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Partenariat arabo-africain pour le développement: Les jalons d’une nouvelle architecture du cofinancement

Economie
A travers la déclaration commune, les groupes de l’Acg et de la Bad affirment leur détermination à inscrire leur coopération dans une dynamique de développement résilient, inclusif et  durable en Afrique A travers la déclaration commune, les groupes de l’Acg et de la Bad affirment leur détermination à inscrire leur coopération dans une dynamique de développement résilient, inclusif et durable en Afrique

Réunis à Abidjan le 13 janvier dernier, les dirigeants du Groupe de coordination arabe et du Groupe de la Banque africaine de développement ont scellé, par une déclaration commune, un partenariat stratégique axé sur le cofinancement à grande échelle et l’investissement à fort impact en Afrique.

 

Par   Claude Urbain PLAGBETO, le 20 janv. 2026 à 08h29 Durée 3 min.
#Développement #Partenariat arabo-africain

Les dirigeants du Groupe de coordination arabe (Acg) et du Groupe de la Banque africaine de développement (Bad) entendent dépasser une coopération jusque-là jugée trop fragmentée pour instaurer un cadre coordonné, programmatique et durable, pleinement aligné sur les priorités du développement économique du continent. Cette ambition a été formalisée à travers une déclaration commune signée à l’issue d’une réunion consultative de haut niveau tenue le 13 janvier dernier au siège de la Banque africaine de développement (Bad), à Abidjan.

Le texte s’inscrit dans le prolongement du communiqué publié le 9 novembre 2023 à Riyad, en marge du Sommet arabo-africain, ainsi que dans les cadres stratégiques respectifs des deux groupes institutionnels.

Dans un contexte marqué par un déficit croissant du financement du développement, la consultation d’Abidjan intervient alors que l’Afrique doit mobiliser des volumes de capitaux sans précédent pour soutenir l’accès à l’énergie, renforcer la résilience climatique, assurer la sécurité alimentaire, promouvoir l’intégration régionale et stimuler une croissance portée par le secteur privé. La déclaration commune traduit ainsi un engagement partagé en faveur d’un système financier international plus coopératif, inclusif et prévisible, tout en plaidant pour un renforcement du rôle des pays en développement dans la gouvernance économique mondiale.

Une vision fondée sur l’intégration

Au cœur des échanges figure la volonté de faire évoluer le cofinancement arabo-africain vers un véritable mécanisme de co-investissement à grande échelle. Les discussions ont porté sur la mise en commun des bilans, des capacités de financement à long terme et anticycliques, de l’expertise sectorielle ainsi que des plateformes nationales des deux groupes, dans l’objectif de mobiliser davantage de capitaux publics et privés.

La déclaration établit une vision partagée d’une Afrique économiquement résiliente, financièrement viable et mieux préparée à faire face aux chocs extérieurs. Elle met l’accent sur une intégration accrue du continent dans les chaînes de valeur régionales et mondiales, en considérant les institutions de l’Acg et de la Bad comme des partenaires stratégiques naturels appelés à agir de manière complémentaire.

Cette coopération repose sur plusieurs principes structurants, parmi lesquels l’appropriation par les pays et l’alignement sur les priorités nationales et régionales, notamment l’Agenda 2063 de l’Union africaine et la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf). L’orientation vers des résultats mesurables, la transparence, le partage des connaissances, la confiance mutuelle ainsi que la flexibilité face à l’évolution des priorités constituent également les fondements de ce nouveau cadre partenarial.

Domaines prioritaires définis

Les parties ont exploré des pistes visant à améliorer la préparation conjointe des projets, à harmoniser les approches de financement, à renforcer le dialogue politique et à soutenir des programmes de développement pilotés par les pays, tout en garantissant un impact mesurable et une résilience à long terme. Cette démarche s’inscrit dans l’ambition de la Banque africaine de développement de promouvoir une nouvelle architecture financière africaine, destinée à mieux intégrer les institutions de financement du développement, les mécanismes de garanties, les marchés de capitaux et les investisseurs privés.

La déclaration commune identifie plusieurs axes stratégiques sur lesquels la coopération sera concentrée. Il s’agit notamment du renforcement du cofinancement et des opérations conjointes dans des secteurs de la transformation structurelle et de l’intégration régionale, de la mobilisation de capitaux à grande échelle à travers des mécanismes financiers innovants respectueux de la viabilité de la dette, ainsi que du soutien au développement du secteur privé, des petites et moyennes entreprises et de la création d’emplois.

Le capital humain, l’échange de connaissances et la coopération institutionnelle occupent également une place centrale, tout comme la résilience face aux chocs économiques, financiers et climatiques, en particulier dans les pays en situation de fragilité et de vulnérabilité.

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Un cadre de suivi pour ancrer le partenariat dans la durée

Au-delà de l’affirmation politique, la déclaration pose les bases d’un dispositif de suivi institutionnel destiné à encadrer la mise en œuvre du partenariat. Elle prévoit l’élaboration, dès cette année, d’un cadre opérationnel de financement et de partenariat définissant les modalités de cofinancement, la coordination des pipelines de projets et une programmation conjointe régulière.

Le texte reconnaît par ailleurs le rôle central du Fonds africain de développement (Fad), guichet concessionnel du Groupe de la Banque africaine de développement, dans le soutien aux pays à faible revenu et en situation de fragilité, et appelle à explorer une collaboration renforcée entre ce Fonds et les institutions du Groupe de coordination arabe.

La déclaration a été signée par Dr Sidi Ould Tah, président du Groupe de la Bad, ainsi que par les dirigeants ou représentants de haut niveau des principales institutions membres de l’Acg, dont le Fonds d’Abu Dhabi pour le développement, la Banque arabe pour le développement économique en Afrique, le Fonds arabe pour le développement économique et social, la Banque islamique de développement, le Fonds de l’Opep et le Fonds saoudien pour le développement.

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