations du Trésor.

Les nouveaux accords de prêts signés au premier semestre représentent par ailleurs 578,2 milliards F Cfa en devises et 139,7 milliards en monnaie locale. Ces montants ne sont pas intégralement incorporés à l’encours : seule la part effectivement décaissée est comptabilisée dans la dette publique.

Une dette jugée viable

Les passifs conditionnels font l’objet d’un suivi. La garantie de l’Etat porte sur un emprunt du Port autonome de Cotonou auprès de Natixis, avec un encours de 71,6 milliards F Cfa, sans appel de la garantie. Les dettes bancaires non garanties de huit entreprises publiques atteignent 203,3 milliards. Les prêts rétrocédés aux entreprises publiques s’élèvent à 847,6 milliards, soit 9,3 % de l’encours de la dette publique.

Selon la Cagd, ces passifs ne constituent pas des facteurs de risque budgétaire majeurs. L’analyse de viabilité de la dette conduite conjointement avec le Fonds monétaire international (Fmi) et publiée en février 2026 conclut à la viabilité de la dette, avec des indicateurs d’endettement modérés. Les indicateurs de coût et de risque du portefeuille demeurent également sur une trajectoire favorable.

L’ensemble du portefeuille présente un taux d’intérêt moyen pondéré de 3,5 %, une durée moyenne d’échéance de 9,4 ans et une proportion de 97,6 % de dette à taux fixe.

En somme, la dette publique du Bénin reste sur une trajectoire maîtrisée, conforme aux standards régionaux. La régularité du service, la part élevée de dette à taux fixe et l’allongement des maturités renforcent la soutenabilité. Mais la dépendance aux financements extérieurs, notamment commerciaux, et à l’euro impose de maintenir une vigilance accrue dans la gestion du portefeuille.