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Perspectives économiques 2026: Cap d’une croissance soutenue

Economie
Le Bénin poursuit ainsi sa montée en puissance économique tout en consolidant sa résilience face aux défis mondiaux Le Bénin poursuit ainsi sa montée en puissance économique tout en consolidant sa résilience face aux défis mondiaux

Le Bénin devrait enregistrer une croissance de 7,5 % en 2026, stable par rapport aux deux années précédentes. Cette performance est portée par tous les secteurs de l’économie, dans un contexte mondial marqué par une croissance modérée et une inflation maîtrisée.

Par   Claude Urbain PLAGBETO, le 12 janv. 2026 à 01h42 Durée 3 min.
#Perspectives économiques 2026

Malgré un contexte international marqué par des incertitudes, le Bénin s’inscrit sur une trajectoire de croissance économique solide et durable. La combinaison de la transformation structurelle, du renforcement industriel, du développement des services et de la protection sociale offre des perspectives encourageantes pour l’année 2026.

En effet, les orientations économiques du Bénin pour la nouvelle année s’inscrivent dans la continuité du Programme d’action du gouvernement (Pag) 2021-2026. L’objectif central reste le renforcement des bases de la transformation structurelle, avec un accent sur l’augmentation des capacités de production, l’amélioration de la productivité et la diversification de l’économie. Sur cette base, la croissance nationale est attendue à 7,5 %, soutenue par l’ensemble des secteurs, d’après le Rapport économique et financier adossé à la loi de finances 2026.

Dans le secteur primaire, l’agriculture continuera de jouer un rôle moteur avec une croissance projetée à 5,8 %. La production cotonnière devrait connaître une progression significative de 16,3 % pour atteindre 780 000 tonnes, grâce aux efforts de mécanisation, à l’utilisation de semences améliorées et au renforcement de l’appui aux producteurs. Ces initiatives visent à accroître les rendements et à assurer la compétitivité de la filière sur les marchés régionaux et internationaux.

Le secteur secondaire devrait enregistrer une croissance de 9,3%, portée par le renforcement du tissu industriel et la construction de nouvelles unités. Les activités de construction bénéficieront également des projets d’infrastructure liés au Pag. Dans le domaine énergétique, la mise en service de nouvelles centrales thermiques et solaires, telles que Defisol et les centrales photovoltaïques de Pobè, Kandi, Bohicon, Parakou, Djougou et Natitingou, permettra de sécuriser l’approvisionnement et de soutenir l’industrialisation. Les industries agroalimentaires et manufacturières continueront de remonter la chaîne de valeur locale, contribuant à la transformation structurelle de l’économie.

Commerce et services toujours dominants

 Quant au secteur tertiaire, il devrait afficher une croissance de 6,7 % après 7,9 % en 2025, soutenue par le développement des services portuaires liés au Port de Cotonou et la promotion du tourisme. Les investissements en cours dans le port continueront de stimuler les services de transport, la télécommunication et les activités financières. La mise en place de chaînes de valeur régionales avec le Nigeria et l’approfondissement du libre-échange devraient également renforcer le commerce et les services liés aux échanges transfrontaliers.

Les prix à la consommation devraient rester modérés, avec un taux d’inflation attendu à 2,0 %, en dessous de la norme communautaire de 3 % de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). Cette stabilité sera favorisée par de bonnes campagnes céréalières et la modération des prix sur les principaux marchés alimentaires.

Parallèlement, le gouvernement poursuivra ses efforts pour protéger les populations vulnérables et accélérer les progrès vers les Objectifs de développement durable (Odd). Les programmes sociaux, tels que l’extension du programme Arch (Assurance pour le renforcement du capital humain), les cantines scolaires, l’accès facilité au microcrédit pour les femmes et la gratuité de l’éducation primaire et secondaire pour certaines catégories, seront renforcés. L’accès à l’eau potable et le soutien aux initiatives locales d’autonomisation viendront compléter ce dispositif, consolidant la cohésion sociale et le développement inclusif.

C’est dire que l’Etat poursuit ses efforts de transformation structurelle, d’industrialisation et de protection sociale pour consolider le développement durable du pays.

Un contexte économique mondial incertain

L’économie mondiale devrait croître de 3,1 % en 2026, légèrement en retrait par rapport aux 3,2 % prévus en 2025, selon le Fonds monétaire international (Fmi). Cette évolution s’explique par une combinaison de facteurs, notamment un dollar plus faible, des expansions budgétaires dans certaines grandes économies et des ajustements tarifaires anticipés aux Etats-Unis. L’inflation mondiale devrait reculer à 3,6 %, favorisant un environnement externe plus stable pour les pays importateurs de matières premières comme le Bénin.

Dans les principales zones économiques, la croissance sera contrastée. Les Etats-Unis poursuivront un léger rebond à 2,1 %, stimulé par les incitations fiscales à l’investissement, tandis que la Zone Euro et le Japon connaîtront des croissances modérées. La Chine affichera un ralentissement à 4,2 % en raison de fragilités structurelles.

En Afrique subsaharienne, la croissance pourrait atteindre 4,4 % cette année, portée par la stabilisation des monnaies et un environnement mondial favorable.