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Réformes budgétaires au Bénin: Un ouvrage pour repenser l'action publique

Economie
Le directeur général du Budget congratulé par les invités  au lancement du livre Le directeur général du Budget congratulé par les invités au lancement du livre

Le Bénin franchit une nouvelle étape dans la consolidation de sa gouvernance économique. À l’occasion du lancement de son ouvrage « Repenser le budget de l’État », le directeur général du Budget a mis en lumière une décennie de réformes ambitieuses ayant profondément transformé la gestion des finances publiques.

Par   Kokouvi EKLOU, le 26 mars 2026 à 09h22 Durée 2 min.
#action publique #réformes budgétaires

La situation budgétaire du Bénin, il y a dix ans, présentait de sérieuses limites structurelles. Faible mobilisation des recettes fiscales (inférieure à 10 % du PIB), masse salariale absorbant plus de la moitié des ressources et investissements insuffisants. Autant de contraintes qui freinaient le développement économique.

Face à ces déséquilibres, les autorités béninoises ont engagé des réformes d’envergure dans un contexte international marqué par des crises multiples. Une mue que Rodrigue S. Chaou, directeur général du Budget, met en exergue à travers son ouvrage « Repenser le budget de l’État ».

L’ouvrage présenté propose une analyse rétrospective des transformations opérées entre 2016 et 2025. Destiné aussi bien aux professionnels qu’aux chercheurs et étudiants, il décrypte les mécanismes d’une gouvernance budgétaire modernisée, fondée sur la transparence, la performance et la responsabilité.

« Le budget de l’État est le principal levier dont disposent nos pays pour relancer l’économie », a rappelé l’auteur, lors du lancement de l’ouvrage. Soulignant la nécessité d’une refonte profonde de cet outil stratégique.

Structuré en six chapitres, le livre aborde notamment la rénovation du cadre budgétaire et l’introduction du budget-programme ; les réformes structurelles visant à assainir les finances publiques ; la modernisation des systèmes d’information financière ; le renforcement de la gouvernance participative et du contrôle citoyen et la transformation institutionnelle de la Direction générale du Budget.

Ces réformes, évoquées à travers l’ouvrage dont le lancement a mobilisé les présidents d'institutions de la République, les membres du gouvernement et tout le gratin de l’écosystème économique et financier, relève Alban Bienvenu Bessan, secrétaire général du ministère de l’Economie et des Finances, ont permis d’instaurer une gestion budgétaire davantage tournée vers les résultats, en conformité avec les normes de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) et les standards internationaux. Elles ont également favorisé une implication accrue des acteurs institutionnels, du Parlement à la société civile, en passant par les collectivités territoriales.

Cette dynamique, selon lui,  répond à une exigence croissante de transparence et de redevabilité.

Une gouvernance plus ouverte et inclusive

« L’ambition est de faire du budget de l’État un véritable instrument de pilotage stratégique des politiques publiques », a-t-il affirmé.

Au nombre des progrès enregistrés, figurent l’amélioration de la qualité des documents budgétaires, le renforcement des capacités techniques des acteurs publics et une meilleure cohérence entre priorités nationales et allocations de ressources.

La consolidation de la culture de la performance, le renforcement des dispositifs de suivi-évaluation et l’interopérabilité des systèmes d’information constituent toutefois des défis à relever, note-t-il.

Les intervenants n’ont pas manqué de saluer la vision politique ayant permis ces avancées. Le président Patrice Talon et son gouvernement, ainsi que le ministre d’État en charge de l’Économie et des Finances, Romuald Wadagni, ont été cités comme les artisans et architectes de ces réformes à l’avant-garde des transformations observées au niveau de la gouvernance économique du pays.

Au-delà de son caractère analytique, l’ouvrage se veut un outil d’aide à la décision et une invitation à poursuivre les transformations engagées. « Il ne s’agit pas seulement d’un témoignage, mais d’un appel à penser autrement l’action publique », a insisté Rodrigue S. Chaou.