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Le Projet de développement des chaînes de valeur racines et tubercules (Pdcv-Rt) est entré dans sa phase opérationnelle. La cérémonie de lancement, marquée par la remise symbolique de véhicules et de motos, s’est déroulée, mardi 17 février à Gankpétin, dans la commune de Dassa-Zoumè.
Les racines et tubercules notamment le manioc, l’igname et la patate douce représentent, au Bénin, près de 70 % de la production vivrière nationale. Ces spéculations constituent une source essentielle de revenus pour des millions de ménages. Toutefois, les filières concernées demeurent confrontées à plusieurs défis : effets du changement climatique, difficultés d’accès aux marchés, insuffisance d’unités modernes de transformation, faibles capacités organisationnelles.
C’est pour répondre à ces contraintes que le gouvernement béninois, avec l’appui de ses partenaires dont la Banque islamique de développement (Bid), a initié le Projet de développement des chaînes de valeur racines et tubercules (Pdcv-Rt).
Le lancement officiel, placé sous la supervision de Madeleine Lafia Mora, représentante du ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, a été l’occasion de préciser les objectifs, les zones d’intervention et les résultats attendus. La remise symbolique de moyens roulants vise à faciliter le déploiement des activités sur le terrain.
Pour Nanoukon Innocent Dossou Aminon, coordonnateur du Pdcv-Rt, le projet marque « le passage d’une ambition politique clairement assumée à une action concrète, structurée et durable au bénéfice des acteurs des filières concernées ».
Concrètement, il s’agit de renforcer les chaînes de valeur du manioc, de l’igname et de la patate douce, à travers le renforcement des capacités organisationnelles et institutionnelles des acteurs; l’amélioration des techniques de production ; l’introduction de machines modernes et performantes et la facilitation de l’accès aux marchés.
Prévu pour la période 2026-2030, le Pdcv-Rt cible les petits producteurs et transformateurs, en particulier les jeunes et les femmes en situation de vulnérabilité, opérant dans les pôles agricoles 4, 5, 6 et 7. L’ambition est claire : consolider la sécurité alimentaire et améliorer durablement les revenus des bénéficiaires.
Au nom des départements concernés, le préfet des Collines, Saliou Odoubou, a assuré de l’engagement des administrations publiques à accompagner la mise en œuvre du projet. «Les services déconcentrés, en étroite collaboration avec les administrations locales, joueront pleinement leur rôle d’assistance-conseil, de facilitation et de suivi», a-t-il affirmé, invitant les maires et élus locaux à s’approprier l’initiative pour en faire un véritable levier de développement.
Financé conjointement par l’État béninois et ses partenaires, dont la Banque islamique de développement, le projet mobilise un investissement d’environ 41 milliards de francs Cfa.
Plus de 30 000 ménages bénéficiaires
Représentant la Bid, Ulrich Grégoire Sorgho a salué « une ambition d’inclusion forte au bénéfice des femmes et des jeunes ». Selon lui, cet important investissement permettra de passer d’une logique de production brute à une véritable dynamique de chaînes de valeur compétitives et créatrices de richesses.
Le projet vise plus de 30 000 ménages, soit environ 150 000 bénéficiaires directs et indirects.
Avant de procéder au lancement officiel du Pdcv-Rt, Madeleine Lafia Mora a rappelé que cette initiative constitue à la fois un projet de transformation économique, sociale et territoriale, dont « la réussite repose sur une responsabilité collective ».
À travers ce programme, le Bénin nourrit l’ambition de voir émerger un tissu industriel national capable de transformer localement le manioc, l’igname et la patate douce en produits à forte valeur ajoutée : amidon industriel pour le textile et la pharmacie, farines panifiables de substitution, chips, semoules, purées déshydratées, aliments pour bétail, entre autres dérivés.
La cérémonie de lancement a par ailleurs été marquée par la remise symbolique de deux véhicules et de plusieurs motos, suivie de la visite des stands d’exposition présentant divers produits transformés à base de manioc, d’igname et de patate douce.
Quelques véhicules et motos symboliquement remis au Pdcv-Rt par Madeleine Lafia Mora, représentant le Maep