La Nation Bénin...
Après le ralentissement observé au lendemain de la Tabaski, les marchés de ruminants ont retrouvé de l’animation en juillet. Bovins, ovins et caprins enregistrent une reprise de l’activité, tandis que les prix des animaux sur pied évoluent différemment selon les espèces.
Après une période de ralentissement consécutive aux festivités de la Tabaski, les marchés de bétail ont renoué avec une meilleure dynamique en juillet 2026. Le Bulletin mensuel du Système d’Information sur les Marchés à Bétail (Sim-Bétail), élaboré par la Cellule technique de suivi et d’appui à la gestion de la sécurité alimentaire (Ct-Sagsa), fait état d’un regain d’animation aussi bien sur les marchés de bovins que sur ceux d’ovins et de caprins. Chez les bovins, les présentations et les ventes ont progressé respectivement de 6 % et 3 % entre juin et juillet 2026. Cette amélioration de l’offre est notamment attribuée à une meilleure disponibilité des fourrages, favorisée par la saison pluvieuse. En comparaison avec juillet 2025, l’évolution est encore plus marquée, avec une hausse de 26 % de l’offre et de 27 % de la demande. Les marchés de Nikki, Savalou et Aoro, à Bassila, figurent parmi ceux où la demande a le plus progressé. Cette embellie s’est également traduite par une amélioration des ventes. Le marché à bétail de Ouessè a enregistré, en juillet, le taux de vente le plus élevé, à 93 %, contre seulement 35 % à Kétou. Dans le même temps, l’abondance de l’offre a contribué à une baisse moyenne de 2 % des prix des bovins par rapport à juin. Toutes les catégories ont été concernées par ce repli, notamment les taurillons (-3 %), les bœufs et taureaux (-2 % chacun), ainsi que les génisses, vaches et veaux/velles (-1 % chacun).
Ovins et caprins suivent la reprise
Le marché des ovins a lui aussi connu un regain d’activité. Entre juin et juillet, l’offre a augmenté de 7 % et la demande de 17 %. Cette remontée intervient après le recul enregistré en juin, dans le contexte post-Tabaski. Les marchés de Dogbo, Parakou et Savalou ont notamment enregistré une affluence plus importante. Sur un an, la progression est encore plus nette : l’offre d’ovins a augmenté de 55 %, tandis que la demande a bondi de 71 %. A Matéri, tous les ovins présentés auraient trouvé preneur, avec un taux de vente de 100 %, alors qu’Adjarra affiche le taux le plus faible, à 37 %. Malgré cette bonne dynamique commerciale, les prix ont globalement baissé de 15 % en juillet, sous l’effet notamment des disponibilités fourragères. Les plus fortes baisses ont été enregistrées chez les antenais (-23 %) et les béliers (-20 %). Les prix moyens se situaient entre 21 000 F Cfa pour une antenaise et 52 000 F Cfa pour un bélier. Sur un an toutefois, les prix des ovins affichent une hausse moyenne de 7 %, que le bulletin lie notamment au renchérissement des frais de transport.
Du côté des caprins, la reprise est plus modérée. Les présentations ont augmenté de 1 % et les ventes de 8 % entre juin et juillet. Par rapport à juillet 2025, l’offre a toutefois reculé de 6 %, tandis que la demande a progressé de 5 %. Les marchés de Parakou, Dogbo, Savalou et Gogounou ont particulièrement bénéficié de cette amélioration de l’affluence. Contrairement aux bovins et aux ovins, les prix des caprins sont restés globalement stables d’un mois à l’autre. Cette stabilité masque néanmoins des évolutions selon les catégories. Les prix des boucs ont baissé de 4 %, tandis que ceux des chevrettes ont augmenté de 3 % et ceux des chevreaux de 6 %. En moyenne, les prix se sont situés entre 15 000 F Cfa pour un chevreau et 38 000 F Cfa pour une chèvre. En glissement annuel, ils affichent une hausse moyenne de 7 %, attribuée probablement à l’augmentation des coûts de transport.
Sur le marché de la viande, la tendance est variée. L’indice Fao des prix de la viande s’est établi à 127,7 points en juillet, en baisse de 2,8 % par rapport à juin, mais en hausse de 0,8 % sur un an. Au Bénin, la viande bovine a enregistré une légère progression de 1 % sur un mois et de 9 % sur un an. Le kilogramme de viande bovine avec os s’est vendu en moyenne à 2 400 F Cfa. Pour la viande ovine, le prix a reculé de 2 % sur un mois, mais reste en hausse de 7 % par rapport à juillet 2025, avec un prix moyen de 2 700 F Cfa le kilogramme. Le bulletin relève par ailleurs une évolution défavorable, à court terme, des termes de l’échange pour les éleveurs. En juillet, la vente d’un bouc de conformation moyenne permettait d’obtenir 2,2 sacs de maïs de 100 kg, contre 2,4 sacs en juin. Il s’agit d’une détérioration de 8 % en un mois. Sur un an, la situation demeure toutefois plus favorable, avec une revalorisation de 37 %, liée notamment à la baisse du prix du maïs.
C’est dire que le mois de juillet confirme donc la reprise de l’activité sur les marchés de ruminants après le ralentissement post-Tabaski. L’offre et la demande ont globalement progressé, tandis que les prix des bovins et des ovins sur pied ont fléchi sous l’effet notamment de la bonne disponibilité fourragère. Les caprins ont, pour leur part, conservé des prix globalement stables. Malgré cette amélioration de l’activité commerciale, la hausse des prix de la viande par rapport à l’année précédente et la détérioration mensuelle des termes de l’échange restent des points de vigilance pour les acteurs de la filière.
L’activité de vente de bétail reprend progressivement dans les marchés de ruminants, où les prix varient selon les espèces