La Nation Bénin...
Certains
pays du continent africain redoublent d’efforts pour quitter la liste des pays
les moins avancés (Pma) établie par les Nations Unies. Un reclassement
ouvrirait la voie à une plus grande autonomie économique et une reconnaissance
internationale accrue.
Depuis 1971, l’Organisation des Nations Unies (Onu) classe certaines économies parmi les pays les moins avancés (Pma), leur accordant ainsi un accès préférentiel aux marchés, une aide financière et un appui technique spécifique. A cette date et selon le dernier classement de l’Onu des pays les moins avancés, cette liste comprend 44 pays, dont 32 en Afrique, huit en Asie, un dans les Caraïbes, et trois dans le Pacifique. Si certains pays africains comme le Botswana, le Cap-vert, la Guinée équatoriale et récemment Sao Tomé-et-Principe ont pu se faire reclasser, plusieurs d’autres, notamment le Rwanda, l’Ouganda et la République-unie de Tanzanie, ont franchi des étapes significatives pour se hisser hors de cette catégorie.
La
liste des Pma est révisée tous les trois ans par le Comité des politiques de
développement (Cdp) des Nations Unies. Pour sortir de cette catégorie, un pays
doit satisfaire à au moins deux des trois critères suivants lors de deux
examens triennaux consécutifs. Le premier critère est le revenu national brut
(Rnb) par habitant, qui doit être supérieur à 1 306 dollars pour qu’un pays
soit éligible au reclassement. Ensuite, l’Indice du capital humain (Ich), qui
repose sur des indicateurs de santé et d’éducation, doit atteindre un seuil de
66 ou plus.
En
effet, le sous-indice de santé comporte trois indicateurs dont le taux de
mortalité des moins de cinq ans, le taux de mortalité maternelle et la
prévalence du retard de croissance. Le sous-indice d’éducation comporte
également trois indicateurs à savoir, le taux d’achèvement du premier cycle du
secondaire, le taux d’alphabétisation des adultes et l’indice de parité entre
les sexes pour l’achèvement du premier cycle du secondaire. Ces six indicateurs
sont convertis en indices à l’aide de méthodologies établies avec une
pondération égale. Les seuils d’inclusion et d’obtention du diplôme sont
respectivement de 60 ou moins et de 66 ou plus.
Enfin,
l’Indice de vulnérabilité économique et environnementale (Ive) évalue la
résilience d’un pays face aux chocs économiques et environnementaux, avec un
seuil de reclassement fixé à 32 ou moins. Lors de l’examen triennal de 2024, le
Rwanda, l’Ouganda et la République-Unie de Tanzanie ont atteint pour la
première fois les seuils de reclassement. Si ces pays maintiennent ces
performances lors de l’examen de 2027, ils pourraient officiellement quitter la
catégorie des Pma.
Des efforts soutenus
De
leur côté, le Bénin, le Sénégal et d’autres pays intensifient leurs réformes
économiques pour se positionner en candidats sérieux au reclassement.
Ces pays misent sur des politiques de diversification économique, d’amélioration des infrastructures et de renforcement du capital humain. Le Rwanda, par exemple, a investi massivement dans l’éducation et les nouvelles technologies, devenant un hub technologique en Afrique de l’Est. L’Ouganda et la République-Unie de Tanzanie exploitent leurs ressources naturelles pour stimuler la croissance et attirer les investisseurs étrangers. Le Bénin et le Sénégal, quant à eux, multiplient les partenariats public-privé pour moderniser leur économie, notamment dans les secteurs de l’agriculture, du commerce et de l’industrie.
Outre
ces stratégies, ces nations renforcent leur intégration régionale à travers des
initiatives comme la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), qui
leur permet d’accroître leurs échanges commerciaux et de réduire leur
dépendance aux aides extérieures.
Quitter
la catégorie des Pma signifie renoncer à certains avantages comme l’aide
internationale bonifiée et l’accès préférentiel aux marchés mondiaux.
Cependant,
cette évolution symbolise une maturité économique et une capacité à s’intégrer
pleinement dans l’économie globale. Cela implique aussi des défis, notamment la
nécessité d’assurer une croissance économique durable et d’accroître la
compétitivité des entreprises locales.
Le prochain examen triennal, prévu en 2027, sera déterminant pour ces pays en quête d’un reclassement historique. En attendant, ils doivent poursuivre leurs efforts en matière de gouvernance, d’investissement et d’inclusion sociale afin de garantir un développement équilibré et soutenu sur le long terme.
Tous ne visent pas la sortie des Pma
Si
certains pays africains redoublent d'efforts pour quitter la catégorie des pays
les moins avancés, d'autres semblent ne manifester aucun empressement à en
sortir. En effet, bénéficier du statut de Pma ouvre la porte à des privilèges
tels que l'accès préférentiel aux marchés internationaux, l'aide financière et
l'appui technique ciblé. Cette position peut ainsi paraître, pour certains
gouvernements, comme une opportunité à préserver plutôt qu'un fardeau à
délaisser.
Cependant, rester dans cette catégorie signifie aussi demeurer dépendant de l'aide extérieure et retarder l'indépendance économique. A partir de ce constat, une question demeure : ces pays feront-ils le choix du progrès ou préféreront-ils le confort des aides internationales. ?