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Finances publiques en Afrique: Le Bénin se distingue par sa discipline budgétaire

Economie
Composition sectorielle des exportations africaines, en pourcentage du total (moyenne 2019-2023) Composition sectorielle des exportations africaines, en pourcentage du total (moyenne 2019-2023)

Selon le Rapport économique 2025 sur l'Afrique produit par la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique, la performance budgétaire du continent devrait s'améliorer, avec un recul des déficits et un réajustement progressif des finances publiques. Le Bénin se distingue par sa discipline budgétaire, alignée sur les normes internationales, et sa stratégie efficace de gestion de la dette.

Par   Babylas ATINKPAHOUN, le 01 avr. 2025 à 06h58 Durée 2 min.
#finance publique

Les pays africains ont traversé une période budgétaire difficile dans l'après-Covid-19, marquée par une dette publique élevée, des taux d'intérêt en hausse et des besoins croissants en dépenses sociales. En 2024, le déficit budgétaire moyen du continent devrait atteindre -5,0 % du Pib, avant de s'améliorer progressivement pour atteindre -4,4 % en 2025 et -3,9 % en 2026. C’est ce que révèle le rapport économique 2025 sur l’Afrique. La réduction des déficits s'explique par les mesures adoptées pour maîtriser les dépenses et renforcer les recettes intérieures.

Toutefois, certains pays, notamment en Afrique du Nord, connaîtront une aggravation temporaire de leurs déficits en 2024, principalement en raison de la hausse des remboursements de la dette. En revanche, des sous-régions comme l'Afrique de l'ouest et l'Afrique centrale affichent une tendance à la stabilisation grâce à une gestion budgétaire plus rigoureuse. Sur ce point, le Bénin fait figure de bon élève en matière de discipline budgétaire. Aligné sur les normes communautaires de l'Uemoa et les recommandations des institutions financières internationales, le pays a adopté une stratégie prudente en matière de gestion de la dette et de mobilisation des ressources. La dette publique du Bénin est restée sous contrôle, avec un ratio dette/Pib maintenu en dessous du seuil critique de 70 % fixé par l'Uemoa. En 2024, il s'établit à environ 50 % selon les données du Fonds monétaire international (Fmi), une performance qui témoigne d’un bon management du gouvernement qui a mis en place des réformes pour renforcer la transparence budgétaire et accélérer la mobilisation des recettes intérieures, notamment grâce à une modernisation de l'administration fiscale et à l'élargissement de l'assiette fiscale.

Par ailleurs, le Bénin a adopté une politique budgétaire contracyclique, visant à réduire son exposition aux chocs extérieurs tout en soutenant les investissements stratégiques. Les dépenses publiques sont orientées vers des secteurs prioritaires comme l'éducation, la santé et les infrastructures, tout en évitant une accumulation excessive de dettes.

Fardeau 

Malgré les efforts de stabilisation budgétaire, le rapport note que le service de la dette reste un enjeu majeur en Afrique. Le coût du service de la dette a atteint 163 milliards de dollars en 2024, en hausse de 12 % par rapport à 2023. Dans certains pays comme l'Angola, l'Égypte, le Ghana et le Nigéria, le remboursement de la dette absorbe une part considérable des recettes publiques, compromettant les investissements dans les services essentiels. L'Afrique du nord est la sous-région la plus affectée, avec un ratio dette/Pib prévu à 76 % en 2024, suivie de l'Afrique australe (70,7 %) et de l'Afrique de l'ouest (56,4 %). Toutefois, des pays comme le Bénin, la Côte d’Ivoire et le Sénégal montrent qu'une gestion rigoureuse des finances publiques peut préserver une marge de manœuvre budgétaire tout en garantissant la poursuite des investissements stratégiques.

Selon le rapport, les prévisions pour 2025 indiquent une amélioration globale de la situation budgétaire africaine. Le déficit budgétaire moyen devrait se réduire à -4,4 % du Pib, et le ratio dette/Pib devrait passer de 65,2 % en 2024 à 62,1 % en 2025. Cette tendance positive repose sur la mise en place de politiques fiscales plus rigoureuses et la stabilisation de la croissance économique mondiale. L'intégration régionale, notamment avec la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), devrait jouer un rôle clé dans l'augmentation des revenus publics à moyen terme. L'afflux d'investissements directs étrangers, en hausse notamment en Afrique australe et en Afrique de l'ouest, pourrait également renforcer la résilience budgétaire du continent.

Si la performance budgétaire de l'Afrique montre des signes d'amélioration en 2025, des défis demeurent, notamment en ce qui concerne la gestion de la dette et le financement des dépenses publiques dans plusieurs pays. Mais des pays comme le Bénin offrent un exemple de discipline budgétaire et de réformes efficaces, qui pourraient inspirer d'autres nations du continent.