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Perspectives économiques régionales 2026: L’Afrique de l’Ouest résiste aux chocs et mise sur ses ressources intérieures

Economie
Le Groupe de la Banque africaine de développement a publié les Perspectives économiques régionales 2026 qui projettent  une croissance de 4,6 % Le Groupe de la Banque africaine de développement a publié les Perspectives économiques régionales 2026 qui projettent une croissance de 4,6 %

Avec une croissance de 4,8 % en 2025, supérieure à la moyenne africaine de 4,4 %, l’Afrique de l’Ouest confirme sa capacité à absorber les chocs extérieurs. Les Perspectives économiques régionales 2026 publiées par la Banque africaine de développement, fixent une croissance de 4,6 % en 2026. Mais derrière ces performances, la région reste confrontée à un important déficit de financement du développement, estimé entre 90 et 100 milliards de dollars par an.

Par   Babylas ATINKPAHOUN, le 13 août 2026 à 01h59 Durée 3 min.
#intégration financière #Afrique de l’Ouest

L’économie ouest-africaine a fait preuve de résilience en 2025 malgré un environnement international particulièrement incertain. Les tensions géopolitiques, l’insécurité dans certaines parties de la région, la fragmentation croissante de l’économie mondiale et la volatilité des marchés financiers internationaux n’ont pas empêché l’Afrique de l’Ouest d’enregistrer une croissance de 4,8 %, selon les Perspectives économiques régionales 2026 du Groupe de la Banque africaine de développement (Bad). Cette performance dépasse la moyenne continentale, établie à 4,4 %. Elle traduit une capacité de résistance qui pourrait se confirmer en 2026, avec une croissance régionale estimée à 4,6 %. Plusieurs facteurs devraient soutenir cette dynamique, notamment le renforcement de l’investissement privé, la reprise de la demande intérieure et la poursuite des investissements dans les infrastructures. L’expansion des secteurs pétrolier, gazier et minier devrait également contribuer à cette progression. Cette perspective favorable reste toutefois soumise à plusieurs risques. La persistance des tensions géopolitiques, une inflation mondiale durable, les vulnérabilités liées à la dette publique et le resserrement des conditions financières internationales pourraient freiner l’investissement et peser sur les équilibres macroéconomiques. Le principal défi identifié par le rapport concerne le financement du développement. L’Afrique de l’Ouest doit mobiliser chaque année entre 90 et 100 milliards de dollars supplémentaires pour répondre à ses besoins de développement. Pour la Bad, cette difficulté ne s’explique pas uniquement par une insuffisance de capitaux disponibles. Le problème réside également dans la fragmentation et la sous-utilisation des ressources financières existantes. La région disposerait ainsi d’un potentiel important pour accroître ses capacités de financement en mobilisant davantage l’épargne intérieure et en améliorant son orientation vers des investissements productifs.

La mobilisation fiscale comme levier

L’un des principaux leviers identifiés par le rapport concerne les recettes fiscales. Au cours des cinq dernières années, le ratio moyen impôts/Pib de l’Afrique de l’Ouest s’est établi à 9,9 %, un niveau largement inférieur au critère de convergence de l’Uemoa fixé à 20 %. Cette faiblesse limite la capacité des États à financer leurs politiques publiques et à renforcer leur résilience budgétaire. Le renforcement de la mobilisation des ressources intérieures apparaît donc comme une priorité pour élargir l’espace budgétaire et réduire la dépendance à l’égard des financements extérieurs. Le rapport identifie quatre axes d’action. Il s’agit d’abord d’élargir l’assiette fiscale, mais aussi d’améliorer la gestion des revenus issus des ressources naturelles. La formalisation des activités économiques informelles constitue un autre chantier important, tout comme la mobilisation de l’épargne à long terme détenue par les régimes de retraite et les compagnies d’assurance.

Le rapport consacré à la Côte d’Ivoire confirme, par ailleurs, le poids de ce pays dans l’économie régionale. Première économie de l’Uemoa, la Côte d’Ivoire devrait enregistrer une croissance de 6,5 % en 2025. Sa dynamique économique demeure solide, mais sa capacité à maintenir cette trajectoire dépendra de la poursuite des réformes et d’une mobilisation accrue des ressources publiques et privées. Le pays ambitionne d’accéder au statut de pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure d’ici à 2030. Pour atteindre cet objectif, la Bad estime nécessaire d’accélérer l’industrialisation, de renforcer le développement du secteur privé et d’élargir l’espace budgétaire. Plusieurs pistes sont ainsi mises en avant. La formalisation accrue de l’économie, l’amélioration de la fiscalité foncière et minière, la meilleure taxation du commerce électronique, la poursuite des réformes du secteur financier et la mobilisation renforcée des investissements nationaux et étrangers.

Meilleure intégration financière

Les Perspectives économiques insistent sur la nécessité d’approfondir l’intégration financière régionale. Le développement des marchés de capitaux, notamment à travers la Bourse régionale des valeurs mobilières (Brvm), peut contribuer à mieux canaliser l’épargne disponible vers les investissements de long terme. Des marchés financiers plus intégrés, des systèmes de paiement plus solides et une mobilisation accrue de l’épargne intérieure constituent autant de leviers susceptibles de réduire les contraintes de financement. Pour l’Afrique de l’Ouest, l’enjeu dépasse donc la seule recherche de nouveaux capitaux. Il s’agit désormais de mieux mobiliser ceux qui existent déjà, de renforcer leur circulation au sein de l’économie et de les orienter vers des investissements capables de soutenir l’emploi, la productivité et la transformation structurelle. Une voie qui pourrait permettre à la région de consolider sa résilience tout en progressant vers une croissance plus inclusive et durable.