La Nation Bénin...

Investissements directs étrangers en 2025: Recul de 2 % des flux vers les économies en développement

Economie
Malgré une reprise globale des investissements étrangers en 2025, les économies en développement, dont de nombreux pays africains, peinent à attirer des flux productifs Malgré une reprise globale des investissements étrangers en 2025, les économies en développement, dont de nombreux pays africains, peinent à attirer des flux productifs

Les investissements directs étrangers ont rebondi en 2025, mais la reprise reste inégale. Les flux se concentrent dans les économies développées et les secteurs technologiques, tandis que les pays en développement et les projets durables restent à la traîne.

Par   Claude Urbain PLAGBETO, le 29 janv. 2026 à 07h17 Durée 3 min.
#Investissements #économies #Développement

Les investissements directs étrangers (Ide) mondiaux ont atteint 1 600 milliards de dollars en 2025, soit une hausse de 14 % par rapport à 2024, selon la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (Cnuced). Cette progression marque la fin de deux années de recul, mais cache une réalité contrastée.

En effet, les flux vers les économies en développement ont reculé de 2 % pour atteindre 877 milliards de dollars, soulignant le creusement des inégalités dans l’accès au financement international. Les pays à faible revenu ont été les plus touchés, avec trois quarts des pays les moins avancés voyant leurs entrées stagner ou baisser. Cette tendance met en lumière l’écart croissant entre le Nord et le Sud dans l’accès aux investissements productifs.

A l’inverse, les économies développées ont concentré l’essentiel de la hausse, avec des flux en bond de 43 %, à 728 milliards de dollars. L’Europe a particulièrement bénéficié de cette dynamique, avec une hausse de 56 % portée par de nombreuses acquisitions transfrontalières et le rebond de grandes économies telles que l’Allemagne, la France et l’Italie.

Pour 2026, les perspectives restent fragiles. Les Ide pourraient progresser modérément si les conditions de financement s’assouplissent et si les fusions-acquisitions transfrontalières reprennent. Toutefois, l’activité réelle devrait rester faible, pénalisée par les tensions géopolitiques, l’incertitude politique et la fragmentation économique. Sans mesures coordonnées, les flux mondiaux risquent de se concentrer dans quelques régions et secteurs, limitant leur impact sur le développement en Afrique et dans d’autres pays émergents.

Rôle clé des centres financiers

Plus de 140 milliards de dollars de la hausse des Ide proviennent des flux transitant par les centres financiers mondiaux. Hors ces « flux de transit », la croissance réelle n’aurait été que de 5 %, révélant une reprise limitée et fragile.

Parallèlement, l’investissement mondial se concentre dans les secteurs à forte intensité de capital et technologiques. Les centres de données ont attiré plus d’un cinquième des projets mondiaux en création, avec des investissements annoncés supérieurs à 270 milliards de dollars, stimulés par la demande en infrastructures liées à l’intelligence artificielle et aux réseaux numériques. Les principaux pays bénéficiaires sont la France, les Etats-Unis et la République de Corée, suivis par le Brésil, l’Inde, la Thaïlande et la Malaisie.

La valeur des projets de semi-conducteurs a augmenté de 35 %, reflétant la demande croissante de puces avancées. En revanche, le nombre de projets a chuté de 25 % dans les secteurs soumis aux droits de douane et aux chaînes de valeur mondiales, notamment les textiles, l’électronique et la machinerie.

Quant aux projets d’infrastructures internationales, ils ont diminué de 10 %, principalement en raison d’un recul marqué dans les énergies renouvelables. Les investisseurs ont réévalué les risques de revenus et l’incertitude réglementaire. Si les projets nationaux ont partiellement comblé ce déficit, cette tendance accentue les lacunes d’investissement dans les pays dépendants du financement international pour leurs grands projets et pour atteindre les objectifs de développement durable.